Le Canada investit 2 milliards $ dans sa défense et vise 5 % du PIB d’ici 2035
Mark Carney a annoncé mercredi un partenariat avec General Dynamics pour produire 190 véhicules blindés supplémentaires. Ottawa atteint l'objectif OTAN de 2 % et veut doubler la mise.
Le Premier ministre canadien Mark Carney a dévoilé le 16 juillet un plan de renforcement des capacités militaires du pays. Au cœur de l'annonce un investissement de 2 milliards de dollars sur quatre ans pour produire 190 véhicules blindés de soutien au combat, portant la flotte nationale à 550 unités.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le Canada investit 2 milliards de dollars sur quatre ans dans un partenariat avec General Dynamics Land Systems-Canada pour produire 190 véhicules blindés de soutien au combat.
- La flotte canadienne de véhicules blindés passera de 360 à 550 unités, selon le communiqué officiel du gouvernement.
- Ottawa a atteint pour la première fois depuis la guerre froide l'objectif de 2 % du PIB consacré aux dépenses militaires de l'OTAN.
- Le gouvernement Carney vise 5 % du PIB investi dans la défense d'ici 2035, avec une étape intermédiaire de 4 % en 2030.
- Les véhicules seront fabriqués à l'usine de General Dynamics à London, en Ontario, par des travailleurs canadiens.
Le Premier ministre canadien Mark Carney s’est rendu à London, dans le sud-ouest de l’Ontario, pour annoncer mercredi un investissement de près de 2 milliards de dollars dans les capacités de défense du pays. Le gouvernement a scellé un partenariat avec General Dynamics Land Systems-Canada pour la fabrication de 190 nouveaux véhicules blindés de soutien au combat (VBSC) sur quatre ans, selon le communiqué officiel du gouvernement du Canada.
Ces véhicules, conçus, fabriqués et assemblés par des travailleurs canadiens à l’usine de London, porteront la flotte nationale de VBSC de 360 à 550 unités, rapporte Global News. L’annonce intervient alors que le Canada vient d’atteindre pour la première fois depuis la fin de la guerre froide l’objectif de 2 % du PIB consacré aux dépenses militaires fixé par l’OTAN.
Un objectif de 5 % du PIB d’ici 2035
Mark Carney a fixé un cap encore plus ambitieux : porter les dépenses de défense à 5 % du PIB canadien d’ici 2035, selon TVA Nouvelles. «Nous allons réinvestir pour rebâtir les Forces armées canadiennes», a déclaré le Premier ministre lors de son allocution. Le gouvernement prévoit déjà dans son cadre budgétaire d’atteindre 3,5 % du PIB consacré à la défense d’ici 2035, a-t-il précisé.
Cette montée en puissance des investissements militaires s’inscrit dans un contexte géopolitique jugé instable par Ottawa. «Si nous voulons un monde plus sûr, nous avons besoin d’un Canada plus fort», a affirmé Mark Carney, cité par BFMTV.
Un contrat pour l’industrie ontarienne
Le partenariat avec General Dynamics Land Systems-Canada représente un soutien direct à l’emploi local dans le sud-ouest de l’Ontario. L’usine de London, qui produit déjà des véhicules blindés pour les Forces armées canadiennes, verra son activité renforcée par ce contrat pluriannuel.
Les nouveaux VBSC viendront renforcer les capacités opérationnelles des Forces armées canadiennes sur le terrain. Ces véhicules polyvalents assurent le transport de troupes, l’appui-feu et le soutien logistique dans différents environnements de combat.
Contexte au Canada
Le Canada, deuxième pays au monde par sa superficie avec plus de 40 millions d’habitants, est membre fondateur de l’OTAN depuis 1949. Les Forces armées canadiennes comptent environ 68 000 militaires actifs de la Force régulière. Le pays partage avec les États-Unis la plus longue frontière terrestre non militarisée du monde, s’étendant sur près de 9 000 kilomètres.
Les dépenses militaires canadiennes ont longtemps fait débat au sein de l’Alliance atlantique. Avant 2026, Ottawa consacrait moins de 1,5 % de son PIB à la défense, selon les données de l’OTAN. L’atteinte récente du seuil de 2 % marque un tournant dans la politique de défense du pays.
Une stratégie d’autonomie industrielle
Au-delà du volume financier, ce contrat illustre la volonté d’Ottawa de renforcer son autonomie stratégique en matière de défense. En privilégiant la production nationale, le gouvernement Carney cherche à consolider la chaîne d’approvisionnement militaire du pays et à réduire sa dépendance vis-à-vis des importations d’équipements.
Cette annonce s’inscrit dans une stratégie industrielle de défense plus large, qui pourrait inclure d’autres investissements dans les prochains mois. Le Premier ministre a laissé entendre que d’autres mesures seraient dévoilées pour moderniser l’ensemble des capacités militaires canadiennes, de la marine à l’aviation en passant par la cyberdéfense.
