Tarn-et-Garonne : Bertelli élu président du département au bénéfice de l’âge

Jean-Claude Bertelli, 76 ans, prend la tête du conseil départemental après l'élection surprise du 13 avril 2026 à Montauban.

Tarn-et-Garonne : Bertelli élu président du département au bénéfice de l'âge
Illustration Jérôme Barthas / info.fr

Le Tarn-et-Garonne bascule à droite. Pour la première fois depuis 2015, le conseil départemental est présidé par un élu de droite. Jean-Claude Bertelli a été désigné au troisième tour, à égalité de voix avec Valérie Rabault, par le seul critère de l'ancienneté d'âge.

La séance plénière du 13 avril 2026 restera dans les annales du département. Réunis à Montauban dès 9h30, les 30 conseillers départementaux de Tarn-et-Garonne devaient élire un successeur à Michel Weill, contraint de quitter la présidence après son élection comme maire de Montbeton le 15 mars (54 % des voix au premier tour), conformément à la loi sur le non-cumul des mandats.

Un troisième tour et un critère d’âge décisif

Trois candidatures s’affrontent d’emblée : Valérie Rabault (PS), et deux candidats issus du PRG. Aucun ne réunit de majorité absolue aux deux premiers tours. Au troisième tour, seule la majorité relative suffit. Résultat : 15 voix pour Bertelli, 15 voix pour Rabault, 0 pour les autres. Le règlement tranche : c’est l’élu le plus âgé qui l’emporte. Bertelli, 76 ans, devance Rabault, 50 ans. Il est déclaré président.

Jean-Claude Bertelli est conseiller du canton Quercy-Aveyron, classé divers centre/droite. Selon France 3 Occitanie, son élection constitue une «bascule à droite» pour un département gouverné par la gauche depuis 2015. Elle a été rendue possible par le soutien du Rassemblement National au second tour, au sein d’une coalition transpartisane.

Un exécutif toujours à gauche, un risque de blocage

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L’élection du président ne règle pas tout. Selon La Dépêche du Midi, les vice-présidences ont été attribuées majoritairement à des élus PS-PRG. Michel Weill lui-même figure en 5e vice-président. Résultat : une présidence de droite cohabite avec un exécutif où la gauche reste dominante. Ce déséquilibre fait craindre un blocage institutionnel durable.

Bertelli, interrogé par Radio Totem, a déclaré : «Je n’ai pas l’intention de démissionner», et dit vouloir «rassembler pour avancer». Le soutien du RN, qu’il entend conserver, lui est pour l’instant indispensable pour gouverner.

Baylet sort du silence

La situation a aussi réveillé Jean-Michel Baylet, figure historique du PRG et ancien président du département de 1982 à 2008, puis de 2015 à 2021. Selon La Dépêche du Midi, il a vivement critiqué les socialistes, estimant qu’ils auraient dû soutenir le candidat PRG - qui était précisément le plus âgé. Il qualifie l’épisode de «crise politique».

La division en trois candidatures côté gauche a mécaniquement permis à la coalition de droite de s’imposer. Radio Totem et l’Opinion Indépendante soulignent que sans cet éclatement, l’issue aurait pu être tout autre.

Un département dans une situation inédite

Le Tarn-et-Garonne se retrouve dans une configuration sans précédent récent : un président sans majorité solide, un exécutif fragmenté, et une opposition de 15 élus de gauche unie pour ne pas avoir choisi Bertelli. Les premiers arbitrages budgétaires et politiques diront si cette gouvernance peut tenir dans la durée.

Prochaine étape : une session plénière était prévue dès le 14 avril 2026, au lendemain de l’élection, pour les premiers travaux de la nouvelle gouvernance, selon YouTube/Conseil départemental.

Sources

Jérôme Barthas

Jérôme Barthas

Correspondant à Montauban, suit l'agriculture fruitière, les tensions sur l'eau, les débats sur la viticulture et les projets routiers. Formé à l'IJBA Bordeaux, il a grandi dans le Tarn-et-Garonne. Posture éditoriale : interroger les arboriculteurs, les syndicats agricoles, les élus, vérifier les données de consommation d'eau avant de conclure.

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