Bruges : 130 caravanes de gens du voyage évacuées en 48 heures d’un complexe sportif
Moins de 48 heures après l'occupation illicite des terrains de foot du complexe Daugère, le maire de Bruges obtient le départ des caravanes grâce à la mobilisation de la préfète
Dimanche 7 juin 2026, entre 80 et 130 caravanes investissent le complexe sportif Daugère à Bruges. Le maire Frédéric Giro porte plainte et enclenche toutes les procédures. Mardi 9 juin, le site est libéré dans le calme.
L’essentiel
- Fait 1 : Dimanche 7 juin 2026, entre 80 et 130 caravanes de gens du voyage forcent le portail du complexe sportif Daugère à Bruges (Gironde) et s’installent sur les terrains de football.
- Fait 2 : Le maire Frédéric Giro, accueilli avec agressivité, porte plainte ; son vélo est jeté dans les fourrés.
- Fait 3 : Le site est libéré le mardi 9 juin vers 10h30, moins de 48 heures après l’occupation, après négociations et intervention de la préfète de la Gironde.
- Fait 4 : Les caravanes rejoignent dans le calme l’aire de grand passage de Mérignac, sous escorte de la police municipale.
Installation forcée et réponse immédiate
Dimanche 7 juin 2026, aux alentours de 16 heures, un convoi de gens du voyage comprenant entre 80 et 130 caravaines s’introduit de force sur les terrains de football du complexe sportif Daugère, à Bruges, commune limitrophe de Bordeaux. Selon le communiqué officiel de la mairie, le portail a été forcé pour permettre l’installation illicite.
Le maire de Bruges, Frédéric Giro, se rend immédiatement sur place. D’après les informations rapportées par Le Figaro, il est accueilli de manière agressive : son vélo est jeté dans les fourrés. Il décide de porter plainte et déclenche une procédure complète : amendes pour stationnement illicite, saisine du préfet de la Gironde pour le concours de la force publique, et mobilisation des services municipaux.
« J’ai dégainé tout l’arsenal possible », a déclaré le maire au quotidien national, confirmant ainsi la volonté de ne pas laisser s’installer la situation.
Évacuation en moins de 48 heures
Moins de deux jours après l’occupation, le mardi 9 juin vers 10h30, le complexe Daugère est libéré. Les négociations menées avec les représentants de la communauté de gens du voyage, en lien avec la préfète de la Gironde, ont abouti à un départ volontaire et sans incident. Les caravanes ont ensuite rejoint l’aire de grand passage de Mérignac, située à quelques kilomètres, comme le précise Sud Ouest. La police municipale a sécurisé la circulation lors de ce transfert.
La mairie de Bruges souligne que les procédures engagées - plainte, amendes, activation du concours de la force publique - ont été décisives pour obtenir cette issue rapide. « Nous avons démontré que l’inaction n’est pas une option », a commenté l’édile.
Ce type d’occupation récurrente sur les installations sportives municipales suscite l’agacement des élus locaux, qui déplorent les dégradations et la paralysie des équipements. Un précédent similaire avait eu lieu en 2023 sur le même complexe, avec une durée d’occupation de plusieurs semaines.
Dans d’autres communes, des incidents liés à des occupations illicites ont également été signalés récemment, comme à Nanterre où un véhicule a percuté l’entrée de la prison avant d’être incendié, illustrant les tensions récurrentes autour des espaces publics.
Contexte dans la Gironde
La Gironde, deuxième département le plus peuplé de Nouvelle-Aquitaine avec environ 1,6 million d’habitants, dispose d’un schéma départemental d’accueil des gens du voyage. Ce dernier prévoit des aires de grand passage, comme celle de Mérignac, où les caravanes ont été redirigées. Bruges, ville de près de 20 000 habitants située dans la métropole bordelaise, est régulièrement confrontée à ce type d’installations, en raison notamment de la proximité des grands axes et de la présence d’équipements sportifs ouverts.
La rapidité de l’évacuation (moins de 48 heures) contraste avec des épisodes précédents dans d’autres communes girondines, où les délais peuvent atteindre plusieurs semaines. Selon la mairie, la coordination entre le maire, la préfecture et la police municipale a été déterminante.
Relance du débat local
Cette opération éclair relance les discussions sur la gestion des installations municipales face aux occupations illicites. Plusieurs élus de la métropole bordelaise s’interrogent sur la nécessité de renforcer la sécurisation des sites sportifs (portails, clôtures, vidéosurveillance) et d’accélérer les procédures d’expulsion. Certains appellent également à une meilleure programmation des aires de grand passage pour éviter les débordements.
À Bruges, la question des moyens humains et juridiques reste posée. « L’arsenal existe, mais il faut le dégainer vite », a résumé Frédéric Giro. La prochaine étape pourrait être l’examen des dégradations au complexe Daugère, dont le coût n’a pas encore été communiqué.
Sources
- Mairie de Bruges : Installation illicite d'une communauté de gens du voyage à Daugère
- Le Figaro : « J'ai dégainé tout l'arsenal possible » : près de Bordeaux, un maire déloge un squat de gens du voyage en 48 heures
- Sud Ouest : Gironde : les caravanes des gens du voyage ont quitté Bruges pour se rendre sur l'aire de grand passage de Mérignac