Calais : 95 migrants orientés vers des CAES après l’évacuation du camp Virval

Les CRS ont démantelé le campement illicite du site Virval dès 8h ce mardi, en application de l'ordonnance préfectorale du 26 avril 2026.

Calais : 95 migrants orientés vers des CAES après l'évacuation du camp Virval
Illustration Thomas Vandamme / info.fr

Le préfet du Pas-de-Calais François-Xavier Lauch a ordonné l'évacuation du campement illicite du site dit du « Virval », près de l'hôpital de Calais, ce mardi 2 juin 2026. Au total, 95 personnes migrantes ont accepté une prise en charge vers des structures d'accueil (CAES). L'opération s'est déroulée sans incident, malgré une opposition pacifique d'associations.

L’essentiel

  • 2 juin 2026 : évacuation du campement illicite du site Virval (Calais), déployée dès 8h par les CRS.
  • 95 personnes ont accepté une orientation vers des CAES (Centres d’Accueil et d’Évaluation des Situations).
  • Ordonnance du 26 avril 2026 : base légale de l’opération, signée par la préfecture du Pas-de-Calais.
  • Démantèlements répétés en 2026 : 260 mises à l’abri le 30 janvier, ~163 le 11 février, puis plusieurs opérations en mai sur ce même site.
  • Heurts récents : trois migrants poignardés dans les jours précédant l’opération à proximité du site, selon La Voix du Nord.

Le déroulement de l’opération

Les CRS se sont déployés sur le site du Virval dès 8h ce mardi matin. Le terrain, une zone boisée et dégagée située au croisement de l’A16 et de la rocade portuaire, fait face à l’hôpital de Calais. L’intervention s’est appuyée sur l’ordonnance préfectorale du 26 avril 2026 pour mettre fin à l’occupation illicite.

La préfecture a annoncé 95 mises à l’abri. Toutes ont été réalisées sur la base du volontariat, les migrants acceptant une orientation vers des Centres d’Accueil et d’Évaluation des Situations (CAES). Selon le compte officiel de la préfecture sur X, l’opération « s’est déroulée dans le calme et sans incident ».

Opposition pacifique des associations

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Plusieurs organisations humanitaires - dont L’Auberge des migrants, Médecins Sans Frontières et le Secours catholique - ont tenté une opposition sous forme de sit-in, sans parvenir à bloquer le dispositif, selon Nord Littoral et La Voix du Nord.

Les associations dénoncent des démantèlements répétés menés sans préavis suffisant, qu’elles qualifient de « harcèlement ». Elles réclament l’arrêt des expulsions et la mise en place de solutions de logement adaptées. La préfecture, de son côté, justifie ces opérations par des impératifs de salubrité, de sécurité et de protection des personnes vulnérables.

Contexte sécuritaire invoqué

La préfecture a rappelé que les campements illicites alimentent la vulnérabilité des occupants et facilitent l’activité des réseaux de passeurs. L’argument sécuritaire est renforcé par des faits récents : trois migrants ont été poignardés dans les jours précédant l’opération à proximité du site Virval, selon La Voix du Nord. Ce contexte a pesé dans la décision d’agir.

D’autres opérations sont annoncées dans les prochains jours, selon la préfecture, sans que les sites visés aient été précisés à ce stade. Pour suivre l’actualité sécuritaire dans le département, voir aussi la récente intervention de la gendarmerie sur l’A1.

Contexte dans le Pas-de-Calais

Le site du Virval est un point de fixation migratoire structurel à Calais, ville qui concentre l’essentiel de la pression migratoire à destination du Royaume-Uni dans le Pas-de-Calais. Le département est traversé chaque année par des milliers de personnes en transit.

Le Virval fait l’objet de démantèlements réguliers depuis plusieurs années. En 2026 seul, le site a déjà été évacué à plusieurs reprises : le 30 janvier (260 mises à l’abri sur un camp estimé à 600-650 personnes selon ICI Nord), le 11 février (environ 163 personnes), puis lors de plusieurs opérations en mai. À chaque fois, le campement se reconstitue rapidement, faute de solution d’hébergement durable suffisante.

François-Xavier Lauch, préfet du Pas-de-Calais depuis fin 2025, a affiché publiquement l’objectif de réduire l’immigration illégale dans le département, comme il l’a déclaré en avril 2026 sur BFM TV Grand Lille. Sur la question plus large du droit au séjour, un récent arrêt du tribunal administratif de Nantes illustre les tensions juridiques autour de ces dossiers à l’échelle nationale.

Une séquence d’opérations annoncée

La préfecture du Pas-de-Calais a confirmé que l’évacuation du 2 juin s’inscrit « dans la continuité de l’action menée sur le site dit du Virval » et que d’autres interventions suivront dans les prochains jours. Les sites concernés et le calendrier précis n’ont pas été communiqués.

La question du financement et du dimensionnement des CAES pour absorber ces flux répétés n’a pas été abordée dans les communications officielles de ce jour. Le préfet Lauch, par ailleurs présent sur d’autres dossiers locaux comme les grands projets urbains à Arras, fait face à une pression migratoire qui ne faiblit pas sur le littoral du Pas-de-Calais.

Sources

Thomas Vandamme

Thomas Vandamme

Thomas est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Pas-de-Calais (62), avec Arras pour chef-lieu. Spécialité du département : premier port voyageurs Europe (Calais) et bassin minier UNESCO. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Hauts-de-France.

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