Dans le Bugey, les agriculteurs en alerte avant les ponts de mai 2026

Après les incidents graves de 2025, les exploitants du Bugey redoutent de nouvelles intrusions sur leurs terres et réclament plus de patrouilles.

Dans le Bugey, les agriculteurs en alerte avant les ponts de mai 2026
Illustration Mathieu Perret / info.fr

Les agriculteurs du Bugey tirent la sonnette d'alarme à l'approche des ponts de mai 2026. L'an passé, une rave party illégale à Innimond-Lompnas avait rassemblé jusqu'à 9 000 personnes sur 15 hectares de terres agricoles, causant un décès et des dégradations importantes. Les exploitants demandent un renforcement des patrouilles de gendarmerie.

Les agriculteurs du Bugey tirent la sonnette d’alarme à l’approche des ponts de mai 2026. L’an passé, une rave party illégale à Innimond-Lompnas avait rassemblé jusqu’à 9 000 personnes sur 15 hectares de terres agricoles, causant un décès et des dégradations importantes. Les exploitants demandent un renforcement des patrouilles de gendarmerie.

L’essentiel

  • 9 000 fêtards : c’est le nombre de personnes rassemblées lors de la rave party illégale de mai-juin 2025 à Innimond-Lompnas, sur 15 hectares de terrain agricole.
  • 1 décès, 2 gendarmes blessés : une Néerlandaise de 34 ans est morte dans la nuit du 30 au 31 mai 2025 ; deux gendarmes ont été légèrement blessés lors de l’évacuation forcée le 2 juin.
  • 2 500 personnes dès les premières heures : le rassemblement comptait déjà plus de 2 500 participants dès le 30 mai 2025, selon Le Progrès.
  • Apremont, décembre 2025 : une commune voisine a décidé d’installer des portails pour barricader son parc éolien, après trois raves en deux ans selon Le Progrès.
  • Renforcement réclamé : les exploitants du Bugey demandent, selon Le Progrès (1er mai 2026), plus de patrouilles gendarmerie avant les week-ends prolongés de mai.

Une crainte qui revient chaque printemps

Les ponts de mai constituent, chaque année, une période de vigilance pour les exploitants agricoles du Bugey. Les grandes parcelles isolées, les chemins forestiers et les accès discrets font de ce territoire un terrain prisé des organisateurs de free parties. En 2026, la crainte est amplifiée par le souvenir encore vif des événements de l’an dernier, rapporte Le Progrès dans son édition du 1er mai 2026.

Les agriculteurs concernés ne réclament pas l’impossible. Ils demandent une présence visible de la gendarmerie sur les axes secondaires dès les premiers signalements, pour éviter qu’un rassemblement ne s’installe avant que les forces de l’ordre ne puissent intervenir efficacement. L’an passé, le temps de réaction avait permis au rassemblement de dépasser plusieurs milliers de personnes avant toute intervention.

Le bilan de 2025 : cultures détruites, un décès, des blessés

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Fin mai 2025, une rave party illégale s’installe sur un terrain agricole entre Innimond et Lompnas, dans le Bugey. Dès le 30 mai, plus de 2 500 personnes sont présentes, selon Le Progrès. Le rassemblement enfle rapidement : à son pic, entre 7 000 et 9 000 fêtards occupent 15 hectares de terres, selon France 3 Régions et Le Figaro.

Dans la nuit du 30 au 31 mai, une femme de 34 ans de nationalité néerlandaise décède sur place, selon France 3 Régions. Les causes de la mort n’ont pas été précisées dans les sources disponibles. Neuf personnes sont hospitalisées. L’évacuation du site par les forces de l’ordre n’intervient que le 2 juin. Deux gendarmes sont légèrement blessés lors de cette opération, selon Le Progrès et Le Figaro.

Les dégâts agricoles sont importants : cultures et fourrage détruits sur les parcelles occupées. Des exploitants, cités par France 3 Régions, expriment leur épuisement face à ces intrusions : « On attend que ça s’arrête, que ces gens-là repartent, laissent le terrain propre et ne reviennent jamais. »

Contexte dans l’Ain

Le département de l’Ain compte environ 679 000 habitants en 2023, selon Wikipedia. Le Bugey, territoire rural au relief marqué entre Rhône et Jura, concentre une agriculture fondée sur les céréales, l’élevage bovin et la production laitière. Cette géographie - vastes parcelles, accès isolés - le rend structurellement exposé aux rassemblements non autorisés.

Le phénomène n’est pas nouveau dans le département. Dès octobre 2020, près de 400 personnes avaient dégradé un terrain loué par deux agriculteurs de l’Ain lors d’une rave clandestine, selon Ouest-France. En décembre 2025, la commune d’Apremont, toujours dans l’Ain, a pris une mesure préventive radicale : l’installation de portails pour barricader son parc éolien, après trois incidents en deux ans, selon Le Progrès. Le département compte une filière agro-forestière active, dont les espaces boisés et les clairières constituent précisément les zones les plus convoitées par les organisateurs.

Plus largement, l’Ain cumule des fragilités en matière de services publics, ce qui complique la mobilisation rapide de moyens de secours dans les zones rurales isolées - un facteur qui aggrave le risque lors de rassemblements non médicalisés de grande ampleur.

Apremont, précédent local : la solution des portails

La réponse apportée par Apremont illustre le sentiment d’abandon ressenti par certaines communes rurales face à des rassemblements que la gendarmerie peine à anticiper. Après trois raves sur son parc éolien en deux ans, le village a choisi de financer lui-même des portails d’accès, selon Le Progrès de décembre 2025. Une solution pragmatique, mais qui ne règle pas le problème des terrains agricoles ouverts, impossibles à clore sur de grandes surfaces.

Les exploitants du Bugey n’ont pas cette option. Leurs parcelles s’étendent sur des dizaines d’hectares, traversées par des chemins communaux ou forestiers auxquels ils n’ont pas la maîtrise d’accès. La prévention, selon eux, ne peut passer que par une présence renforcée des forces de l’ordre aux carrefours stratégiques dès les premiers signalements sur les réseaux sociaux.

Des signaux sur les réseaux sociaux, une réactivité attendue

Les organisateurs de free parties annoncent généralement leurs rassemblements via des canaux cryptés ou semi-publics, parfois 48 heures à l’avance. En 2025, des signaux avaient circulé avant l’installation à Lompnas, sans que cela permette une intervention préventive. Les agriculteurs demandent que ces signaux soient mieux pris en compte par les services de gendarmerie, selon Le Progrès.

La gendarmerie de l’Ain n’a pas communiqué publiquement sur les mesures prévues pour les ponts de mai 2026 à la date de publication de cet article. Le 1er mai 2026 s’est déroulé sans incident majeur dans le département, les forces de l’ordre étant mobilisées sur les cortèges syndicaux à Bourg-en-Bresse et dans trois autres villes.

Le week-end du 8 mai et le pont de l’Ascension constituent désormais les prochaines échéances redoutées par les exploitants. Les autorités n’ont pas encore précisé les mesures de prévention envisagées.

Sources

Mathieu Perret

Mathieu Perret

Mathieu est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Ain (01), avec Bourg-en-Bresse pour chef-lieu. Spécialité du département : frontière genevoise (90 000 frontaliers) et plasturgie d'Oyonnax. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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