Caméras dans les parcs de Sotteville : sécurité ou surveillance ?

L'installation de caméras dans les parcs publics de Sotteville-lès-Rouen divise riverains et élus à quelques mois des municipales.

Caméras dans les parcs de Sotteville : sécurité ou surveillance ?
Illustration Céline Vasseur / info.fr

À Sotteville-lès-Rouen, le déploiement de caméras de surveillance dans les espaces verts fait débat. D'un côté, la mairie met en avant la lutte contre les incivilités. De l'autre, des habitants s'alarment pour leur vie privée.

Tout est parti d’une caméra mobile. En 2024, la ville de Sotteville-lès-Rouen a investi 100 000 euros dans un dispositif anti-dépôts sauvages : une brigade environnement et une caméra mobile déployée dans les parcs et espaces verts, selon Paris-Normandie. La Métropole Rouen Normandie a de son côté installé quatre caméras mobiles sur son territoire, dont une à Sotteville, pour surveiller les espaces publics, comme elle l’a indiqué sur sa page Facebook officielle. Depuis, la question a débordé du cadre strictement environnemental.

Des riverains qui posent des limites

Sur les réseaux sociaux, le ton monte. Des voix s’élèvent contre l’extension de la vidéosurveillance aux espaces de vie quotidienne que sont les parcs. Un internaute résume l’argument central :

La question de la légalité du dispositif est aussi soulevée. Certains signalent des installations sans signalétique réglementaire :

Plus largement, des incidents ailleurs en France alimentent la méfiance. Le cas d’un collectif ayant eu accès à des images de vidéosurveillance municipales circule sur X :

Une efficacité réelle mais limitée

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Les études disponibles tempèrent les promesses sécuritaires. Selon La Dépêche, la vidéosurveillance produit un effet dissuasif mesurable sur les atteintes aux biens - baisse de 16 à 25 % - mais son impact reste incertain dans les espaces ouverts comme les parcs. Près d’un dispositif sur deux serait sans effet significatif à l’échelle nationale. Dans les quartiers résidentiels et les espaces verts, la délinquance tendrait surtout à se déplacer vers des zones moins surveillées.

La Métropole Rouen Normandie, consciente des limites techniques actuelles, étudie des caméras de « seconde génération » pour faciliter le tri des images et simplifier les procédures d’exploitation, toujours selon sa communication officielle.

Un contexte régional et politique chargé

Sotteville-lès-Rouen ne se pose pas cette question dans le vide. À Rouen, le parc de caméras est passé de moins de 50 unités à 88 fin 2022, puis à 118 en 2025, avec dix nouvelles financées par le Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD), selon actu.fr. À quelques kilomètres, Le Grand-Quevilly a annoncé 30 caméras supplémentaires pour atteindre 85 à 90 unités d’ici 2026, selon Paris-Normandie.

À Sotteville même, une concertation publique sur la requalification du parc Marcel Lods s’est tenue le 28 janvier 2025. Les questions de sécurité et de surveillance y ont été abordées, selon le compte-rendu publié par la mairie. Le sujet s’invite désormais dans la campagne des municipales 2026 : selon Tendance Ouest, la sécurité figure parmi les préoccupations majeures des habitants, et le débat sur la vidéosurveillance dans les espaces publics n’est pas près de s’éteindre.

Sources

Sébastien Duval

Sébastien Duval

Correspondant à Rouen, suit le port, les tensions sur la pétrochimie, l'industrie pharmaceutique et les débats sur la pollution de l'air. Formé à l'ESJ Lille, il a commencé en PQR normande. Conviction : interroger les syndicalistes, les élus, les associations environnementales, croiser les rapports Atmo avant de conclure.

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