Bouches-du-Rhône : Laure-Agnès Caradec quitte LR et rallie l’UDR d’Éric Ciotti
La présidente de la fédération LR du département depuis 2023 rejoint le parti d'Éric Ciotti le 12 mai 2026, fragilisant davantage la droite traditionnelle après la défaite de Vassal à Marseille.
Laure-Agnès Caradec, 57 ans, présidente de la fédération LR des Bouches-du-Rhône depuis novembre 2023 et vice-présidente du conseil départemental, a annoncé le 12 mai 2026 son départ des Républicains pour rejoindre l'UDR d'Éric Ciotti. Ce ralliement intervient deux mois après la défaite de Martine Vassal aux municipales de Marseille, dont Caradec était directrice de campagne.
Laure-Agnès Caradec, 57 ans, présidente de la fédération LR des Bouches-du-Rhône depuis novembre 2023 et vice-présidente du conseil départemental, a annoncé le 12 mai 2026 son départ des Républicains pour rejoindre l’UDR d’Éric Ciotti. Ce ralliement intervient deux mois après la défaite de Martine Vassal aux municipales de Marseille, dont Caradec était directrice de campagne.
L’essentiel
- 12 mai 2026 : Laure-Agnès Caradec annonce officiellement son départ de LR pour rejoindre l’UDR d’Éric Ciotti.
- Première femme présidente de la fédération LR des Bouches-du-Rhône depuis novembre 2023, Caradec est également vice-présidente du conseil départemental.
- 5 voix d’écart : Martine Vassal (LR) a été défaite par Benoît Payan au second tour des municipales de Marseille en mars 2026, selon 20 Minutes.
- 48,54% des voix : score de l’UDR-RN à Nice au second tour des municipales 2026, selon La Croix.
- 31 août 2024 : date de fondation de l’UDR par Éric Ciotti après son alliance avec le RN aux législatives.
« Une ligne claire » : les mots du départ
C’est sur les réseaux sociaux que Laure-Agnès Caradec a officialisé sa décision, le 12 mai. « Aujourd’hui, je choisis une ligne claire », a-t-elle indiqué, selon France 3 Régions. Elle revendique une « droite à la fois libérale et sans compromission », formule reprise par 20 Minutes et Le JDD. Aucune attaque directe contre les dirigeants nationaux de LR n’a filtré dans ses déclarations publiques à ce stade.
Éric Ciotti a réagi sans délai sur X :
La section UDR des Alpilles a également salué l’arrivée :
Directrice de campagne d’une défaite à cinq voix
Pour comprendre le geste de Caradec, il faut revenir aux municipales marseillaises de mars 2026. Directrice de campagne de Martine Vassal, elle avait plaidé entre les deux tours pour une fusion des listes LR et RN-UDR menée par Franck Allisio. Vassal a refusé. Résultat : une défaite de cinq voix face à Benoît Payan, selon 20 Minutes et Le Monde.
Ce refus de fusion est présenté, dans les cercles proches de Caradec, comme le déclencheur immédiat de son départ. Elle avait estimé que seul un rassemblement de la droite et de l’extrême droite pouvait battre la gauche à Marseille. La défaite lui a donné, à ses yeux, une validation rétrospective de cette ligne.
Un profil ancré dans la droite marseillaise
Laure-Agnès Caradec est une figure installée de la droite locale. Proche de l’ancien maire Jean-Claude Gaudin, elle a présidé l’établissement public Euroméditerranée avant de prendre la tête de la fédération LR 13 en novembre 2023, première femme à occuper ce poste, selon BFM Marseille et France 3 Régions. Elle siège également comme vice-présidente du conseil départemental présidé par Martine Vassal.
Ce double mandat - élue départementale et présidente de fédération - lui donnait un poids réel dans l’appareil LR local. Son départ prive le parti d’une tête de réseau au moment où la droite traditionnelle cherche à se reconstruire après Marseille. Dans ce contexte de recomposition, la recomposition du centre-droit au niveau national complique encore davantage les lignes pour LR.
Contexte dans les Bouches-du-Rhône
Les Bouches-du-Rhône constituent le deuxième département le plus peuplé de France hors Île-de-France, avec plus de deux millions d’habitants. Marseille, première ville du département, est depuis des décennies un terrain de confrontation entre la gauche et la droite gaulliste, avec une implantation croissante du RN depuis les années 2000.
La défaite de Vassal à Marseille en mars 2026 - cinq voix sur des centaines de milliers d’exprimés - illustre la fragilité de LR dans ce bastion qu’elle a perdu de justesse. La droite départementale conserve la présidence du conseil départemental, mais son assise électorale s’effrite. Selon La Provence, le départ de Caradec « fragilise un peu plus LR et la droite de Marseille ».
L’UDR progresse dans le Sud-Est depuis la fondation du parti le 31 août 2024. La victoire d’Éric Ciotti à Nice en mars 2026, avec 48,54 % des voix au second tour selon La Croix, a démontré la capacité électorale du parti dans la région. Nice et Marseille, les deux principales métropoles méditerranéennes, ont ainsi basculé dans des camps opposés lors du même scrutin.
Ralliements en série dans le Sud-Est
Le départ de Caradec s’inscrit dans une série de ralliements de cadres LR vers l’UDR, particulièrement marqués dans le Sud-Est, selon Le JDD et La Marseillaise. L’UDR, fondée après que Ciotti a quitté LR en octobre 2024 à la suite de son alliance avec le RN lors des législatives, attire des élus qui jugent la ligne Retailleau insuffisamment ferme sur l’immigration et la sécurité.
Ciotti lui-même illustre cette trajectoire : il a annoncé sa candidature à Nice en août 2025, remporté la mairie en mars 2026, et accumule désormais les ralliements de figures LR provinciales. Le compte Bleu Blanc Rouge a résumé la séquence :
La question qui se pose désormais est celle de l’effet d’entraînement au sein du groupe LR au conseil départemental. Selon La Provence, d’autres départs pourraient intervenir avant les élections départementales de 2028. Aucun nom n’a été avancé publiquement à ce stade.
Quel impact sur le conseil départemental ?
Laure-Agnès Caradec siège comme vice-présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône. Son changement d’étiquette politique ne l’oblige pas à démissionner de ce poste, mais modifie les équilibres au sein de l’exécutif départemental présidé par Martine Vassal. Les conséquences concrètes sur les votes et alliances au sein de l’assemblée départementale n’ont pas encore été précisées par les intéressés, selon les informations disponibles au 15 mai 2026.
Vassal, qui dirige le département depuis 2015 et a succédé à Gaudin, n’a pas commenté publiquement le départ de sa proche collaboratrice. Sa position dans un LR affaibli - à la tête d’un département mais battue à Marseille - sera scrutée dans les mois à venir. Ce type de recomposition politique locale rejoint des dynamiques nationales, comme les manœuvres au sein du centre-droit autour de Cazeneuve, qui redessinent les frontières partisanes avant les prochaines échéances.
Les prochaines étapes se joueront à deux niveaux : la désignation d’un nouveau président ou présidente de la fédération LR des Bouches-du-Rhône, et la clarification de la position de Caradec au sein du groupe départemental. Les départementales de 2028 s’annoncent comme le premier vrai test électoral de ce nouveau paysage.
Sources
- La Provence : Bouches-du-Rhône: Laure-Agnès Caradec claque la porte des Républicains et rejoint l'extrême droite
- 20 Minutes : Bouches-du-Rhône : « Une droite sans compromission »… La présidente LR claque la porte et rejoint l'UDR d'Éric Ciotti
- France 3 Régions : "Aujourd'hui, je choisis une ligne claire" : la présidente de la fédération LR des Bouches-du-Rhône Laure-Agnès Caradec rejoint l'extrême droite et Eric Ciotti
- Le Monde : Laure-Agnès Caradec, la présidente de la fédération LR des Bouches-du-Rhône, rallie l'extrême droite d'Eric Ciotti