Brigitte Bardot s’éteint à 91 ans dans sa villa de La Madrague

L'icône du cinéma français, révélée en 1956 dans 'Et Dieu... créa la femme', est décédée ce dimanche matin à Saint-Tropez

Brigitte Bardot s’éteint à 91 ans dans sa villa de La Madrague
Portrait iconique de Brigitte Bardot durant son apogée cinématographique dans les années 1960 Nathalie Rousselin / INFO.FR

Brigitte Bardot est morte ce dimanche 28 décembre 2025 à l'âge de 91 ans dans sa résidence de La Madrague à Saint-Tropez, a annoncé la Fondation Brigitte Bardot. L'actrice mythique, devenue icône mondiale après le succès planétaire d'Et Dieu... créa la femme en 1956, avait abandonné le cinéma il y a plus de cinquante ans pour consacrer sa vie à la défense des animaux. De son mambo enfiévré dans un restaurant tropézien à son monologue nu dans Le Mépris, elle aura marqué l'histoire du 7ème art et incarné une liberté féminine transgressive pour toute une génération.

L'essentiel

  • Brigitte Bardot est décédée ce dimanche 28 décembre 2025 à l'âge de 91 ans dans sa villa de La Madrague à Saint-Tropez, après une hospitalisation en octobre à Toulon
  • Révélée en 1956 dans Et Dieu... créa la femme de Roger Vadim, elle a tourné près de 50 films et enregistré plus de 80 chansons avant d'abandonner le cinéma en 1973
  • Son rôle dans Le Mépris de Jean-Luc Godard en 1963 reste l'une de ses compositions les plus célèbres, le film ayant attiré 235 000 spectateurs malgré son interdiction aux moins de 18 ans
  • Première personnalité à donner ses traits au buste de Marianne, elle a consacré les cinquante dernières années de sa vie à la défense des animaux via sa fondation
  • Les hommages ont afflué de la classe politique française, de Gabriel Attal à Rachida Dati, saluant une icône de liberté qui a façonné l'imaginaire collectif français

C’est dans l’intimité de sa villa mythique de La Madrague, face à la Méditerranée qu’elle chérissait tant, que Brigitte Bardot a tiré sa révérence ce dimanche matin. Selon Sud Ouest, l’actrice avait été hospitalisée courant octobre à Toulon pour une intervention chirurgicale dont la nature n’avait pas été précisée, avant de rentrer se reposer chez elle à Saint-Tropez. La Fondation Brigitte Bardot a confirmé le décès dans un communiqué empreint d’émotion, saluant celle qui avait choisi d’abandonner sa carrière prestigieuse pour dédier sa vie et son énergie à la défense des animaux.

Une étoile née dans le Paris de l’après-guerre

Née le 28 septembre 1934 dans le 15ème arrondissement de Paris, Brigitte Bardot connaît une éducation bourgeoise et rigoureuse. Comme le rappelle Radio France, sa mère, qui rêvait de devenir ballerine, lui transmet son amour pour la danse classique et lui fait intégrer le Conservatoire de Paris. C’est de cette formation qu’elle tire ce port de tête altier qui fera tant parler d’elle. Son père, passionné de cinéma, lui communique sa fascination pour le grand écran. À quinze ans seulement, la jeune Brigitte fait ses premiers pas dans la photo de mode et se hisse jusqu’à la couverture du magazine Elle.

C’est sur un plateau de tournage qu’elle rencontre Roger Vadim, assistant du réalisateur Marc Allégret. Elle l’épouse à dix-huit ans après d’âpres négociations avec ses parents. En 1956, Vadim fait d’elle la vedette de son premier film, Et Dieu créa la femme. Le succès est foudroyant et le film atteint même le box-office américain. Femme-enfant ou femme fatale, le rôle transgresse les limites morales d’une époque où nudité et sensualité sont souvent censurées. Les deux initiales B.B. font désormais le tour du monde.

Le mambo de Saint-Tropez et le monologue du Mépris

Les tournages aux côtés des plus grands se succèdent : Jean Gabin, Jeanne Moreau, Michel Piccoli. Selon Le Monde, elle tourne près de 50 films et enregistre plus de 80 chansons. En 1963, Jean-Luc Godard lui offre l’un de ses rôles les plus iconiques dans Le Mépris, tourné à Rome et à Capri dans la fabuleuse villa de l’écrivain Curzio Malaparte. Les producteurs exigent de voir B.B. davantage dénudée, ce qui aboutira à la scène légendaire où elle demande à Michel Piccoli : « Tu les trouves jolies, mes fesses ? ». Le film, interdit aux moins de 18 ans à sa sortie, attire 235 000 spectateurs en 1963.

Mais cette gloire a son revers. En 1958, après une énième couverture de Paris Match où on la voit à quatre pattes en minishort devant la mercerie Vachon à Saint-Tropez, la foule se déchaîne. Comme le relate Le Point, on baisse le rideau de fer, on appelle la police, elle est exfiltrée sous les insultes : « ordure, salope ». Une femme tend pourtant son bébé pour qu’elle le touche. « J’étais le diable et Bernadette Soubirous », dira-t-elle plus tard. Ce sera sa dernière échappée libre.

La reconversion radicale pour la cause animale

En 1973, lors d’un tournage à Sarlat, Brigitte Bardot sauve une chevrette de l’abattoir. C’est le déclic. Elle tire définitivement un trait sur le cinéma, laissant derrière elle une cinquantaine de films et deux scènes entrées au panthéon du 7ème art. Elle crée sa fondation et y consacre sa fortune, sa maison, ses souvenirs. L’association Peta a salué dimanche « un ange pour les animaux » et « une porte-parole de toutes les espèces ». Ingrid Newkirk, fondatrice de Peta, rappelle que dans son livre « One can make a difference », Brigitte Bardot avait raconté qu’elle avait vendu des bijoux et d’autres biens « pour créer un sanctuaire et défendre les animaux ».

Selon L’Internaute, elle avait été atteinte d’un cancer du sein à 49 ans et avait d’abord refusé tout traitement avant que son amie Marina Vlady l’en convainque. « Cette maladie m’a obligée à me retrouver face à moi-même », avait-elle confié à Paris Match en 2018. Plus récemment, elle avait passé plusieurs semaines à l’hôpital privé Saint-Jean de Toulon pour « une intervention chirurgicale dans le cadre d’une maladie grave », selon Nice-Matin.

Un concert d’hommages de la classe politique

Les réactions ont afflué tout au long de la journée. Gabriel Attal a salué sur X « cette icône, cette égérie, ce visage de la France qui a fait rêver le monde entier ». L’ancien premier ministre a ajouté : « Grande actrice, première personnalité à donner ses traits au buste de Marianne, défenseuse acharnée de la cause animale, elle a vécu mille vies – toujours avec la même passion et le même talent ».

« Brigitte Bardot fut une icône, une Marianne, 2 initiales qui firent le tour du monde B.B, une beauté insolente, une liberté totale », a écrit Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Rachida Dati, ministre de la Culture, a déclaré à l’AFP que Brigitte Bardot était une « icône parmi les icônes ». « Inlassable défenseuse de la cause animale, elle est une légende qui aura contribué à façonner nos imaginaires, sans jamais s’y laisser enfermer cependant. Follement libre et tellement française finalement », a-t-elle souligné. Elisabeth Borne a évoqué une personnalité qui « nous a profondément marqué par son talent, sa liberté et son engagement pour la cause animale ».

Des admirateurs en recueillement devant La Madrague

Dès l’annonce du décès en fin de matinée, les fans se sont précipités à La Madrague pour se recueillir et déposer des fleurs. « Elle représente la femme la plus belle du monde, avec une liberté d’expression, courageuse, qui a libéré la femme », a confié Sandrine, une admiratrice, aux équipes de BFMTV. Un jeune homme a ajouté : « Être là, c’est pouvoir lui rendre hommage comme on peut. Pour moi, elle représentait la simplicité, le début de beaucoup de choses et l’amour pour les animaux. »

Sur Instagram, Laeticia Hallyday a publié un carrousel de photos de Johnny et Brigitte Bardot : « Il y a des êtres qui ne meurent jamais vraiment. Brigitte Bardot était de ceux-là. Ces images avec Johnny racontent une époque iconique, la vie, la liberté, la jeunesse sans compromis ». Mireille Mathieu, 79 ans, a déclaré à l’AFP : « Brigitte Bardot est et restera la femme la plus belle du monde, dotée aussi de la beauté du cœur qui a courageusement voué sa vie aux animaux. »

« Les gens qu’on aime ne meurent jamais », a confié l’acteur Pierre Arditi, selon Le Monde.

Avec la disparition de Brigitte Bardot s’éteint une figure tutélaire du cinéma français, une icône de liberté qui aura traversé le siècle en imposant ses choix, ses combats, ses excès aussi. De la jeune danseuse du Conservatoire à l’ermite de Saint-Tropez entourée de ses animaux, elle aura incarné toutes les métamorphoses d’une époque. Reste désormais à savoir comment la France saura honorer la mémoire de celle qui fut, selon les mots d’Aurore Bergé, « celle qui dédia sa fortune, sa maison, ses souvenirs et le reste de sa vie à la défense des animaux » et qui « en changea notre perception et nos lois ».

Sources

  • Le Monde (28 décembre 2025)
  • Sud Ouest (28 décembre 2025)
  • BFMTV (28 décembre 2025)
  • Radio France (28 décembre 2025)
  • Le Point (28 décembre 2025)
  • L'Internaute (28 décembre 2025)
Nathalie Rousselin

Nathalie Rousselin

Reporter et journaliste d'investigation. Parcours en sciences sociales et journalisme de terrain. Expertise dans le traitement des faits de société et les enquêtes de fond. Expérience en presse quotidienne régionale. Rejoint INFO.FR pour couvrir l'actualité société et les faits divers.