Bourget : les riverains de Tremblay-en-France se mobilisent contre les nuisances sonores
Une pétition réclame des mesures d'insonorisation pour les habitants impactés par l'aviation d'affaires du Bourget.
À Tremblay-en-France, des riverains de l'aéroport du Bourget ont lancé une pétition pour exiger des mesures d'insonorisation. Jusqu'à 400 passages d'avions par jour, y compris la nuit, dégradent le quotidien de centaines de milliers d'habitants en Seine-Saint-Denis et au-delà.
L’aéroport du Bourget, reconverti en hub d’aviation d’affaires depuis 1977, génère des nuisances sonores croissantes pour les communes environnantes. À Tremblay-en-France, des riverains ont lancé une pétition réclamant des mesures concrètes d’insonorisation. Selon le Sénat, qui a interrogé le gouvernement le 22 janvier 2026, près de 400 000 habitants dans le Val-d’Oise et en Seine-Saint-Denis subissent jusqu’à 400 passages d’avions quotidiens, dont des vols nocturnes.
Un plan de prévention en retard, des aides au point mort
Le cadre réglementaire accuse du retard. Selon l’association ADVOCNAR, de nouvelles cartes stratégiques de bruit ont été établies en 2023, mais le Plan de Prévention du Bruit dans l’Environnement (PPBE) correspondant n’a toujours pas été adopté - soit un retard de dix-huit mois sur l’échéance européenne fixée au 18 juillet 2024. Face à l’inaction, l’ADVOCNAR a mis en demeure le préfet le 6 février 2026 pour forcer l’adoption urgente du PPBE et imposer des limitations de trafic, dont un couvre-feu nocturne.
Du côté des aides à l’insonorisation, la situation n’est guère plus avancée. Le Plan de Gêne Sonore (PGS) du Bourget n’a pas été actualisé depuis 2011. Selon les données de Ville & Aéroport, au moins 33 000 logements et 150 écoles seraient éligibles à des subventions financées par la taxe sur les nuisances sonores aériennes (TNSA). Le stock de cette taxe s’élevait à 123 millions d’euros fin 2024 - mais un prélèvement exceptionnel a été opéré en 2026 au profit du budget général.
Santé publique et enjeu électoral
L’élu LFI Louis Boyard a relayé sur X les estimations sur l’impact sanitaire de ces nuisances :
Le sujet s’est invité dans les municipales 2026. Un questionnaire adressé par l’ADVOCNAR à plus de 350 candidats dans les communes impactées par Roissy et le Bourget révèle que 94,1 % se disent favorables à l’interdiction des avions les plus bruyants, et 92,2 % à un couvre-feu nocturne. Pour Le Monde, ces chiffres illustrent surtout l’impuissance des maires face à des décisions qui échappent au niveau communal.
Sur le terrain, Bruitparif mène depuis septembre 2025, avec le soutien de l’Anses, une enquête auprès de volontaires vivant près des aéroports franciliens dont le Bourget, pour mesurer la gêne sonore réelle. Les résultats ne sont pas encore publiés.
Prochaine étape
Une étude d’impact sur les scénarios de réduction des nuisances est en cours depuis 2023, à la demande du Sénat. L’adoption du PPBE - désormais sous injonction associative - et un éventuel renforcement des pouvoirs de l’Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires (ACNUSA) constituent les prochains jalons attendus par les riverains.
Sources
- ADVOCNAR : Mise en demeure du préfet par l'ADVOCNAR – février 2026
- Sénat : Question sénatoriale sur les nuisances du Bourget – 22 janvier 2026
- Actu.fr : Bruitparif lance une enquête sur la gêne sonore réelle des aéroports
- ADVOCNAR : Municipales 2026 : des candidats s'engagent contre les nuisances aériennes