Brest : 69 jours de grève à Keraudren, rassemblement mardi devant la mairie

Les soignants de la polyclinique Keraudren (Elsan) appellent à un rassemblement place de la Liberté ce mardi 26 mai, à 12h30, contre la suppression de 15 postes.

Brest : 69 jours de grève à Keraudren, rassemblement mardi devant la mairie
Illustration Yann Le Goff / info.fr

Soixante-neuf jours après le début d'une grève reconductible, les soignants de la polyclinique Keraudren à Brest maintiennent la pression. Ce mardi 26 mai, un rassemblement est organisé devant la mairie de 12h30 à 15h, suivi d'une intervention d'une délégation au conseil municipal.

Soixante-neuf jours de mobilisation : les grévistes de la polyclinique Keraudren (groupe Elsan, Brest) maintiennent leur mouvement contre un plan de réorganisation prévoyant la suppression de 15 postes dans trois services. Ce mardi 26 mai, un rassemblement de soutien est prévu place de la Liberté, devant la mairie de Brest, de 12h30 à 15h.

L’essentiel

  • Grève lancée le 19 mars 2026 : mouvement reconductible à la polyclinique Keraudren (172 lits, 444 salariés) contre la suppression de 15 postes dans trois services.
  • 15 postes menacés : 9 en maternité/obstétrique, 2 en USC, 2 en cardiologie/médecine, selon la CGT et Le Télégramme.
  • 69 jours de grève au 26 mai 2026 : après 50 jours constatés le 7 mai et 61 jours le 18 mai par la CGT Santé-Action Sociale.
  • Rassemblement le 26 mai : place de la Liberté, 12h30-15h ; une délégation interviendra au conseil municipal à 14h30.
  • Stéphane Roudaut, élu maire de Brest le 28 mars 2026, n’a pas encore reçu les grévistes malgré des demandes répétées, selon Le Télégramme.

Un conflit qui s’étire depuis le 19 mars

La grève a démarré le 19 mars 2026 à la polyclinique Keraudren, établissement du groupe Elsan situé à Brest, qui compte 172 lits d’hospitalisation dont 44 en maternité, environ 105 médecins spécialistes et 444 salariés, selon les données publiées par Elsan sur son site officiel.

Le déclencheur : un plan de réorganisation prévoyant la suppression de 15 postes répartis dans trois services. En maternité et obstétrique, neuf postes sont visés, avec des fermetures de lits et des modifications de plannings. Deux postes sont supprimés en unité de soins continus (USC), sans aide-soignante de jour selon la CGT. En médecine et cardiologie, deux postes disparaissent également, avec réduction du nombre d’infirmières et fermetures de lits le week-end.

Les grévistes, soutenus par la CGT, dénoncent des risques pour la sécurité des patients. Le mouvement est suivi de manière reconductible depuis son départ, selon plusieurs articles du Télégramme publiés entre mars et mai 2026.

Aucune négociation concrète à ce stade

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Au 7 mai, la CGT confirmait 50 jours de mobilisation et indiquait avoir sollicité sans succès une audience auprès du maire de Brest, Stéphane Roudaut, élu le 28 mars 2026 avec 57,38 % des voix au second tour. Une rencontre avec l’Agence régionale de santé (ARS) avait eu lieu, qualifiée de « cordiale » par les grévistes, mais sans position concrète de l’ARS sur le fond du dossier, toujours selon la CGT.

Le 18 mai, la CGT Santé-Action Sociale faisait état de 61 jours de grève et constatait un blocage persistant : pas de négociations abouties malgré les réunions du comité social et économique (CSE). Elsan n’a pas communiqué publiquement sur sa position à ce stade.

Mardi 26 mai : rassemblement et conseil municipal

Ce mardi, les grévistes et leurs soutiens sont appelés à se réunir devant la mairie de Brest de 12h30 à 15h. L’objectif : interpeller le maire sur ce conflit social. Une délégation de soignants grévistes doit également prendre la parole devant le conseil municipal à 14h30, selon Le Télégramme - cette intervention ayant été rendue possible après contact avec le cabinet du maire.

Le rassemblement est relayé par plusieurs comptes locaux, dont Révolution Permanente Brest et les Gilets Jaunes Brest.

Une caisse de grève est active sur la plateforme Leetchi, gérée par la CGT USD 29. Une pétition en ligne circule également, selon Révolution Permanente.

Contexte dans le Finistère

La polyclinique Keraudren est l’un des établissements privés de santé les plus importants du Finistère, en particulier pour la maternité dans l’agglomération brestoise. Le groupe Elsan, opérateur national de cliniques privées, a intégré l’établissement dans ses rangs autour de 2015. Des réorganisations ont déjà marqué l’histoire récente du site, selon les éléments disponibles dans les sources consultées.

La grève intervient dans un contexte politique local particulier : Stéphane Roudaut, nouveau maire de Brest (divers droite), a pris ses fonctions fin mars 2026, quelques jours seulement après le début du mouvement. Le fait que la mairie n’ait pas encore reçu les grévistes après plus de deux mois de conflit constitue l’un des points de friction mis en avant par la CGT.

Le Finistère est par ailleurs placé ce mardi en vigilance orange canicule, avec des températures attendues entre 33 et 36°C - une donnée qui pourrait peser sur le déroulement du rassemblement en plein air.

Prochaine étape

L’intervention de la délégation devant le conseil municipal ce mardi après-midi constituera un premier test de l’ouverture de la mairie au dialogue. La suite du conflit dépendra en grande partie des suites données par Elsan et les pouvoirs publics à cette nouvelle prise de parole publique des grévistes.

Sources

Yann Le Goff

Yann Le Goff

Yann est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Finistère (29), avec Quimper pour chef-lieu. Spécialité du département : port militaire de Brest (sous-marins) et premier port de peche français. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Bretagne.

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