Le député Legavre (LFI) refuse qu’on lui interdise de critiquer l’État israélien
Le député de la 12e circonscription de Seine-Saint-Denis réaffirme son droit à nommer les actions d'Israël à Gaza malgré les pressions législatives.
Le 24 avril 2026, Jérôme Legavre a publié une vidéo sur X où il déclare « Ils ne nous interdiront pas de nommer ce que fait l'État israélien. » Élu LFI de la 12e circonscription de Seine-Saint-Denis, il vise en particulier la proposition de loi Yadan, actuellement examinée en commission des lois à l'Assemblée nationale.
La déclaration est courte, directe. Le 24 avril 2026, Jérôme Legavre, député LFI réélu en 2024 dans la 12e circonscription de Seine-Saint-Denis, publie une vidéo sur son compte X.
Le tweet est rapidement repris par plusieurs comptes, dont des médias et militants, selon brieflyReportFr sur X.
La loi Yadan dans le viseur
Le 24 avril 2026, lors d’une réunion de la commission des lois, Legavre s’est explicitement opposé à la proposition de loi Yadan, texte visant à lutter contre l’antisémitisme, selon le compte rendu de la séance publié par l’Assemblée nationale. Il accuse ce texte de pouvoir criminaliser des critiques légitimes sur la situation à Gaza, qu’il qualifie de génocide. Le 20 janvier 2026 déjà, lors de l’examen du rapport n°2358 sur l’antisémitisme, il avait dénoncé une définition « trop large » susceptible de sanctionner « les appels à la paix à Gaza et la défense de la Palestine », toujours selon les documents officiels de l’Assemblée.
Sur le fond, Legavre va plus loin : il réclame la suspension de l’accord UE-Israël, citant plus d’un million de signataires d’une pétition européenne. Le 21 avril 2026, il interpellait le gouvernement sur l’absence de demande française en ce sens lors du Conseil des affaires étrangères.
Il critique également les livraisons d’armes françaises à Israël, évaluées à 22 millions d’euros en 2024 selon le site L’Insoumission, un chiffre qu’il présente comme un soutien à « l’impunité ».
Un terrain local déjà tendu
En Seine-Saint-Denis, la question palestinienne s’invite régulièrement dans le débat public local. En juin 2025, le préfet du département avait adressé un courrier au maire de Saint-Denis pour exiger le retrait du drapeau palestinien hissé sur la façade de l’hôtel de ville, au nom du principe de neutralité des services publics.
Aucune confirmation de pressions institutionnelles spécifiquement dirigées contre Legavre lui-même n’a été communiquée par la préfecture ou les services de l’État à ce stade. Le débat se joue pour l’instant sur le plan législatif national et sur les réseaux sociaux.
Ce type de positionnement, à la frontière entre liberté d’expression et accusations d’antisémitisme, nourrit une polarisation politique visible bien au-delà du 93. Des tensions similaires autour de la mémoire et du discours public ont été observées dans d’autres contextes, comme lors de la cérémonie de commémoration de la déportation à Lille, où le recueillement côtoyait les rappels aux dérives du passé.
Prochaine étape
Jérôme Legavre a appelé à participer à des manifestations le 25 avril 2026 contre ce qu’il nomme « l’extermination palestinienne » et contre la loi Yadan, selon son compte X. Les débats en commission des lois sur ce texte doivent se poursuivre dans les prochaines semaines à l’Assemblée nationale.