Brioude : les agriculteurs de Haute-Loire ne désarment pas face aux normes européennes

Depuis fin 2025, les exploitants du département multiplient les actions contre l'accord Mercosur et les contraintes réglementaires de l'UE.

Brioude : les agriculteurs de Haute-Loire ne désarment pas face aux normes européennes
Illustration Valérie Roche / info.fr

À Brioude et dans tout le département, les agriculteurs de Haute-Loire maintiennent la pression. Entre barrages filtrants et pancartes 'Stop au massacre', la colère porte sur un enjeu concret : la survie des exploitations et des emplois ruraux.

Le 19 décembre 2025, une centaine d’agriculteurs se sont rassemblés à Brioude. Parmi eux, des élèves du lycée agricole Bonnefont. Feux de palettes, pancartes, barrage filtrant : le message était clair. Les manifestants dénonçaient les normes européennes et les règles liées à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), selon le compte rendu publié par Le Veil.

Quatre jours plus tard, le 23 décembre, une cinquantaine d’agriculteurs de la Confédération paysanne et de la Coordination rurale bloquaient la RN88 aux Baraques, à Cussac-sur-Loire, selon Le Progrès. Même motif : l’accord commercial UE-Mercosur et les contraintes sanitaires jugées inégales.

Un accord qui cristallise les tensions

Le 9 janvier 2026, le Conseil de l’UE a validé la signature de l’accord UE-Mercosur malgré l’opposition française, selon Toute l’Europe. Le lendemain, la Confédération paysanne installait un nouveau barrage filtrant au rond-point de Lachamp en Haute-Loire, rapporte RCF Haute-Loire.

Pour les exploitants locaux, la question est d’abord économique. En Haute-Loire, le secteur agricole représente 6,4 % des emplois totaux, soit 6 700 personnes en emploi permanent dans les exploitations, selon les données de la DRAAF Auvergne-Rhône-Alpes. L’industrie agroalimentaire emploie près de 2 500 salariés supplémentaires, principalement dans la charcuterie et les produits laitiers. Des filières directement exposées à la concurrence de viandes importées produites selon des standards différents.

Nicolas Merle, président de la FDSEA Haute-Loire, l’avait formulé sans détour dès novembre 2024, selon Zoomdici : « Le monde de Oui-Oui, c’est fini, maintenant, on veut des actes ! » Il dénonçait notamment la surtransposition des normes européennes en droit français et la multiplication des contrôles.

Une mobilisation qui s’inscrit dans la durée

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Les actions de fin 2025 et début 2026 ne sont pas isolées. En 2025 déjà, plusieurs centaines d’agriculteurs s’étaient réunis devant la préfecture du Puy-en-Velay contre la DNC et le Mercosur, selon RCF Haute-Loire. Le mouvement prend une dimension régulière dans le département.

La France perçoit 9,5 milliards d’euros de fonds agricoles européens par an, rappelle le Parlement européen. Mais pour les syndicats locaux, les aides ne compensent pas l’effet de distorsion de concurrence engendré par des accords qui ouvrent le marché à des produits soumis à des exigences moindres.

Prochaine étape : la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs avaient prévu un rassemblement devant le Parlement européen à Strasbourg le 20 janvier 2026 pour contester la ratification de l’accord, selon Toute l’Europe. Les suites de cette mobilisation nationale n’ont pas encore été précisées à l’échelon local.

Sources

Valérie Roche

Valérie Roche

Correspondante au Puy-en-Velay, elle suit le tourisme religieux, l'élevage, les tensions sur les services publics et les débats sur l'éolien. Diplômée de l'IFP Paris 2, elle a commencé en PQR auvergnate. Ligne de travail : interroger les agriculteurs, les hôteliers, les élus, croiser les données de pèlerinage avant de publier.

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