Bouillante installe 63 mouillages écologiques en coquilles de lambis
La commune guadeloupéenne déploie ces dispositifs inédits fabriqués à partir de matériaux recyclés pour protéger et restaurer ses récifs coralliens
La commune de Bouillante a mis à l'eau en juillet 2026 63 mouillages éco-conçus, une première en Guadeloupe. Fabriqués à partir de coquilles de lambis et de bambou recyclés, ces dispositifs visent à limiter les dégâts de l'ancrage sauvage et à favoriser la régénération des récifs coralliens.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- 63 mouillages éco-conçus déployés en juillet 2026 à Bouillante, une première en Guadeloupe
- Dispositifs fabriqués à partir de coquilles de lambis et bambou recyclés, fournis par l'association Kazarecycle pour 70 000 euros
- Projet inscrit dans une ZMEL de 71 postes approuvée par arrêté inter-préfectoral le 17 juin 2025
- Matériaux naturels favorisant la fixation de la coraline et la croissance du récif corallien
Une innovation guadeloupéenne pour les fonds marins
Bouillante a déployé en juillet 2026 63 mouillages éco-conçus inédits sur son littoral. Ces dispositifs, fabriqués à partir de coquilles de lambis et de bambou recyclés, marquent une première en Guadeloupe. Selon RCI, l’innovation a été imaginée par l’association Kazarecycle et son fondateur Frank Phazian.
Les matériaux naturels choisis favorisent la fixation de la coraline, une algue rose qui permet l’installation des pollubles et le début de la croissance du récif corallien. Les dispositifs offrent également un abri aux poissons juvéniles. L’association Kazarecycle a fourni l’équivalent de 70 000 euros de matériel à la commune.
Un projet inscrit dans une zone de mouillage officielle
Le déploiement s’inscrit dans le cadre de la création d’une Zone de Mouillages et d’Équipements Légers (ZMEL) à Bouillante. Selon la Direction de la Mer de la Guadeloupe, l’arrêté inter-préfectoral approuvant cette zone a été signé le 17 juin 2025. La ZMEL prévoit 71 postes d’amarrage répartis sur les sites de Malendure et du Bourg.
Le projet bénéficie d’un financement de l’État via le plan « Destination France 2030 ». Cette démarche vise à encadrer les pratiques de mouillage tout en protégeant les fonds marins de l’ancrage sauvage.
La protection des récifs face à l’ancrage sauvage
Les mouillages traditionnels causent des dégradations importantes sur les herbiers marins et les récifs coralliens. L’ancrage sauvage arrache les formations coralliennes et détruit les habitats de la faune marine. Les dispositifs éco-conçus permettent aux bateaux de s’amarrer sans toucher le fond.
D’après l’Ifrecor, ces solutions techniques réduisent directement l’impact de la plaisance sur les écosystèmes fragiles. Les mouillages écologiques constituent une alternative durable aux ancres classiques, particulièrement dans les zones à forte fréquentation touristique.
Contexte dans la Guadeloupe
La Guadeloupe compte plusieurs zones marines protégées et initiatives de préservation des récifs. D’autres ZMEL ont été mises en place dans l’archipel, notamment à Deshaies en 2013-2014. Un programme pilote de mouillages écologiques a été testé dans le Grand Cul-de-Sac Marin en 2021, selon le Parc national de la Guadeloupe.
Bouillante, située sur la côte Sous-le-Vent de Basse-Terre, est connue pour ses sites de plongée réputés, notamment la Réserve Cousteau à Malendure. La pression touristique sur les fonds marins y est importante. L’initiative de la commune s’inscrit dans une dynamique régionale de protection de la biodiversité marine, comparable aux mesures de régulation en mer mises en place ailleurs en France.
Des matériaux recyclés au service de la restauration
Le choix des coquilles de lambis et du bambou recyclés répond à une double logique : valoriser des déchets locaux et créer un substrat favorable à la vie marine. Les coquilles de lambis, issues de la consommation locale de ce mollusque emblématique, trouvent une seconde vie utile. Le bambou, matériau naturel et résistant, complète la structure.
Selon Fondation La France s’engage, ces matériaux permettent au dispositif de s’intégrer dans l’environnement marin tout en stimulant le développement du corail. Le processus de colonisation par les organismes marins démarre dès les premières semaines d’immersion.
Prochaine étape
Les huit postes d’amarrage restants de la ZMEL de Bouillante seront déployés dans les prochains mois pour compléter l’installation des 71 postes prévus. La commune et l’association Kazarecycle suivront l’évolution de la colonisation des mouillages pour évaluer l’efficacité du dispositif sur la restauration des récifs.
