Brive : le gérant de l’Éperon des Crêtes condamné à 10 ans pour viols sur mineures
La cour criminelle de Corrèze a rendu son verdict dans la nuit du 29 au 30 mai 2026 après quatre jours de procès à huis clos.
Alexandre Ribe, gérant du centre équestre L'Éperon des Crêtes à Brive-la-Gaillarde, a été condamné samedi à 10 ans de réclusion criminelle pour trois viols sur mineures et une agression sexuelle. Les faits, commis entre 2004 et 2018, visaient des élèves et stagiaires du club, certaines âgées de 12 à 13 ans.
L’essentiel
- Verdict : 10 ans de réclusion criminelle prononcés dans la nuit du 29 au 30 mai 2026 par la cour criminelle de Corrèze.
- Faits : Trois viols sur mineures (dont deux de moins de 15 ans) et une agression sexuelle sur mineure, commis entre 2004 et 2018.
- Victimes reconnues : 4 sur 5 à 6 plaignantes ; procès de 4 jours à huis clos.
- Peines accessoires : 5 ans de suivi socio-judiciaire et interdiction d’exercer au contact de mineurs.
- Mis en examen : mars 2023 ; l’accusé nie les faits et invoque un complot.
Verdict rendu à l’aube du 30 mai
La cour criminelle de Corrèze a délibéré toute la nuit. Le verdict est tombé aux premières heures du samedi 30 mai 2026 : Alexandre Ribe, 42 ans, gérant du centre équestre L’Éperon des Crêtes à Brive-la-Gaillarde, est condamné à 10 ans de réclusion criminelle. Il a également écopé de cinq ans de suivi socio-judiciaire et d’une interdiction définitive d’exercer toute activité professionnelle ou bénévole au contact de mineurs.
Le procès s’est tenu à huis clos pendant quatre jours, conformément aux règles applicables aux affaires impliquant des victimes mineures. La cour a reconnu quatre victimes sur les cinq à six plaignantes entendues, selon France 3 Nouvelle-Aquitaine et ICI (France Bleu Limousin).
Des faits étalés sur quatorze ans
Les faits reprochés couvrent une période allant de 2004 à 2018. Les victimes étaient des élèves ou des stagiaires du club, certaines âgées de 12 à 13 ans au moment des faits. Deux chefs de viol concernent des mineures de moins de 15 ans, circonstance aggravante expressément retenue par la cour, de même que l’abus d’autorité lié à sa qualité de coach et de gérant, selon France 3 et Ouest-France.
Alexandre Ribe avait pris la gérance de l’Éperon des Crêtes en septembre 2006, succédant à son père à la tête d’une structure créée depuis une quarantaine d’années, installée à La Pigeonnie sur le territoire de Brive-la-Gaillarde. Le centre proposait enseignement équestre, pension, poney-club et compétitions de saut d’obstacles (CSO).
Il avait été mis en examen en mars 2023. Tout au long de la procédure, il a nié l’ensemble des faits et a soutenu être victime d’un complot, selon les informations de France 3 Nouvelle-Aquitaine.
« La reconnaissance de ce statut de victime »
À l’annonce du verdict, les parties civiles ont réagi par la voix de leur avocat, Me Vincent Desport, qui représentait deux des plaignantes. « Elles ne demandaient pas plus que la reconnaissance de ce statut de victime, et ont accueilli le verdict avec soulagement et sérénité », a-t-il déclaré, cité par France 3 Nouvelle-Aquitaine et Le Parisien.
L’avocat a également évoqué le chemin qui reste à parcourir pour les anciennes élèves et stagiaires du club, soulignant que la reconstruction prendra du temps. Le verdict marque néanmoins une étape judiciaire importante pour des victimes qui avaient attendu plusieurs années avant que leurs témoignages débouchent sur une mise en examen.
Contexte dans la Corrèze
La Corrèze (19) compte environ 240 000 habitants. Brive-la-Gaillarde, avec près de 50 000 habitants, est la principale ville du département. L’équitation y occupe une place notable dans le tissu associatif et sportif rural, avec plusieurs centres équestres affiliés à la Fédération française d’équitation répartis sur le territoire.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte national de multiplication des signalements de violences sexuelles dans le sport amateur. La Fédération française d’équitation a, depuis 2022, renforcé ses dispositifs de signalement et ses obligations de formation à la protection de l’enfance pour les encadrants. La situation à Brive n’a pas donné lieu, à ce stade, à une réaction publique de la fédération ou des instances sportives locales relayée dans les médias consultés.
L’affaire a bénéficié d’une couverture régionale et nationale large : France 3 Nouvelle-Aquitaine, ICI (France Bleu), La Montagne, Le Parisien et Ouest-France ont tous rendu compte du verdict. Par son ampleur - quatorze ans de faits présumés, plusieurs victimes mineures, un cadre sportif de confiance - , l’affaire dépasse le strict cadre local. À Tulle, chef-lieu du département, où siège la juridiction compétente, le dossier avait été suivi de près depuis la mise en examen.
La peine est-elle définitive ?
Alexandre Ribe dispose de dix jours pour faire appel du verdict, selon ICI (France Bleu). Si aucun appel n’est formé, la condamnation deviendra définitive. Dans le cas contraire, l’affaire serait renvoyée devant la cour d’appel compétente, ce qui pourrait prolonger significativement la procédure pour les victimes.
Le devenir du centre équestre L’Éperon des Crêtes - son statut juridique, son éventuelle fermeture ou reprise - n’a pas été précisé à ce stade par les médias qui ont couvert l’affaire. De même, la question d’un éventuel appel de la défense n’avait pas encore été tranchée publiquement au moment du bouclage de cet article.
Pour les quatre victimes reconnues par la cour, comme pour les autres plaignantes dont les dossiers n’ont pas été retenus, la justice a rendu sa décision. Le délai d’appel court jusqu’à début juin 2026.
Sources
- France 3 Nouvelle-Aquitaine : « Elles ont accueilli le verdict avec soulagement » : un coach d'équitation condamné à 10 ans de prison pour viols et agressions sexuelles
- ICI (France Bleu) : Brive : 10 ans de prison pour un moniteur de centre équestre jugé coupable de viols sur mineurs
- La Montagne : Viols et agressions sexuelles à l'Éperon des crêtes : ce qu'il faut retenir de la condamnation d'Alexandre Ribe
- Ouest-France : Le gérant d'un centre équestre de Corrèze condamné à 10 ans de réclusion pour viols sur mineures