Saint-Étienne : l’avocat de la ville estime que l’affaire Perdriau a « abîmé l’image » de la cité

Me Baptiste Bonnet représente la nouvelle municipalité au procès en appel qui s'ouvre le 8 juin 2026 à Lyon

Saint-Étienne : l'avocat de la ville estime que l'affaire Perdriau a « abîmé l'image » de la cité
Illustration David Garnier / info.fr

À trois jours de l'ouverture du procès en appel de l'affaire Perdriau, l'avocat de la Ville de Saint-Étienne a dressé un bilan sévère. Pour Me Baptiste Bonnet, le scandale du chantage à la vidéo intime a durablement terni la réputation de la cité stéphanoise.

L’essentiel

  • Condamnation : Gaël Perdriau a été condamné le 1er décembre 2025 à 4 ans de prison ferme et 5 ans d’inéligibilité pour chantage, association de malfaiteurs et détournement de fonds publics.
  • Procès en appel : L’audience s’ouvre le 8 juin 2026 à la cour d’appel de Lyon et doit se tenir jusqu’au 12 juin.
  • Nouvel avocat : Me Baptiste Bonnet, doyen de la faculté de droit de Saint-Étienne, a été nommé en mai 2026 avocat de la Ville (partie civile), en remplacement de l’ancien conseil lyonnais.
  • Impact image : Le 5 juin 2026, Me Bonnet a déclaré sur ICI Saint-Étienne Loire : « Sur Google, vous tapez Saint-Étienne, désormais Saint-Étienne c’est le scandale ».

« Sur Google, vous tapez Saint-Étienne, c’est le scandale »

Le constat est direct. Interrogé le 5 juin 2026 par ICI Saint-Étienne Loire (ex-France Bleu), Me Baptiste Bonnet n’a pas cherché à nuancer. « Sur Google, vous tapez Saint-Étienne, désormais Saint-Étienne c’est le scandale », a-t-il déclaré. L’avocat, qui représente désormais la Ville en tant que partie civile, estime que l’affaire a durablement abîmé l’image de la commune et de ses habitants.

Me Bonnet dit vouloir « remettre Saint-Étienne et sa population au cœur du procès en appel ». Son objectif affiché : recentrer les débats sur l’intérêt général, le denier public et les conséquences concrètes pour la collectivité - et non sur les seuls protagonistes du dossier.

Rappel des faits : une condamnation lourde en première instance

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L’affaire a éclaté en 2022. Elle implique Gaël Perdriau, alors maire LR de Saint-Étienne, et plusieurs de ses proches. Le cœur du dossier : l’utilisation d’une vidéo à caractère intime pour exercer un chantage sur Gilles Artigues, son ancien premier adjoint.

Le tribunal correctionnel a rendu son verdict le 1er décembre 2025. Gaël Perdriau a été condamné à 4 ans de prison ferme, assortis d’une peine d’inéligibilité de 5 ans, avec exécution provisoire, selon Le Monde. Les chefs de condamnation incluaient le chantage, l’association de malfaiteurs et le détournement de fonds publics.

L’affaire avait déjà contraint Perdriau à quitter la mairie bien avant le verdict. La ville a depuis entamé plusieurs chantiers de remise en ordre, sous la conduite d’une nouvelle équipe municipale.

Un nouvel avocat pour une nouvelle municipalité

Me Baptiste Bonnet n’est pas un inconnu à Saint-Étienne. Doyen de la faculté de droit de l’université locale et spécialisé en droit public, il a été désigné en mai 2026 pour prendre en charge la défense des intérêts de la Ville, selon le site Mesinfos.fr. Il remplace l’ancien avocat lyonnais qui avait suivi le dossier en première instance.

Ce changement de conseil intervient après le renouvellement municipal. Régis Juanico (PS) a conduit une liste victorieuse aux élections de mars 2026, mettant fin à plusieurs décennies de gestion de droite. La nouvelle majorité entend porter une lecture différente du préjudice subi par la collectivité dans ce procès.

Me Bonnet a précisé à ICI Saint-Étienne Loire que la Ville, en tant que partie civile, souhaitait que le procès en appel aille au-delà des personnes mises en cause pour pointer les coûts institutionnels et réputationnels supportés par la commune.

Contexte dans la Loire

Saint-Étienne est la préfecture de la Loire et la commune la plus peuplée du département, avec environ 170 000 habitants. C’est aussi l’une des grandes agglomérations de la région Auvergne-Rhône-Alpes. L’affaire Perdriau a eu un retentissement national, mais ses effets locaux sont palpables : couverture médiatique saturée par le scandale, élections municipales anticipées par la démission de l’ancien maire, et débat persistant sur la gouvernance de la collectivité.

La Loire suit par ailleurs d’autres dossiers institutionnels sensibles. Le secrétaire général de la préfecture a récemment effectué une visite à Saint-Genest-Malifaux, illustrant un retour à des relations normalisées entre collectivités et État dans le département. La préfecture de la Loire gère par ailleurs d’autres urgences territoriales, dont le risque de sécheresse malgré les pluies de juin 2026.

Dans ce contexte, la tenue du procès en appel à Lyon revêt une portée symbolique pour Saint-Étienne : c’est aussi l’occasion, selon Me Bonnet, de tourner une page judiciaire et de reprendre la main sur le récit collectif.

Cinq jours d’audience à partir du 8 juin

Le procès en appel s’ouvre donc lundi 8 juin 2026 devant la cour d’appel de Lyon. Les audiences sont programmées jusqu’au 12 juin. Gaël Perdriau a indiqué, selon Le Progrès, qu’il réaffirmerait son innocence et espère « un résultat différent » en appel.

La Ville de Saint-Étienne, représentée par Me Bonnet, sera présente comme partie civile. L’avocat n’a pas précisé le montant des préjudices que la commune entend faire valoir à ce stade. La décision de la cour d’appel mettra un terme définitif - ou non - à plusieurs années d’incertitude judiciaire pour la première ville de la Loire.

Sources

David Garnier

David Garnier

David est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Loire (42), avec Saint-Étienne pour chef-lieu. Spécialité du département : Cite du Design (UNESCO design) et heritage industriel. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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