60 cambriolages, 49 communes : un réseau familial démantelé en Indre-et-Loire
Quatre hommes d'une même famille condamnés le 29 avril 2026 à Tours après une enquête combinant ADN, téléphonie et vidéosurveillance
Père, fils et deux neveux originaires des Balkans ont été condamnés le 29 avril 2026 par le tribunal correctionnel de Tours pour plus de 60 cambriolages commis dans 49 communes d'Indre-et-Loire entre mai 2023 et mars 2026. L'enquête, lancée à l'été 2025, a mobilisé analyses ADN, données téléphoniques et vidéosurveillance.
Père, fils et deux neveux originaires des Balkans, âgés de 28 à 48 ans : quatre membres d’une même famille ont été condamnés le 29 avril 2026 au tribunal correctionnel de Tours pour une série de plus de 60 cambriolages de commerces et d’habitations répartis dans 49 communes d’Indre-et-Loire, ainsi que dans le Loir-et-Cher et la Maine-et-Loire. Les peines vont de 12 mois avec sursis à 24 mois de prison ferme. Trois des quatre condamnés sont en détention provisoire.
L’essentiel
- 60 cambriolages : commis dans 49 communes d’Indre-et-Loire entre mai 2023 et mars 2026, ainsi que dans le Loir-et-Cher et la Maine-et-Loire.
- Interpellation le 3 mars 2026 : dans la banlieue de Tours, par la BR d’Amboise, le GELAC, l’EDCF, le CELTIF et le NTECH.
- Condamnations le 29 avril 2026 : peines de 12 mois avec sursis à 24 mois ferme au tribunal correctionnel de Tours.
- Saisies : 3 camping-cars volés, 2 véhicules, 1 pistolet, 16 fausses identités, 1 200 euros en espèces.
- Quatre OQTF prononcées par la préfecture à l’issue de la procédure.
Un mode opératoire nocturne et méthodique
Les faits s’étalent de mai 2023 à mars 2026. Selon la Gendarmerie nationale et La Nouvelle République, le groupe opérait de nuit, équipé de barres de fer, de masques et de lampes frontales. Les cibles variaient : pharmacies, Restos du Cœur, antennes de la Croix-Rouge, guinguettes, auto-écoles, salons de coiffure, fromageries. Les vols portaient sur des véhicules, du carburant et des espèces.
Un premier membre du groupe avait été interpellé et incarcéré dès le 31 décembre 2025 à Tours, selon la Gendarmerie nationale. Un receleur a été arrêté le 4 mars 2026, le lendemain de l’interpellation principale.
Une enquête lancée à l’été 2025
La Brigade de recherches (BR) d’Amboise ouvre l’enquête à l’été 2025. Plusieurs unités spécialisées sont mobilisées : le GELAC (groupe d’enquête sur les atteintes aux collectivités), l’EDCF, le CELTIF et le NTECH, chargé de l’exploitation numérique et téléphonique.
Les enquêteurs croisent trois types de données : relevés ADN sur les scènes de crime, images de vidéosurveillance et données de téléphonie mobile. C’est cette combinaison qui permet d’identifier les quatre hommes et de les relier à la série.
L’opération d’interpellation a lieu le 3 mars 2026 dans la banlieue de Tours. Les perquisitions permettent de saisir trois camping-cars volés, deux véhicules, des outils de cambriolage, un pistolet, 1 200 euros en espèces et 16 fausses pièces d’identité, selon le communiqué officiel de la Gendarmerie nationale.
Le jugement du 29 avril 2026
Moins de deux mois après leur arrestation, les quatre hommes comparaissent devant le tribunal correctionnel de Tours. Le parquet de Tours a communiqué sur le jugement rendu.
Les peines prononcées vont de 12 mois avec sursis pour le moins impliqué à 24 mois de prison ferme pour les membres les plus actifs du groupe, selon La Nouvelle République. Trois des quatre condamnés restent en détention provisoire à l’issue de l’audience. La préfecture d’Indre-et-Loire a par ailleurs prononcé quatre obligations de quitter le territoire français (OQTF).
Des affaires similaires impliquant des réseaux organisés identifiés après de longues enquêtes illustrent la montée en puissance des outils forensiques dans les procédures judiciaires régionales.
Contexte dans l’Indre-et-Loire
Cette affaire s’inscrit dans un contexte de pression sécuritaire persistante sur le département. En 2025, l’Indre-et-Loire a enregistré 2 453 cambriolages de logements, en légère baisse de 2,1 % par rapport à 2024, selon les chiffres publiés par la préfecture et relayés par La Nouvelle République. Mais la tendance sur le long terme reste préoccupante : la hausse est continue depuis 2016.
Le taux départemental atteint 7,3 cambriolages pour 1 000 habitants, au-dessus de la moyenne nationale. La lutte contre les cambriolages a été désignée priorité n°1 par le préfet d’Indre-et-Loire pour 2026, selon les données du plan d’action départemental de la sécurité et de la qualité de la vie.
Le démantèlement de ce groupe familial constitue l’un des résultats les plus significatifs de cette stratégie. À titre de comparaison, d’autres départements ont également renforcé leurs dispositifs face à des séries d’infractions organisées, en associant gendarmerie et acteurs locaux.
La dispersion géographique des faits - 49 communes sur l’ensemble du territoire de Touraine, débordant sur deux départements voisins - a compliqué la coordination des enquêtes avant la centralisation par la BR d’Amboise. Les communes touchées s’étendent bien au-delà de la métropole tourangelle, atteignant des bourgs ruraux où la capacité de vidéosurveillance est plus limitée.
Un arsenal de fausses identités
La saisie de 16 fausses pièces d’identité lors des perquisitions du 3 et 4 mars 2026 pointe une organisation préméditée. Ces documents, combinés à l’usage de véhicules volés pour se déplacer entre les communes, suggèrent une logistique rodée sur plusieurs années, selon les éléments communiqués par la Gendarmerie nationale.
Le pistolet découvert lors des saisies n’a pas été mis en lien direct avec les cambriolages dans les communications officielles à ce stade. Son usage éventuel reste à préciser.
La question du recel, avec l’arrestation d’un cinquième individu le 4 mars 2026, indique que le réseau disposait de débouchés pour écouler une partie du butin. Les suites judiciaires concernant ce receleur n’ont pas encore été précisées publiquement.
Des victimes aux profils atypiques
La liste des établissements ciblés distingue cette série d’autres affaires de cambriolage en série. Aux côtés de commerces classiques figurent des structures associatives : Restos du Cœur, Croix-Rouge. Ces intrusions dans des locaux d’aide alimentaire et sociale ont été signalées dans les médias régionaux comme un élément particulièrement remarqué par les enquêteurs et les élus locaux. Les fromageries et guinguettes, souvent localisées en zone périurbaine ou rurale, illustrent également la mobilité du groupe sur l’ensemble du département.
Ce type d’affaire, où des interventions coordonnées permettent de neutraliser des situations complexes, met en lumière l’importance de la coopération entre unités spécialisées de la gendarmerie.
La condamnation prononcée le 29 avril clôt la procédure pénale principale. L’exécution des quatre OQTF et les suites du dossier concernant le receleur constitueront les prochains actes de cette affaire.
Sources
- Gendarmerie nationale : Indre-et-Loire : démantèlement d'une équipe impliquée dans une série de cambriolages
- La Nouvelle République : Cambriolages dans quarante-neuf communes d'Indre-et-Loire : des peines jusqu'à deux ans de prison ferme
- La Nouvelle République : ADN, téléphonie, surveillance : une enquête fleuve pour confondre quatre pilleurs de commerces en Indre-et-Loire
- Préfecture d'Indre-et-Loire : PADRSQ – Ce que disent les chiffres 2025