Canicule dans les Deux-Sèvres : à Lezay, les agriculteurs moissonnent la nuit
Un arrêté préfectoral interdit les récoltes de 12h à 19h jusqu'au 26 juin. Les exploitants de Lezay s'organisent pour travailler après le coucher du soleil.
Face à une canicule qui a placé les Deux-Sèvres en vigilance rouge, le préfet a interdit les travaux agricoles aux heures les plus chaudes. À Lezay, des agriculteurs ont adapté leur calendrier ils moissonnent désormais la nuit pour préserver leur santé et éviter les incendies.
L’essentiel
- Fait 1 : Un arrêté préfectoral interdit les récoltes entre 12h et 19h du 20 au 26 juin 2026 dans les Deux-Sèvres.
- Fait 2 : Les agriculteurs de Lezay moissonnent la nuit pour respecter la restriction et éviter les risques d’incendie.
- Fait 3 : Les chantiers de BTP sont autorisés à débuter dès 6h du matin pour limiter l’exposition à la chaleur.
- Fait 4 : Plusieurs départements de Nouvelle-Aquitaine ont adopté des restrictions similaires.
- Fait 5 : Les agriculteurs doivent disposer de moyens d’extinction et d’un outil de travail du sol sur leur chantier.
Depuis samedi 20 juin 2026, les Deux-Sèvres subissent un épisode caniculaire exceptionnel. Le département a été placé en vigilance orange puis rouge par Météo-France. Pour protéger la santé des salariés agricoles et prévenir les départs de feu, le préfet a pris un arrêté interdisant tout travail de récolte entre midi et 19 heures, jusqu’au 26 juin.
Ce qui s’est passé : un arrêté historique face à la canicule
L’arrêté préfectoral, publié sur le site de la préfecture des Deux-Sèvres, vise explicitement les travaux de moisson, de fenaison et de récolte des céréales. Il s’applique à toutes les exploitations du département. Les autorités justifient cette mesure par des conditions jugées « alarmantes pour le risque de feux de récoltes », comme l’avait déjà signalé La Nouvelle République dès le 11 juin.
En complément, le préfet a autorisé les chantiers de BTP à débuter dès 6 heures du matin, afin de concentrer le travail sur les heures les plus fraîches. Une adaptation qui témoigne de la volonté de concilier activité économique et sécurité des personnes.
« On n’a pas le choix » : le témoignage d’un agriculteur de Lezay
À Lezay, commune rurale du sud des Deux-Sèvres, les moissonneuses-batteuses tournent désormais à des horaires inhabituels. « Sa moissonneuse à l’arrêt à midi, il travaille la nuit », rapportait La Nouvelle République dans un article mis en ligne lundi 22 juin. Le journal a relayé l’expérience d’un exploitant local qui a réorganisé son planning : récolte de 5 heures à 11 h 30, puis reprise après 19 heures jusqu’à tard dans la nuit.
Interrogé par le quotidien régional, l’agriculteur explique qu’il n’y a « pas d’autre solution » : les épis doivent être coupés à maturité, et la fenêtre météo est courte. Travailler la nuit impose des contraintes supplémentaires : éclairage des engins, vigilance accrue face à la fatigue, et adaptation des équipes.
Les mesures de sécurité obligatoires
L’arrêté préfectoral ne se contente pas de fixer des horaires. Il impose aux exploitants de disposer de moyens d’extinction et d’un outil de travail du sol sur chaque chantier de récolte. Objectif : intervenir immédiatement en cas de départ de feu, fréquent lors des moissons en période de sécheresse. Des conditions similaires ont été appliquées dans d’autres départements confrontés à la canicule, comme en Saône-et-Loire ou dans la Loire.
Contexte dans les Deux-Sèvres
Avec près de 5 500 exploitations agricoles recensées, les Deux-Sèvres sont un département fortement céréalier. La moisson d’été, débutée mi-juin, coïncide cette année avec un pic de chaleur précoce. La préfecture rappelle que le département a déjà connu des incendies de récoltes lors des canicules de 2019 et 2022. En 2025, des agriculteurs de Charente voisine avaient déjà expérimenté les moissons de nuit pour contourner des restrictions similaires, selon Charente Libre. L’adaptation des horaires devient une réponse récurrente face à des étés plus chauds.
D’autres départements de Nouvelle-Aquitaine ont pris des arrêtés comparables mais avec des horaires différents : la Charente-Maritime a interdit les récoltes entre 14h et 19h, rapportent La Nouvelle République et Sud Ouest. Le phénomène dépasse donc le cadre local et illustre une transformation durable des pratiques agricoles.
Et dans les départements voisins ?
L’adaptation des agriculteurs n’est pas isolée. En Charente, des exploitants moissonnent jusqu’à 3 heures du matin pour respecter les interdictions diurnes, évoquant des conditions « extrêmes » dans les colonnes de Charente Libre. Dans le même temps, des départements comme la Seine-Maritime ont fermé des écoles et interdit des événements face à la canicule rouge. La gestion de ces épisodes climatiques devient un enjeu national, mobilisant préfectures et services de secours.
Les agriculteurs de Lezay espèrent que la canicule faiblira après le 26 juin, date de fin de l’arrêté. Mais les prévisions météorologiques annoncent des températures encore élevées pour les jours suivants. La prochaine étape sera de savoir si le préfet prolongera les restrictions ou si les exploitants pourront retrouver un rythme diurne traditionnel.