Bordeaux durcit le ton contre les fatbikes débridés : saisies et amendes en vue
La police municipale multiplie les contrôles depuis le 13 avril, avec 33 engins saisis en trois jours sur les pistes cyclables bordelaises.
Bordeaux a lancé une opération tolérance zéro contre les fatbikes et vélos électriques débridés. Le maire Thomas Cazenave a donné instruction à la police municipale d'immobiliser et confisquer ces engins qui peuvent dépasser 50 km/h. Trente-trois saisies ont été effectuées en trois jours.
Depuis le 13 avril 2026, la police municipale de Bordeaux cible les fatbikes et vélos électriques débridés sur les pistes cyclables de la ville. Le maire Thomas Cazenave, élu en mars 2026, a donné instruction formelle d’intensifier les contrôles contre ces engins qui circulent parfois à plus du double de la vitesse autorisée.
Des règles ignorées, des risques concrets
La réglementation est claire : un vélo à assistance électrique ne doit pas dépasser 25 km/h, avec une puissance limitée à 250 W et un pédalage obligatoire. En pratique, selon France 3 Nouvelle-Aquitaine, les modèles débridés - souvent importés via internet sans vérification - atteignent régulièrement les 50 km/h sur les pistes cyclables. Plus de 90 % des vélos électriques non conformes circulant en France seraient des fatbikes, selon TF1 Info.
Les chiffres locaux illustrent l’ampleur du problème. Sur 199 accidents de cyclistes recensés dans la métropole de Bordeaux en 2024, 39 impliquaient un vélo électrique, selon Sud Ouest. En 2025, un livreur a été grièvement blessé après avoir été percuté à 35 km/h par un engin débridé, entraînant deux mois de coma et un handicap définitif. Ce type d’incident, dans une ville qui gère de front plusieurs enjeux de sécurité urbaine, a pesé dans la décision municipale.
Amendes, immobilisation, confiscation
Les sanctions sont désormais appliquées sans avertissement préalable. Selon Sud Ouest, les contrevenants s’exposent à des amendes allant de 135 à 1 500 euros, à l’immobilisation immédiate ou à la confiscation de l’engin. Le maire a été direct sur TF1 : « Nous saisirons ces vélos qui représentent des dangers. La police municipale pourra le faire et les stocker, parce qu’il nous faut une ville sereine, partout et également sur les pistes cyclables à Bordeaux. »
La maire-adjointe à la sécurité, Géraldine Amouroux, a précisé que la mesure ne vise pas uniquement les fatbikes mais tous les vélos électriques débridés. Elle a commenté les premiers résultats auprès de RMC/BFMTV : « Cela prouve que ce que l’on ressent est réel. » Trente-trois saisies ont été effectuées lors des trois premiers jours de l’opération renforcée, selon la même source. Les contrôles s’étendent également aux trottinettes électriques.
Du côté des cyclistes respectueux des règles, le discours municipal est reçu positivement. D’autres villes françaises font face à des défis similaires de cohabitation dans l’espace public. À Bordeaux, le pont de Pierre a été l’un des premiers points de contrôle ciblés, selon TF1 Info. La municipalité insiste : il ne s’agit pas d’une mesure anti-cyclistes, mais d’un rappel au droit commun.
Sources
- France 3 Nouvelle-Aquitaine : Tolérance zéro pour les fat bike et vélos électriques débridés
- Sud Ouest : Bordeaux s'attaque aux vitesses folles des fatbikes
- TF1 Info : Le maire de Bordeaux annonce que sa police pourra saisir ces vélos débridés
- RMC/BFMTV : Le succès du fat bike irrite cyclistes et élus