Dordogne : 160 biches et sangliers abattus dans une ancienne ferme-auberge sur ordre de la préfecture

La préfète Marie Aubert a ordonné l'opération le 21 avril à Mazeyrolles, après des violations répétées des normes sanitaires et environnementales.

Dordogne : 160 biches et sangliers abattus dans une ancienne ferme-auberge sur ordre de la préfecture
Illustration Aurélie Lacoste / info.fr

Cent soixante biches et sangliers ont été abattus mardi 21 avril 2026 à Mazeyrolles, dans l'ancienne ferme-auberge Le Gaulois. La préfecture de Dordogne a actionné la procédure de police administrative après l'échec de mises en demeure lancées en 2025. L'opération mobilisait gendarmerie, OFB et lieutenants de louveterie.

L’ancienne ferme-auberge Le Gaulois, au lieu-dit Fontenille, ne reçoit plus de visiteurs depuis fin 2025. Son propriétaire a pris sa retraite, laissant sur les 41 hectares du domaine un cheptel de biches et de sangliers sans prise en charge réglementaire. Selon France Bleu et Sud Ouest, des mises en demeure avaient été adressées en 2025 pour des violations graves et répétées des règles de protection de l’environnement, de santé animale et de sécurité sanitaire. Aucune mise en conformité n’a suivi.

Une opération coordonnée par plusieurs services de l’État

Le mardi 21 avril 2026, la préfète de la Dordogne Marie Aubert a signé des arrêtés en procédure de police administrative. L’abattage a été coordonné par la DDETSPP, avec la participation de la gendarmerie, de l’Office français de la biodiversité (OFB), de lieutenants de louveterie et d’une entreprise mandatée, selon France Bleu. Les services sont restés sur place toute la journée. Au total, 160 animaux ont été abattus.

Ce type d’intervention préfectorale n’est pas sans précédent en Dordogne. En novembre 2025, la police administrative avait déjà été mobilisée dans d’autres contextes locaux. En Dordogne même, 24 000 canards avaient été abattus à Vergt après un foyer de grippe aviaire, et un cheptel bovin avait été éliminé à Eyzerac pour tuberculose bovine en juin 2025, selon France Info et la préfecture.

Un site touristique devenu problème sanitaire

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Le Gaulois était autrefois connu pour ses animaux en liberté, sa cuisine au feu de bois et ses produits fermiers, selon le Petit Futé. La fermeture du site fin 2025 a laissé les animaux sans cadre légal d’exploitation ni suivi vétérinaire conforme. C’est ce vide réglementaire, conjugué à l’absence de réponse du propriétaire aux injonctions de 2025, qui a conduit à l’abattage.

La préfète Marie Aubert avait déclaré en juin 2025, dans le cadre du dossier tuberculose bovine d’Eyzerac : « Mon devoir, c’est de protéger tous les élevages de bovins de la Dordogne », selon France Bleu. La même logique de prévention des risques sanitaires écologiques a guidé la décision à Mazeyrolles. Le devenir du site n’a pas été précisé par la préfecture à ce stade. Aucune étape publique ultérieure n’a été annoncée, selon Sud Ouest.

Sources

Aurélie Lacoste

Aurélie Lacoste

Basée à Périgueux, elle traite le tourisme en Dordogne, les tensions autour des résidences secondaires, la truffe et les fermetures de classes rurales. Diplômée de l'IJBA Bordeaux, elle a travaillé en radio avant de rejoindre la rédaction web. Ligne éditoriale : interroger les professionnels du tourisme, les enseignants, les élus, croiser les données de fréquentation avant de conclure.

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