À Bordeaux, un bar fleurit le trottoir pour chasser les dealers du cours Victor Hugo

Le gérant de L'Adiu a installé 70 pots d'oliviers et de jasmins pour occuper l'espace et dissuader les trafiquants. La mairie observe, les riverains se divisent.

À Bordeaux, un bar fleurit le trottoir pour chasser les dealers du cours Victor Hugo
Illustration Hugo Castaing / info.fr

Depuis le 23 avril 2026, une soixantaine de pots de fleurs a fleuri sur le trottoir du cours Victor Hugo à Bordeaux. Derrière l'initiative Victor Asseray, gérant du bar basque L'Adiu, qui veut reprendre le terrain sur un point de deal installé depuis plus de vingt-cinq ans.

Oliviers, jasmins, terre et grès posés sur le bitume : depuis le 23 avril 2026, le trottoir devant le bar L’Adiu, au bas du cours Victor Hugo, a changé de visage. Victor Asseray, gérant de cet établissement basque près de la Porte de Bourgogne, a installé plus de 70 pots de fleurs pour occuper physiquement l’espace public et compliquer la tâche des dealers. « On se sent totalement impuissant face au deal, le but c’est de ramener un peu de clarté et de beauté dans ce quartier », déclare-t-il à France 3 Nouvelle-Aquitaine.

Le quartier est connu comme point de deal actif depuis les années 1970, selon le même media. Vidéosurveillée, la zone reste pourtant animée par le trafic vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Asseray s’est inspiré d’une initiative similaire lancée à Nice fin 2024, où un habitant avait dépensé 8 000 euros pour végétaliser une rue et déplacer les trafiquants, selon Le Figaro. Sa formule résume l’intention : « Nous mettons un pot de fleurs pour un dealer. » Des riverains ont commencé à offrir des plantes en soutien.

Une initiative qui divise

Tous les riverains ne partagent pas l’enthousiasme. Certains saluent la démarche pour sa capacité à occuper le terrain là où les forces de l’ordre peinent à s’imposer durablement. D’autres pointent des gênes concrètes : poussettes difficiles à manœuvrer sur le trottoir rétréci, tags apparus sur les pots. Une crainte circule aussi, rapportée par Le Figaro : les contenants pourraient servir à dissimuler de la drogue. Ce type de friction entre initiative citoyenne et usage de l’espace public rappelle d’autres situations locales, comme des commerçants de Cahors dans le flou face aux travaux de leur place.

La mairie de Bordeaux suit l’affaire de près. Dans le cadre de son plan Marshall pour la sécurité, lancé en 2026 et incluant la création d’un commissariat commun police nationale et municipale, elle partage l’objectif de reconquête de l’espace public. Mais selon France 3, elle insiste pour encadrer l’initiative de manière concertée, celle-ci n’ayant pas été validée initialement. Ce genre de tension entre action spontanée et cadre institutionnel n’est pas sans écho ailleurs : à Saint-Denis, une fresque murale d’élus avait aussi partagé les avis.

Un précédent à Bordeaux

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Le cours Victor Hugo n’est pas le seul secteur bordelais concerné par cette exaspération. En 2021, commerçants et riverains du quartier Saint-Paul avaient déjà réclamé des solutions face au trafic, selon Sud Ouest. L’idée des pots de fleurs était également apparue dans le quartier Saint-Michel, selon le même quotidien régional. Asseray invite désormais ses voisins commerçants à reproduire le geste pour démultiplier l’effet.

La question de l’autorisation d’occupation du domaine public reste posée. La mairie n’a pas encore précisé les conditions d’un éventuel accord officiel.

Sources

Hugo Castaing

Hugo Castaing

Hugo est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Gironde (33). Il traite l'info locale avec la rigueur de l'actualité nationale : sources locales primaires, cadre légal applicable, voix locales attribuées, refus de la paraphrase préfectorale.

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