Canet-en-Roussillon : trois arrestations pour traite d’êtres humains, huit migrants exploités à 2 €/h

Un réseau opérant entre les Pyrénées-Orientales et la Haute-Garonne démantelé le 16 avril 2026, trois suspects devant le tribunal le 11 juin.

Canet-en-Roussillon : trois arrestations pour traite d'êtres humains, huit migrants exploités à 2 €/h
Illustration Jordi Serrat / info.fr

Huit migrants en situation irrégulière travaillaient pour 2 euros de l'heure dans deux restaurants et une exploitation agricole. Logés sans eau ni électricité, menacés et victimes de violences, ils ont été libérés après une opération de l'OLTIM de Perpignan. Trois suspects sont placés sous contrôle judiciaire.

L’Office de lutte contre le trafic illicite de migrants (OLTIM) de Perpignan a procédé à trois arrestations le 16 avril 2026, au terme d’une enquête ouverte en mai 2025. Le point de départ : une note de renseignements signalant aide au séjour irrégulier, travail dissimulé et traite d’êtres humains, selon L’Indépendant. L’opération a mobilisé plusieurs partenaires, dont l’URSSAF et la MSA.

Deux restaurants et un champ, même logique

Le réseau couvrait trois sites : un restaurant à Canet-en-Roussillon (66), une exploitation agricole à Saint-Hippolyte (66) et un restaurant à Saint-Alban (31). Huit victimes, toutes en situation irrégulière, y étaient employées sans déclaration. Selon France 3 Régions, certaines percevaient 2 euros de l’heure. À Saint-Hippolyte, leur logement était dépourvu d’eau potable et d’électricité. Des menaces et des violences avec armes ont également été rapportées par les victimes, selon L’Indépendant.

Le procureur de Perpignan Jérôme Bourrier a résumé la situation sans détour : « Les auditions des victimes confirmaient en tout point les investigations ; outre la non-déclaration de ces derniers, il était établi qu’ils étaient serviables à souhait pour une rémunération de seulement 2 euros de l’heure pour certains. » (actu.fr)

Saisies et charges multiples

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Lors des perquisitions, les autorités ont récupéré 14 500 euros en liquide, une Porsche, un scooter, trois téléphones Apple et plusieurs armes à feu, dont une potentiellement utilisée pour les violences, selon L’Indépendant. L’entrepreneur principal était déjà connu des services pour des faits similaires, rapporte actu.fr.

Les trois suspects répondent de plusieurs chefs : aide au séjour en bande organisée, travail dissimulé en bande organisée, traite d’êtres humains, violences volontaires avec arme et détention illégale d’arme. Ils ont été placés sous contrôle judiciaire. Cette affaire n’est pas sans rappeler d’autres dossiers d’exploitation de personnes vulnérables traités par les juridictions françaises, comme la mise en examen récente de quatre suspects en Haute-Corse dans un contexte de violences liées à des réseaux.

Un département sous pression migratoire

Les Pyrénées-Orientales constituent un territoire frontalier particulièrement exposé. En 2025, 8 335 étrangers en situation irrégulière y ont été interpellés, soit une hausse de 5 % par rapport à 2024, selon L’Indépendant. Dans le même temps, 6 filières de passeurs ont été démantelées et 172 trafiquants poursuivis, en hausse de 46 %. Cette affaire illustre un volet moins visible du phénomène : l’exploitation économique une fois les personnes sur le territoire. Elle soulève des questions comparables à celles que posent d’autres dossiers impliquant des contrôles préfectoraux renforcés dans le secteur agricole en régions rurales.

L’URSSAF et la MSA, associées à l’opération, ont relevé les infractions au droit du travail. Le nombre exact de victimes prises en charge et les suites de leur situation administrative n’ont pas été précisés à ce stade par le parquet.

Prochaine étape : les trois suspects comparaîtront devant le tribunal de Perpignan le 11 juin 2026, selon franceinfo.

Sources

Jordi Serrat

Jordi Serrat

Basé à Perpignan, traite l'agriculture fruitière, les tensions sur l'eau, le tourisme balnéaire et les débats sur la langue catalane. Formé à l'IJBA Bordeaux, il a grandi dans les Pyrénées-Orientales. Posture éditoriale : interroger les arboriculteurs, les associations culturelles, les élus, vérifier les données de consommation d'eau avant de publier.

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