Callenelle : 14 croix en béton restaurées pour 10 000 €, un patrimoine d’après-guerre sauvé
La fabrique d'église Saint-Amand a bénéficié d'un subside wallon pour rénover ce chemin de croix érigé en 1947, qui attira jadis jusqu'à un millier de fidèles.
À Callenelle, section de Péruwelz (Hainaut), les 14 croix en béton du chemin de croix érigé après la Seconde Guerre mondiale ont été restaurées grâce à une subvention de 10 000 € de la Wallonie. Ces structures, produites localement et abandonnées depuis les années 1960, retrouvent leur état d'origine.
L’essentiel
- 10 000 € : montant du subside wallon accordé à la fabrique d’église Saint-Amand de Callenelle pour la restauration.
- 14 croix en béton réparties sur le territoire de Callenelle, érigées en 1947 par les paroissiens en vœu pour le retour des déportés.
- Jusqu’à 1 000 personnes attirées lors des processions de pénitence, abandonnées vers le milieu des années 1960.
- Décembre 2025 : annonce de la subvention par la ministre wallonne du Patrimoine Valérie Lescrenier dans le cadre du Petit Patrimoine Populaire Wallon.
Un vœu de guerre coulé dans le béton
À la Libération, les paroissiens de Callenelle ont fait un vœu : si leurs déportés rentraient, ils ériger aient un chemin de croix. En 1947, les 14 croix sortent des ateliers de l’usine locale Waroux-Simon - fondée en 1902 - et sont disposées sur le territoire du village, selon le Cercle d’histoire et d’archéologie des Deux Vernes de Péruwelz. Le béton armé, matériau de l’époque, donne à ces structures un caractère à la fois populaire et durable.
Pendant près de deux décennies, une procession de pénitence réunit les fidèles autour de ce parcours. Selon les sources historiques locales, jusqu’à un millier de personnes y participent certaines années. La procession cesse vers le milieu des années 1960, laissant les croix exposées aux intempéries.
Un subside wallon de 10 000 €
La subvention a été annoncée fin décembre 2025 par Valérie Lescrenier, ministre wallonne du Patrimoine, dans le cadre du programme Petit Patrimoine Populaire Wallon (PPPW). Elle est destinée à la Fabrique d’église Saint-Amand de Callenelle, entité juridique active qui gère le patrimoine religieux du village.
La ministre a déclaré à cette occasion : « Restaurer notre petit patrimoine, c’est bien plus qu’une opération technique. C’est un acte de transmission et de respect pour nos villages, notre mémoire collective et les générations futures. »
Le budget couvre la restauration de huit stations du chemin de croix, selon le communiqué de la ministre. Le détail des travaux réalisés sur chacune des 14 croix n’a pas été précisé publiquement à ce stade.
Contexte dans le Nord (Hainaut frontalier)
Callenelle est une section de Péruwelz, commune du Hainaut belge, qui compte environ 651 habitants selon les données disponibles. Le village se situe à quelques kilomètres de la frontière française, dans un territoire rural où le patrimoine local reste souvent pris en charge par des structures associatives ou religieuses faute de moyens communaux suffisants.
La restauration de ce chemin de croix s’inscrit dans une dynamique plus large de préservation du Petit Patrimoine Populaire Wallon, programme qui finance des éléments non classés - calvaires, fontaines, chapelles - souvent menacés d’abandon. Péruwelz et ses sections ont bénéficié de plusieurs de ces subsides ces dernières années, aux côtés de communes comme Mouscron, Tournai et Pecq, selon L’Avenir.
À titre de comparaison, d’autres lieux de mémoire liés à la Seconde Guerre mondiale font l’objet d’investissements publics bien plus importants, ce qui illustre la spécificité du PPPW : maintenir vivant un patrimoine discret, sans visibilité touristique majeure.
Un patrimoine produit localement
L’usine Waroux-Simon, qui a fabriqué les croix, était implantée à Callenelle même. Cette origine locale est documentée par le Cercle d’histoire et d’archéologie des Deux Vernes. Elle confère aux structures une valeur patrimoniale supplémentaire : elles témoignent à la fois d’un savoir-faire industriel villageois et d’un élan collectif d’après-guerre.
Le chemin de croix de Callenelle reste un exemple de ce que les historiens locaux appellent le « petit patrimoine de dévotion » : discret, non classé, mais porteur d’une mémoire communautaire précise. La restauration, couverte par Sudinfo/Nord Éclair le 3 juin 2026, redonne une visibilité à cet ensemble après des décennies d’oubli relatif.
Sources
- Sudinfo / Nord Éclair : Les 14 croix de Callenelle restaurées pour 10.000 €
- Cercle d'histoire et d'archéologie des Deux Vernes - Péruwelz : Point d'arrêt 5 : croix en béton
- Cabinet Valérie Lescrenier, Wallonie : Restaurer le patrimoine, renforcer l'identité wallonne
- L'Avenir : Des cadeaux de Noël pour le patrimoine de Mouscron, Tournai, Pecq et Péruwelz