Morbihan : un comité départemental créé pour traquer les commerces liés au narcotrafic
Première réunion le 22 mai en préfecture, avec les maires de Lorient, Pontivy et Vannes, pour coordonner les contrôles interservices.
Le préfet du Morbihan Michaël Galy a réuni le 22 mai 2026 les élus de Lorient, Pontivy et Vannes pour lancer un nouveau comité départemental de lutte contre les activités commerciales liées à l'économie souterraine. Cette instance permanente vient compléter le dispositif anti-fraude déjà en place dans le département.
Le préfet du Morbihan Michaël Galy a réuni le 22 mai 2026 les élus de Lorient, Pontivy et Vannes pour lancer un nouveau comité départemental de lutte contre les activités commerciales liées à l’économie souterraine. Cette instance permanente vient compléter le dispositif anti-fraude déjà en place dans le département.
L’essentiel
- 22 mai 2026 : première réunion du comité départemental en préfecture du Morbihan, présidée par le préfet Michaël Galy.
- Trois communes représentées : Fabrice Loher (maire de Lorient), Soizic Perrault (maire de Pontivy) et Monique Jean (maire-adjointe de Vannes chargée de la sécurité).
- 17 interdictions de paraître prononcées au 10 mai 2026, 2 expulsions judiciaires à Vannes, 1 fermeture administrative de 3 mois à Pontivy depuis le lancement du PADRSQ.
- 41 à 66 % de baisse de délinquance constatée en 2025 dans les 11 îlots prioritaires du département, selon la préfecture.
- Cadre légal : loi n° 2025-532 du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic.
Une réunion fondatrice à la préfecture de Vannes
La séance du 22 mai s’est tenue en préfecture, sous la présidence de Michaël Galy, en poste depuis le 26 mai 2025. Autour de la table : Fabrice Loher, maire de Lorient, Soizic Perrault, maire de Pontivy, et Monique Jean, maire-adjointe de Vannes chargée de la sécurité. Ces trois communes concentrent les principales zones urbaines du Morbihan et constituent, à ce titre, les premiers territoires visés par le dispositif.
La préfecture a annoncé la création de ce comité via son compte officiel sur X :
Fraude fiscale, travail illégal, points de deal : ce que le comité va cibler
L’objectif affiché est une coordination renforcée entre les services de l’État et les communes. Selon la préfecture, le comité mobilisera la gendarmerie nationale, la police nationale, le SDRT, la DDETS, la DDPP, la DDFIP et les douanes pour conduire des contrôles ciblés.
Les axes d’intervention couvrent la fraude fiscale et sociale, le travail illégal, les points de vente et de stockage de produits illicites, les flux financiers suspects, les manquements aux règles d’hygiène et de sécurité, et les atteintes à l’ordre public. Cette approche multidimensionnelle vise à déstabiliser l’économie souterraine par des entrées réglementaires variées, sans se limiter aux seules infractions pénales liées aux stupéfiants.
Le comité vient compléter le CODAF - Comité opérationnel départemental anti-fraude - qui existe depuis plusieurs années dans le Morbihan. Le CODAF avait notamment conduit en août 2024 une opération au marché d’Auray ayant abouti à la saisie de 145 produits, selon Ouest-France.
Un bilan déjà chiffré depuis le lancement du PADRSQ
Ce comité s’inscrit dans le Plan d’Action Départemental de Restauration de la Sécurité du Quotidien (PADRSQ), déployé dans le Morbihan depuis février 2025. Selon actu.fr et Les Infos du Pays Gallo, le préfet Galy a dressé un premier bilan le 12 mai 2026 à Auray : 17 interdictions administratives de paraître prononcées au 10 mai, 10 injonctions aux bailleurs sociaux ayant conduit à 2 jugements d’expulsion à Vannes, et 1 fermeture administrative de trois mois d’un commerce à Pontivy. Pontivy, deuxième ville du département par la population, est ainsi l’une des premières concernées par ces mesures concrètes.
Dans les 11 îlots prioritaires identifiés par le PADRSQ, la préfecture revendique une baisse de la délinquance comprise entre 41 et 66 % sur l’année 2025. Ces chiffres émanent de la seule préfecture et n’ont pas fait l’objet d’une vérification indépendante à ce stade.
Lors de l’opération d’Auray, le préfet a formulé l’objectif en ces termes, cité par Ouest-France : « mettre les délinquants en insécurité permanente ».
Contexte dans le Morbihan
Le Morbihan compte environ 770 000 habitants. Lorient (56 000 hab.), Vannes (55 000 hab.) et Pontivy (13 000 hab.) constituent les principaux pôles urbains. Le département est traversé depuis plusieurs années par des problématiques de trafic de stupéfiants, notamment dans les quartiers prioritaires de Lorient et de Vannes.
Le cadre légal national a évolué avec la loi n° 2025-532 du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic. Ce texte a renforcé les pouvoirs préfectoraux en matière de fermetures administratives, d’expulsions simplifiées et d’interdictions de paraître. Le Morbihan figure parmi les premiers départements à avoir structuré un dispositif opérationnel complet adossé à cette loi, selon les sources préfectorales. Par comparaison, des faits de violence grave liés à des réseaux ont récemment marqué d’autres villes de la région.
Le CODAF morbihannais avait déjà démontré sa capacité d’action interservices lors de l’opération du marché d’Auray en 2024, réunissant gendarmerie, services vétérinaires et douanes. Le nouveau comité reprend cette logique en l’élargissant aux dimensions commerciale et financière du narcotrafic.
Prochaines étapes
La fréquence des réunions du comité et le calendrier des premiers contrôles ciblés n’ont pas encore été précisés par la préfecture. Le préfet Galy devrait communiquer sur un bilan semestriel, dans la continuité des points d’étape déjà organisés depuis le lancement du PADRSQ en février 2025.
Sources
- Préfecture du Morbihan (@Prefet56) : Annonce officielle du comité départemental
- Ouest-France : Dans le Morbihan, pour lutter contre le narcotrafic, la volonté de « mettre les délinquants en insécurité permanente »
- actu.fr : Trois nouvelles actions dans la lutte contre le narcotrafic dans ce département breton
- Les Infos du Pays Gallo : Morbihan. Le préfet dresse un bilan positif de la lutte contre la délinquance et le narcotrafic