Breil-sur-Roya : 20 millions d’euros pour sauver le centre historique du gypse

L'État finance intégralement les acquisitions de bâtiments menacés et prend en charge plus de la moitié des démolitions.

Breil-sur-Roya : 20 millions d'euros pour sauver le centre historique du gypse
Illustration Laura Martinez / info.fr

La préfecture des Alpes-Maritimes a annoncé un investissement de 20 millions d'euros pour préserver le centre historique de Breil-sur-Roya. En cause : la présence de gypse dans le sous-sol, une roche qui se dissout au contact de l'eau et provoque affaissements et cavités sous les bâtiments.

Le gypse ronge les fondations de Breil-sur-Roya depuis des décennies. Ce minéral, présent dans le sous-sol du centre historique, se dissout lentement sous l’effet des circulations d’eau souterraine, créant des vides qui fragilisent les structures en surface. Le risque est documenté depuis 1893. La tempête Alex d’octobre 2020 a aggravé la situation en accélérant les mouvements de terrain.

Face à cette menace, la préfecture des Alpes-Maritimes a confirmé un engagement de l’État à hauteur de 20 millions d’euros pour la préservation du centre historique. Les acquisitions de bâtiments à risque auprès des propriétaires privés seront financées à 100 % par l’État. Plus de 50 % des coûts de démolition et de confortement - incluant des techniques comme les micropieux - seront également pris en charge.

L’immeuble Guidi, premier cas concret

Un exemple illustre déjà ce dispositif. La démolition de l’immeuble Guidi, dans le quartier Brancion, a coûté 3,5 millions d’euros, financés en totalité par l’État (76 %) et le Département des Alpes-Maritimes (24 %), selon Nice-Matin. Le chantier a débuté en novembre 2025, après que des arrêtés de péril avaient été pris dès 2006 et 2010 pour ce bâtiment. Trois autres habitations du même secteur ont déjà été acquises et démolies pour 1,4 million d’euros, intégralement pris en charge par l’État, selon les Petites Affiches. Le maire Sébastien Olharan a qualifié ces démolitions de « fin d’une longue période d’attente » après quinze ans de péril imminent.

Ces opérations s’appuient sur des études de vulnérabilité menées conjointement par les services de l’État, la commune et la Communauté d’Agglomération de la Riviera Française (CARF), qui ont évalué bâtiment par bâtiment les risques liés au gypse, toujours selon la préfecture.

Un effort financier total de 42 millions d’euros

Publicité

Ces 20 millions s’ajoutent à 22 millions d’euros déjà engagés par l’État depuis la tempête Alex pour la reconstruction et le soutien aux projets économiques locaux, comme l’indique le compte officiel de la préfecture. L’effort cumulé de l’État à Breil-sur-Roya atteint ainsi 42 millions d’euros. Un engagement sans équivalent pour ce village de la vallée de la Roya, dont le financement public massif sur un territoire contraint rappelle d’autres dossiers suivis par les préfectures régionales.

La question du gypse n’est pas propre à Breil. Le dossier départemental des risques majeurs des Alpes-Maritimes classe les mouvements de terrain liés à la dissolution du gypse parmi les risques documentés du département. À Breil, le secteur Brancion concentre les sinistres les plus graves. Les études menées avec la CARF permettront de prioriser les interventions futures dans le cadre de cette enveloppe de 20 millions d’euros.

Sources

Laura Martinez

Laura Martinez

Correspondante à Nice, elle traite l'urbanisme côtier, la pression touristique, les débats sur la ligne nouvelle PACA et la criminalité dans l'arrière-pays. Diplômée de Sciences Po Aix, elle enquête sur les promoteurs immobiliers, les collectivités et les associations de riverains. Méthode rigoureuse : multiplier les entretiens, recouper les budgets, publier seulement quand le dossier tient.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie