Bobigny : la Maison Djamila Amrane-Minne rouvre après incendie et tags d’extrême-droite
Fermée près d'un an après des dégradations attribuées à l'extrême-droite, la maison du parc de la Bergère a accueilli de nouveau le public le 14 juin 2026.
La Maison Danièle Djamila Amrane-Minne, au cœur du parc de la Bergère à Bobigny, a rouvert ses portes dimanche 14 juin 2026. Taguée puis partiellement incendiée à l'été 2025 après avoir été rebaptisée en hommage à une militante franco-algérienne, elle reprend son activité après près d'un an de travaux.
L’essentiel
- Réouverture : le 14 juin 2026, en présence de la famille de Danièle Djamila Amrane-Minne et du président départemental Stéphane Troussel.
- Dégradations : tags racistes en juillet 2025, puis incendie partiel le 5 août 2025, attribués à des militants d’extrême-droite.
- Renommage : le bâtiment a été rebaptisé le 5 juillet 2025, dans le cadre d’une politique départementale ayant renommé près de 100 bâtiments en hommage à des femmes.
- Travaux : durée d’environ dix mois pour la remise en état complète du bâtiment.
Un dimanche de réouverture, dix mois après l’incendie
Le dimanche 14 juin 2026, la Maison Danièle Djamila Amrane-Minne a rouvert ses portes au public. Le bâtiment, situé dans le parc départemental de la Bergère à Bobigny, était fermé depuis l’incendie partiel du 5 août 2025. La cérémonie s’est tenue en présence de la famille de l’historienne honorée et de Stéphane Troussel, président (PS) du Département de la Seine-Saint-Denis, selon le site officiel du Département.
Le média local @94citoyens a relayé l’événement dès le lendemain :
Des dégradations en deux temps après le renommage
Tout commence le 5 juillet 2025. Le Département de la Seine-Saint-Denis rebaptise officiellement la maison du parc de la Bergère « Maison Danièle Djamila Amrane-Minne », en hommage à cette militante franco-algérienne décédée en 2017. Dans les jours qui suivent, des tags racistes et suprémacistes apparaissent sur la façade, selon les sources départementales et Libération.
Le 5 août 2025, une nouvelle étape est franchie : un incendie volontaire endommage partiellement le bâtiment. Le Département, Le Parisien et Citoyens.com attribuent ces actes à des militants d’extrême-droite. Thomas Portes avait alors réagi sur X :
Les travaux de remise en état ont duré près d’un an, selon Citoyens.com et le Département.
Qui était Danièle Djamila Amrane-Minne ?
Née Danièle Minne le 13 août 1939 à Neuilly-sur-Seine, elle s’engage dans les rangs du FLN pendant la guerre d’Algérie. Porteuse de valises et poseuse de bombes, elle est arrêtée et condamnée. Libérée après les accords d’Évian, elle poursuit une carrière universitaire en Algérie puis en France, comme historienne et professeure des universités. Elle décède le 11 février 2017 à Alger, selon Wikipedia et Le Parisien.
Une politique départementale de féminisation de l’espace public
Le renommage de la maison du parc s’inscrit dans une démarche plus large du Département. Depuis 2022, près de 100 bâtiments de Seine-Saint-Denis ont été renommés ou nommés en hommage à des femmes, de Simone Veil à Winnie Mandela, selon le site officiel du Département et Le Parisien. La maison de Bobigny faisait partie de cette vague. Pour les acteurs politiques du 93, ce type d’initiative mémorielles est régulièrement mis en avant dans le débat public local.
Stéphane Troussel a déclaré lors de la réouverture, selon le site du Département : « Face à la haine et aux violences politiques, nous ne céderons rien. La Maison Danièle Djamila Amrane-Minne incarne les valeurs d’égalité, de justice et de résistance. »
Contexte dans le département
Le parc départemental de la Bergère, aménagé entre 1977 et 1988, s’étend sur 15 hectares le long du canal de l’Ourcq, selon Wikipedia et le site des parcs départementaux. Il constitue l’un des principaux espaces verts de Bobigny, commune de 55 270 habitants recensés en 2022 par l’INSEE, avec des estimations situant la population autour de 57 000 à 58 000 habitants en 2026.
La Seine-Saint-Denis est régulièrement au centre d’initiatives mémorielles portées par le Département, dans un territoire marqué par une histoire migratoire dense. La politique de féminisation des noms de bâtiments publics y a été engagée dès 2022, avec un rythme soutenu depuis. Ce contexte explique en partie la visibilité nationale qu’a prise l’affaire après l’incendie d’août 2025, couverte notamment par Libération. Le département connaît par ailleurs une actualité sociale dense ces dernières semaines.
Pour enrichir les activités culturelles dans ce type d’équipement, des outils comme les audioguides numériques sont de plus en plus mobilisés dans les espaces patrimoniaux franciliens, bien que rien de tel n’ait été annoncé pour ce site à ce stade.
La maison reprend ses activités habituelles d’accueil du public. Le programme précis n’a pas encore été détaillé par le Département au moment de la publication.
Sources
- Département de la Seine-Saint-Denis : La maison du parc de la Bergère a rouvert !
- Citoyens.com : À Bobigny, la maison du parc de la Bergère rouvre au public
- Libération : Bobigny : un bâtiment déjà visé par l'extrême droite victime d'un incendie volontaire
- Le Parisien : Incendiée, la maison du parc rouvre et conserve son hommage à la combattante pour l'indépendance algérienne

