Canada : une ingénieure arrêtée pour espionnage présumé au QG de l’OTAN
Biwei Zhang, 32 ans, travaillait au département informatique du siège militaire de l'alliance à Mons. Ottawa lance une enquête sur ses processus de vérification de sécurité.
Une Canadienne de 32 ans a été arrêtée le 26 juillet en Belgique pour espionnage présumé au profit de la Chine. Biwei Zhang occupait un poste sensible au quartier général militaire de l'OTAN depuis juillet 2025. L'affaire révèle des failles potentielles dans les contrôles de sécurité canadiens.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Biwei Zhang, 32 ans, arrêtée le 26 juillet 2026 à Mons pour espionnage présumé au profit de la Chine au QG militaire de l'OTAN
- Zhang travaillait au département informatique de SHAPE depuis juillet 2025 et avait occupé des postes à l'Agence spatiale canadienne et Statistique Canada
- Sa détention préalable prolongée d'un mois le 28 juillet appel en cours avec décision attendue sous deux semaines
- Le ministre canadien Gary Anandasangaree a lancé une enquête sur les processus de vérification de sécurité du SCRS et d'Affaires mondiales Canada
- En 2023-2024, Zhang avait été sanctionnée pour fraude après avoir soumis deux candidatures simultanées sous différentes adresses à l'Agence des services frontaliers
Biwei Zhang, ingénieure systèmes canadienne d’origine chinoise, a été arrêtée le 26 juillet 2026 à Mons en Belgique pour espionnage présumé au profit de la Chine, selon CBC News et The Globe and Mail. La trentenaire travaillait au département informatique du quartier général militaire suprême de l’OTAN (SHAPE) depuis juillet 2025.
Son arrestation fait suite à des signalements de la sécurité de l’OTAN concernant des comportements jugés suspects : questions inhabituelles et présences répétées près d’installations sensibles, selon le parquet fédéral belge et la BBC News. Sa détention préalable a été prolongée d’un mois le 28 juillet. Zhang a formé appel, avec une décision attendue dans les deux semaines, rapporte Reuters.
Un parcours dans des agences fédérales sensibles
Avant son affectation à l’OTAN, Zhang avait occupé plusieurs postes au sein d’organismes canadiens stratégiques. Elle a travaillé à l’Agence spatiale canadienne en mai 2022, à Statistique Canada entre avril 2018 et octobre 2022, et au Conseil national de recherches en 2017, selon CBC News et The Globe and Mail.
Son CV mentionne également des passages à l’Organisation mondiale du commerce en 2023 et à l’Agence spatiale européenne comme analyste politique, précise CBC News. Zhang est diplômée de l’Université York (baccalauréat en économie, 2019) et de l’Université d’Ottawa (maîtrise en informatique et ingénierie des systèmes, 2022).
En 2023-2024, la Commission de la fonction publique du Canada avait constaté que Zhang avait commis une fraude en présentant deux candidatures simultanées à l’Agence des services frontaliers sous différentes adresses électroniques, révèle The Globe and Mail.
Des questions sur les processus de vérification canadiens
L’affaire soulève des interrogations majeures sur les mécanismes de contrôle de sécurité au Canada. La vérification de Zhang pour son poste à l’OTAN a été effectuée par Affaires mondiales Canada en collaboration avec le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), selon The Globe and Mail et la BBC News.
Le ministre canadien de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, a annoncé le déclenchement d’une enquête sur les processus de vérification de sécurité suite à cette arrestation, rapportent CBC News et la BBC. La GRC a déclaré qu’elle appuierait l’enquête belge, tandis que le SCRS a affirmé que ses agences maintiennent de solides relations avec leurs partenaires pour contrer les menaces de sécurité.
Contexte international : la menace chinoise sur les infrastructures de défense
Cette arrestation intervient dans un contexte de tensions accrues entre les pays occidentaux et Pékin sur les questions d’espionnage et de sécurité. Des sources de sécurité nationale canadiennes citées par The Globe and Mail identifient la Chine comme la tierce nation pour laquelle Zhang aurait travaillé.
L’affaire met en lumière les préoccupations croissantes des alliés de l’OTAN concernant les tentatives d’infiltration de leurs infrastructures de défense par des puissances étrangères. Le quartier général de SHAPE à Mons coordonne les opérations militaires de l’alliance atlantique et abrite des informations stratégiques sensibles.
Pour la France et ses partenaires européens, cette affaire rappelle la vulnérabilité des systèmes de sécurité collective face aux menaces hybrides. Elle intervient alors que l’OTAN a renforcé sa posture de défense face aux risques multiformes, tant conventionnels que cybernétiques.
Prochaines étapes judiciaires
La justice belge examine actuellement l’appel de Zhang contre sa détention prolongée. Les autorités canadiennes poursuivent leur enquête interne pour déterminer si d’autres failles existent dans leurs processus de filtrage de sécurité.
L’affaire pourrait avoir des répercussions diplomatiques entre Ottawa et Pékin, déjà tendues depuis plusieurs années sur des questions de sécurité nationale et d’ingérence étrangère. Les résultats de l’enquête canadienne sont attendus dans les prochains mois.
