Caen : police et préfet sensibilisent aux risques du protoxyde d’azote

Une réunion interinstitutionnelle organisée le 3 juin à l'Hôtel de Police, dans un contexte d'usages détournés en hausse dans le Calvados.

Caen : police et préfet sensibilisent aux risques du protoxyde d'azote
Illustration Julie Leroy / info.fr

La Police Nationale du Calvados a réuni le 3 juin 2026 à Caen des partenaires institutionnels pour échanger sur les risques sanitaires et sécuritaires du protoxyde d'azote. L'initiative s'inscrit dans un dispositif départemental renforcé depuis février, face à la multiplication des usages récréatifs détournés.

L’essentiel

  • Réunion le 3 juin 2026 : la Police Nationale du Calvados a organisé à l’Hôtel de Police de Caen une session de sensibilisation aux risques du protoxyde d’azote, en partenariat avec le Préfet du Calvados.
  • Partenaires mobilisés : DDTM, RATP et bailleurs sociaux ont participé à la réunion, animée par l’officier de prévention Sabrina Guillaume.
  • Arrêté préfectoral du 16 février 2026 : la détention, le transport et la consommation récréative de protoxyde d’azote sur la voie publique sont interdits dans le Calvados jusqu’au 30 juin 2026, sous peine d’amendes de 150 à 750 €.
  • 148 actions scolaires en 2025 : selon la préfecture du Calvados, elles ont touché 7 098 élèves et enseignants dans le département.
  • Saisies récentes : 23 bonbonnes saisies à Caen fin avril 2026, 6 cartons à Ifs en mars 2026.

Une réunion interinstitutionnelle à l’Hôtel de Police

Le 3 juin 2026, la Police Nationale du Calvados a tenu à l’Hôtel de Police de Caen une réunion de sensibilisation dédiée aux risques liés au protoxyde d’azote. L’initiative est menée en partenariat avec le Préfet du Calvados. Elle a réuni des acteurs institutionnels variés : la Direction Départementale des Territoires et de la Mer (DDTM), la RATP et des bailleurs sociaux.

La séance a été animée par Sabrina Guillaume, officière de prévention de la Police Nationale du Calvados, selon la page Facebook officielle de PoliceNat14. Les échanges ont porté sur les conséquences sanitaires et sécuritaires de l’usage détourné du gaz, connu sous le nom de « gaz hilarant ».

Le préfet confirme la hausse des usages détournés

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Le lendemain, le 4 juin 2026, le Préfet du Calvados a réagi publiquement sur le réseau X.

Le message confirme la mobilisation de l’État et de ses partenaires face à une pratique qui présente, selon la préfecture, des risques graves voire mortels - en particulier pour les mineurs. Parmi les effets documentés : addiction rapide, distorsions sensorielles, atteintes neurologiques, et contre-indications sévères pour les femmes enceintes.

Un arrêté préfectoral en vigueur depuis février

La réunion du 3 juin intervient dans un cadre réglementaire déjà posé. Un arrêté préfectoral signé le 16 février 2026 interdit, jusqu’au 30 juin 2026, la détention, le transport et la consommation de protoxyde d’azote à des fins récréatives sur les voies et espaces publics du Calvados. L’abandon de récipients usagés sur la voie publique est également visé. Les infractions exposent à des amendes comprises entre 150 et 750 €, selon la préfecture du Calvados.

Cet arrêté est venu unifier un dispositif déjà fragmenté : plusieurs communes du département, dont Ifs, avaient anticipé en prenant leurs propres arrêtés municipaux avant février, comme le rapportait Ouest-France. Une mobilisation préfectorale comparable a été observée dans d’autres départements face à des phénomènes de santé publique ciblant les jeunes.

Des saisies et des interventions scolaires qui se multiplient

Sur le terrain, les contrôles ont déjà donné lieu à plusieurs saisies significatives. Fin avril 2026 à Caen, deux véhicules contrôlés ont permis la saisie de 23 bonbonnes de protoxyde d’azote, selon actu.fr. En mars, la BAC avait interpellé un passager en train d’inhaler du gaz à Ifs : six cartons de bonbonnes se trouvaient dans le coffre du véhicule.

Sabrina Guillaume intervient par ailleurs régulièrement dans les établissements scolaires de l’agglomération caennaise - dont le collège Pasteur - pour sensibiliser les adolescents, selon actu.fr. En 2025, 148 actions de prévention en milieu scolaire ont été conduites dans le Calvados, touchant 7 098 élèves et enseignants, d’après le bilan sécurité 2025 de la préfecture.

Le phénomène génère aussi des risques industriels. Des explosions de bonbonnes ont été signalées au Syvedac, l’installation de traitement des déchets desservant près de 300 communes du Calvados, exposant les salariés à des dangers, selon Le Parisien.

Contexte dans le Calvados

Le Calvados (550 000 habitants environ) concentre une partie significative du phénomène normand. Caen, préfecture et pôle estudiantin, est l’une des villes les plus concernées par les usages récréatifs détournés. La multiplication des actions - arrêté préfectoral, réunions interinstitutionnelles, interventions scolaires, contrôles routiers - illustre une réponse coordonnée entre État, collectivités et acteurs sociaux.

Au niveau national, le protoxyde d’azote n’est toujours pas classé comme stupéfiant. Une proposition de loi adoptée en janvier 2025 vise à restreindre sa vente aux seuls professionnels et à renforcer les actions de prévention, selon l’Assemblée nationale. La question d’un cadre de sensibilisation élargi aux premiers secours et aux risques sanitaires se pose de façon croissante dans plusieurs territoires.

Prochaine étape

L’arrêté préfectoral arrive à échéance le 30 juin 2026. La préfecture du Calvados n’a pas encore communiqué sur une éventuelle reconduction ou adaptation du dispositif au-delà de cette date.

Sources

Julie Leroy

Julie Leroy

Julie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Calvados (14), avec Caen pour chef-lieu. Spécialité du département : Plages du Débarquement (memoire mondiale) et Caen-la-Mer. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Normandie.

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