Caluire-et-Cuire : deux retraités tués sur un passage piéton, le maire parle d’homicide

Un conducteur de 72 ans, alcoolisé et sans assurance, a fauché mortellement Claude et Geneviève le 3 mars 2026.

Caluire-et-Cuire : deux retraités tués sur un passage piéton, le maire parle d'homicide
Illustration Margaux Bernard / info.fr

Un couple de retraités, 79 et 80 ans, a été renversé et tué sur un passage protégé à Caluire-et-Cuire le 3 mars 2026. Le conducteur du Range Rover affichait 1,59 g/l d'alcool dans le sang. Le maire de la ville refuse de parler d'accident.

Il était environ 14 heures ce mardi 3 mars 2026. Claude, 80 ans, et Geneviève, 79 ans, traversaient sur un passage piéton au rond-point de la montée des Soldats et de la rue Pasteur, à Caluire-et-Cuire. Un Range Rover les a percutés de plein fouet. Tous deux sont morts des suites de leurs blessures. Très connus dans leur quartier, leur disparition a suscité une vive émotion locale, selon Lyon Mag.

Une confusion de pédales, de l’alcool et pas d’assurance

Le conducteur du SUV, un homme de 72 ans, aurait confondu la pédale d’accélérateur et celle de frein, selon Lyon Mag. Après avoir fauché le couple, son véhicule a percuté une Volkswagen Golf. La conductrice de cette dernière, âgée de 45 ans, a dû être désincarcérée.

Les premiers tests d’alcoolémie pratiqués sur place se sont révélés positifs. Le taux relevé : 1,59 gramme par litre de sang, soit plus du triple de la limite légale, selon Le Progrès et Actu.fr. L’homme circulait en outre sans assurance. Une enquête doit également déterminer s’il utilisait son téléphone au moment des faits, précise Actu.fr.

Présenté au parquet de Lyon le 27 mars 2026, le conducteur a reconnu avoir consommé de l’alcool avant de prendre le volant, toujours selon Lyon Mag. Il est poursuivi pour homicide routier aggravé. Une information judiciaire a été ouverte pour préciser l’ensemble des circonstances.

Le maire refuse le mot « accident »

Publicité

Bastien Joint, maire de Caluire-et-Cuire, a réagi publiquement début avril. Sa position est sans ambiguïté. « Ce qui s’est produit n’est pas un accident », a-t-il déclaré, selon Le Figaro. La ville a décidé de se constituer partie civile pour que la procédure judiciaire aille jusqu’à son terme.

Bastien Joint a également annoncé que les éventuels dommages et intérêts obtenus pourraient être reversés à une association d’aide aux victimes de violences routières, selon Actu.fr.

Un contexte routier préoccupant dans le Rhône

Ce drame s’inscrit dans un bilan départemental lourd pour les piétons. Entre 2018 et 2023, 74 piétons ont perdu la vie dans des accidents dans le Rhône, représentant 20 % des accidents corporels enregistrés sur cette période, selon les chiffres de la préfecture du Rhône. À l’échelle de la métropole de Lyon, le nombre total d’accidents a reculé, passant de 1 581 en 2023 à 1 291 en 2024, selon la Métropole de Lyon. Les piétons restent néanmoins le troisième groupe le plus exposé, derrière les automobilistes et les deux-roues.

Prochaine étape : l’information judiciaire ouverte doit permettre de préciser les circonstances exactes du drame, notamment la question de l’usage du téléphone. Le calendrier du procès n’a pas encore été communiqué.

Sources

Margaux Bernard

Margaux Bernard

Basée à Lyon, elle traite la métropole, les tensions sur les transports, la chimie et les débats sur la piétonnisation. Issue de Sciences Po Grenoble, elle a commencé en presse écrite. Méthode rigoureuse : interroger les élus écologistes, les syndicats, les commerçants, vérifier les budgets du SYTRAL avant de publier.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie