Saint-Denis : une fresque des nouveaux élus divise entre hommage et provocation

Réalisée peu après la victoire de Bally Bagayoko, l'œuvre des graffeurs Acre et Rébus enflamme le débat local.

Saint-Denis : une fresque des nouveaux élus divise entre hommage et provocation
Illustration Fatima Benali / info.fr

Une fresque murale représentant le maire LFI Bally Bagayoko et deux de ses adjoints a été peinte au centre-ville de Saint-Denis fin mars 2026. Saluée par certains habitants, elle est dénoncée par l'opposition comme un « culte de la personnalité » dans un espace public.

Les murs parlent à Saint-Denis. Sur un bâtiment du centre-ville, les graffeurs locaux Acre et Rébus ont peint les visages du maire Bally Bagayoko (LFI), de l’adjointe à la culture Sofia Boutrih (PCF) et du maire délégué de Pierrefitte-sur-Seine Farid Aid (PCF). La fresque est apparue fin mars ou début avril, quelques semaines après la victoire électorale du 15 mars 2026, selon Le Parisien.

Autour des portraits, des lettrages : « L’Union est une force », « 1 coup KO », et un phylactère reprenant la devise du journaliste communiste Jean Marcenac - « Ville des rois morts et du peuple vivant ». L’ensemble s’inscrit dans une ville qui abrite une forte tradition mémorielle et artistique en Seine-Saint-Denis, et qui dispose depuis 2016 d’une Street Art Avenue le long du canal, comptant plus de cinquante fresques monumentales.

L’opposition dénonce un « culte de la personnalité »

La fresque ne fait pas l’unanimité. L’ancienne adjointe PS Katy Bontinck a réagi directement sur X :

L’élue sortante vise l’espace concerné, qu’elle présente comme relevant d’un projet de rénovation urbaine engagé depuis 2020 par l’ancienne équipe. Elle craint que le nouveau maire ne remette ce chantier en cause. D’autres habitants évoquent une « provocation », selon Le Parisien.

Des défenseurs qui voient une « fresque de la victoire »

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En face, des soutiens s’expriment avec la même vigueur. Un habitant, @bembelly, a posté :

Le débat s’inscrit dans un contexte post-électoral tendu. Depuis son élection, Bally Bagayoko a été ciblé par des attaques à caractère raciste, dans un département où les questions de représentation et d’expression politique restent vives. La fresque cristallise ces tensions : œuvre artistique ou outil de communication politique ? La question reste posée, et la mairie n’a pas précisé à ce stade si elle avait commandité ou simplement toléré l’initiative.

Le journaliste Arnaud Mercier a relayé l’article du Parisien sur X, générant une traction modérée - 89 likes et 31 reposts - signe que le sujet dépasse les seuls Dionysiens.

Sources

Fatima Benali

Fatima Benali

Basée à Bobigny, elle traite les tensions sur le logement, les débats sur la sécurité, les projets de Grand Paris Express et les inégalités scolaires. Issue de l'ESJ Lille, elle a grandi en Seine-Saint-Denis. Méthode rigoureuse : interroger les élus, les associations, les enseignants, vérifier les statistiques de la préfecture avant de publier.

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