À Brest, Vedrenne dévoile 50 mesures et 46 M€ pour prévenir la délinquance
La ministre déléguée à la Citoyenneté a présenté la SNPD 2026-2030 le 24 avril à Brest, avec trois axes prioritaires et un focus sur les jeunes à risque en Finistère.
Marie-Pierre Vedrenne a choisi Brest pour lancer la Stratégie nationale de prévention de la délinquance 2026-2030. Cinquante mesures, 46 millions d'euros via le FIPD, et trois axes prioritaires articulés autour de la protection des mineurs vulnérables. Le Finistère, département marqué par une hausse de la délinquance en 2025, est en première ligne.
Marie-Pierre Vedrenne a choisi Brest pour lancer la Stratégie nationale de prévention de la délinquance 2026-2030. Cinquante mesures, 46 millions d’euros via le FIPD, et trois axes prioritaires articulés autour de la protection des mineurs vulnérables. Le Finistère, département marqué par une hausse de la délinquance en 2025, est en première ligne.
L’essentiel
- 24 avril 2026 : présentation de la SNPD 2026-2030 à Brest par la ministre déléguée à la Citoyenneté Marie-Pierre Vedrenne.
- 50 mesures organisées en trois axes : nouvelles formes de délinquance, continuum préventif enfance-âge adulte, coordination des acteurs locaux.
- 46 M€ mobilisés via le Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD), en baisse de 12 % par rapport aux 52,7 M€ de 2025.
- Finistère 2025 : +8 % de violences sexuelles, +8 % de trafic de stupéfiants, +15 % de cambriolages selon le ministère de l’Intérieur.
- 233 000 € sur trois ans pour le programme LIMITS au centre social de Kerangoff, à Brest, ciblant les mineurs exposés aux trafics.
Une présentation ancrée dans les quartiers brestois
Le 24 avril 2026, Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, n’a pas présenté la nouvelle stratégie depuis un amphithéâtre parisien. Elle a choisi les quartiers nord de Brest. Trois étapes sur le terrain, trois dispositifs financés par l’État, trois façons de montrer que la SNPD s’adosse à des actions déjà en cours.
Premier arrêt : le centre social de Kerangoff, qui bénéficie du programme LIMITS - pour « Lutter contre l’Implication des Mineurs dans le Trafic de Stupéfiants ». Ce programme est financé à hauteur de 233 000 euros sur trois ans, selon la préfecture du Finistère. Deuxième étape : la maison de quartier de Lambézellec, soutenue entre 30 000 et 40 000 euros par an via la politique de la ville, pour le dispositif adulte-relais et des activités estivales. Troisième visite : la caravane du sport à Keredern, dotée de 23 000 euros en 2025 pour des animations sportives et des ateliers citoyenneté.
Trois axes, cinquante mesures
La SNPD 2026-2030 s’organise autour de trois piliers, selon le ministère de l’Intérieur et la préfecture du Finistère.
Premier axe : l’adaptation aux nouvelles formes de délinquance. Narcotrafic, armes blanches, cyber-violences - la stratégie entend outiller les acteurs locaux face à des phénomènes que la précédente édition n’avait pas anticipés à cette échelle.
Deuxième axe : le continuum préventif, de l’enfance à l’âge adulte. L’objectif est de repérer les ruptures de parcours chez les mineurs avant qu’elles ne deviennent irréversibles. La prévention de l’entrée précoce dans le narcotrafic est explicitement citée.
Troisième axe : la coordination des acteurs. Préfets, maires, travailleurs sociaux, associations - la SNPD entend clarifier qui fait quoi. À Brest, le maire Stéphane Roudaut est associé au déploiement local, selon la préfecture.
La ministre a résumé l’ambition dans une formule reprise par le ministère de l’Intérieur : « Nous devons tenir ensemble deux exigences : la fermeté et la prévention. Sanctionner quand c’est nécessaire, sans faiblesse. Notre cap est clair : une action publique lucide, concrète et pleinement opérationnelle, pour protéger durablement tous nos concitoyens. »
46 M€ : un budget en recul
Le Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD) finance la stratégie à hauteur de 46 millions d’euros pour 2026. C’est 12 % de moins que les 52,7 millions mobilisés en 2025, et 26 % de moins que les 62,4 millions de 2024, selon Le Télégramme et la Banque des Territoires.
Cet écart n’a pas été expliqué publiquement par la ministre lors de la présentation brestoise. La question des moyens réels mis à disposition des territoires reste posée, notamment pour les villes moyennes comme Brest qui portent déjà des dispositifs existants.
Brest intègre par ailleurs un groupe de douze villes chargées d’expérimenter certaines mesures de la stratégie. Un premier rendez-vous est prévu le 11 mai, selon les informations disponibles au moment de la présentation.
Contexte dans le Finistère
Le choix de Brest comme ville de lancement n’est pas anodin. Le Finistère a connu une dégradation de plusieurs indicateurs sécuritaires en 2025. Selon le ministère de l’Intérieur, corroboré par Ouest-France, le département a enregistré une hausse de 8 % des violences sexuelles, de 8 % du trafic de stupéfiants, et de 15 % des cambriolages.
Ouest-France avait qualifié 2025 d’« année noire » pour le Finistère en matière de délinquance. Ce contexte donne du poids à la décision de présenter la SNPD depuis Brest plutôt que depuis une autre préfecture.
Le Finistère compte environ 910 000 habitants. Brest, avec 140 000 résidents, concentre une part significative des enjeux urbains du département, notamment dans ses quartiers prioritaires de la politique de la ville - Kerangoff, Lambézellec, Keredern - qui ont servi de décor à la visite ministérielle. Ces quartiers font l’objet de financements croisés État-commune depuis plusieurs années, et le programme LIMITS y est opérationnel depuis au moins 2024, selon la préfecture.
Une stratégie qui succède à celle de 2020-2024
La SNPD 2026-2030 prend la suite d’une précédente stratégie couvrant 2020-2024, qui comptait 40 mesures. Celle-ci a été évaluée par une vingtaine de préfectures avant la refonte, selon le ministère de l’Intérieur. La nouvelle édition porte donc dix mesures supplémentaires et réoriente les priorités vers les nouvelles formes de criminalité.
La Banque des Territoires notait, avant le lancement, que la stratégie avait mis du temps à « sortir du bois » - les consultations interministérielles et avec les élus locaux ayant duré plusieurs mois. Le choix d’une présentation en préfecture de région plutôt qu’à Paris traduit une volonté affichée d’ancrage territorial.
Le déploiement effectif dans les communes dépendra des arbitrages budgétaires locaux et de la capacité des préfets à coordonner les acteurs. Pour le Finistère, la prochaine étape est fixée au 11 mai avec la réunion du groupe des douze villes expérimentatrices, dont Brest fait partie.
Sources
- Préfecture du Finistère : Nouvelle stratégie nationale de prévention de la délinquance
- Ministère de l'Intérieur : Stratégie nationale de prévention de la délinquance 2026-2030
- Le Télégramme : Prévention de la délinquance : à Brest, la nouvelle stratégie nationale dévoilée par la ministre Marie-Pierre Vedrenne
- Ouest-France : 2025 a été une année noire en Finistère