Plaine Commune : le ralliement PCF-LFI écarte le PS et propulse Bally Bagayoko à sa tête

Le maire LFI de Saint-Denis l'emporte face au socialiste Bouamrane dans une séance tendue, confirmant la domination insoumise en Seine-Saint-Denis.

Plaine Commune : le ralliement PCF-LFI écarte le PS et propulse Bally Bagayoko à sa tête
Illustration Fatima Benali / info.fr

Bally Bagayoko (LFI), maire de Saint-Denis, a été élu président de Plaine Commune le 21 avril 2026, avec 46 voix contre 32 pour le socialiste Karim Bouamrane. Le PCF a tenu son accord passé avec LFI en décembre 2025, scellant la défaite du PS dans cette intercommunalité de 460 000 habitants.

L’élection s’est jouée en une séance, dans une ambiance décrite comme électrique par Le Parisien. Le 21 avril 2026, le conseil territorial de Plaine Commune a élu Bally Bagayoko à sa présidence, dès le premier tour. Le maire LFI de Saint-Denis obtient 46 voix. Karim Bouamrane, maire PS de Saint-Ouen réélu en mars dernier, en réunit 32. Écart : 14 voix. La clé du scrutin ? Le ralliement du PCF.

Un accord signé en décembre 2025

Tout était écrit depuis l’hiver. En décembre 2025, PCF et LFI avaient conclu un accord départemental : le parti comptant le plus d’élus dans l’intercommunalité obtiendrait la présidence. LFI dirige trois villes du territoire - dont Saint-Denis, la plus peuplée d’Île-de-France après Paris. Le PCF était donc lié. Le député Stéphane Peu l’a rappelé sans détour, selon Le Monde : « L’accord stipulait que la force politique qui avait le plus d’élus dans l’agglomération pourrait briguer la présidence. En vertu de cet accord, c’est à Bally Bagayoko que revenait la candidature. »

Sofia Boutrih, élue PCF et colistière de Bagayoko aux municipales, a été élue première vice-présidente. Elle devrait prendre la tête de l’office HLM du territoire, selon Le Monde. Une répartition des postes qui traduit la logique de l’accord.

La défaite amère du PS

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Plaine Commune était dirigée par le PS depuis 2014. Mathieu Hanotin (PS) en avait quitté la présidence après sa défaite municipale à Saint-Denis face à Bagayoko en mars 2026, où ce dernier avait obtenu 50,8 % des voix dès le premier tour. Le basculement de l’intercommunalité vers LFI-PCF referme un cycle.

Karim Bouamrane ne cache pas sa déception, mais choisit ses mots. Sur X, il reconnaît la victoire adverse tout en posant ses conditions - un positionnement à surveiller dans la perspective de la recomposition de la gauche pour 2027.

La sénatrice PS Corinne Narassiguin est, elle, moins mesurée. Elle parle de « cédération à la pression des insoumis », selon un tweet relayé par la journaliste A. Oberdorff. Une formule qui résume le sentiment d’une partie du camp socialiste face à un PCF qui n’a pas dévié de sa ligne.

LFI consolide sa banlieue

Cet accord PCF-LFI ne se limite pas à Plaine Commune. Des alliances similaires ont été nouées aux municipales de mars 2026 à Saint-Denis et La Courneuve, selon Le Monde. La Seine-Saint-Denis s’impose comme le laboratoire le plus avancé de la domination insoumise en banlieue parisienne - ce que certains observateurs analysent déjà comme une base de projection vers 2027. Le Point parle sur X d’« une base arrière pour la candidature de Mélenchon ».

Bally Bagayoko lui-même est une figure de trajectoire rapide : ancien cadre RATP, élu PCF en 2020, rallié à LFI avant de conquérir Saint-Denis. Il prend désormais la tête d’une structure qui gère près de 460 000 habitants et plus de 2 200 agents, répartis sur neuf communes - Aubervilliers, Épinay-sur-Seine, La Courneuve, L’Île-Saint-Denis, Pierrefitte-sur-Seine, Saint-Denis, Saint-Ouen-sur-Seine, Stains et Villetaneuse. Le défi de gouvernance qui l’attend est scruté par une gauche plurielle sous tension, où chaque alliance locale pèse sur les équilibres nationaux.

Sources

Fatima Benali

Fatima Benali

Basée à Bobigny, elle traite les tensions sur le logement, les débats sur la sécurité, les projets de Grand Paris Express et les inégalités scolaires. Issue de l'ESJ Lille, elle a grandi en Seine-Saint-Denis. Méthode rigoureuse : interroger les élus, les associations, les enseignants, vérifier les statistiques de la préfecture avant de publier.

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