Canicule historique en Gironde : record absolu de 43,8°C enregistré au Cap Ferret ce mardi
La Gironde a connu mardi 23 juin la journée la plus chaude jamais mesurée en France, avec un pic à 43,8°C au Cap Ferret. Vigilance rouge, baccalauréat reporté, habitants sous pression.
Mardi 23 juin 2026, la Gironde a été frappée par une canicule historique. Un record absolu de 43,8°C a été enregistré à la station du Cap Ferret. Bordeaux a atteint 42,5°C. Le département est placé en vigilance rouge. Des mesures d'urgence sont en vigueur.
L’essentiel
- Record absolu : 43,8°C au Cap Ferret le 23 juin 2026, nouveau record pour la station (source Météo-France).
- Bordeaux : 42,5°C à Mérignac, 44,6°C à la station Paulin (source Météo-France).
- Vigilance rouge : toute la Gironde placée en alerte maximale dès le 21 juin (préfecture).
- Bac reporté : les épreuves de l’après-midi ont été décalées dans les lycées de Blaye et Libourne (académie de Bordeaux).
- Indicateur national : 29,8°C de moyenne, journée la plus chaude jamais enregistrée en France (Météo-France).
Record absolu au Cap Ferret : 43,8°C à l’ombre
La station météo du Cap Ferret a enregistré mardi 23 juin 2026 une température de 43,8°C à l’ombre, un record absolu pour ce site historique. Selon Météo-France, ce pic dépasse le précédent record local de 41,2°C datant de juin 2019. « C’est un événement exceptionnel, même pour une région habituée aux fortes chaleurs », a commenté un prévisionniste de l’agence.
Dans le même secteur, la commune de Cazaux a également battu son record avec 43,5°C. À Bordeaux, la station de Mérignac a culminé à 42,5°C, tandis que la station urbaine de Bordeaux-Paulin a atteint 44,6°C, une valeur qui reste à confirmer selon les services météorologiques.
Sur les réseaux sociaux, les témoignages affluent. La journaliste Lolita Zemorita, présente sur la côte, a partagé mardi en fin d’après-midi :
Vigilance rouge : les mesures prises par la préfecture
Le département de la Gironde a été placé en vigilance rouge canicule par arrêté préfectoral à compter du dimanche 21 juin, une première depuis l’épisode de 2019. La préfecture a immédiatement activé le plan de gestion des vagues de chaleur. Parmi les mesures concrètes : les chantiers de BTP doivent débuter dès 6h00 pour éviter les heures les plus chaudes, et tous les rassemblements non climatisés sont interdits.
La Ville de Bordeaux a mis en place un numéro vert gratuit 24h/24 (0800 000 000) pour les personnes vulnérables. Les parcs municipaux comme le Jardin public restent ouverts jusqu’à minuit, et les piscines voient leurs horaires prolongés. « Nous avons doublé les maraudes auprès des sans-abri », a indiqué la mairie dans un communiqué.
Ces restrictions locales s’inscrivent dans un mouvement plus large : dans le Pas-de-Calais, le parc d’attractions Dennlys Parc a annoncé sa fermeture exceptionnelle ce mercredi, une décision inédite (lire ici). Dans les Hauts-de-Seine, l’exercice de sécurité civile prévu le 25 juin à Fontenay-aux-Roses a été annulé en raison de l’alerte (plus d’infos).
Baccalauréat reporté, habitants à l’épreuve
La canicule a directement perturbé le déroulement des épreuves du baccalauréat. L’académie de Bordeaux a annoncé mardi le report des épreuves de l’après-midi dans les lycées de Blaye et de Libourne, où les salles ne disposaient pas de climatisation suffisante. Les candidats concernés passeront les épreuves reportées mercredi matin, avant le pic de chaleur attendu.
Dans les quartiers populaires de Bordeaux, la situation est particulièrement difficile. Une habitante de 62 ans, vivant seule dans un appartement sans climatisation, a témoigné auprès de l’AFP : « Je passe mes journées au centre commercial climatisé. Chez moi, il fait 38°C à l’intérieur. Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. » Son logement, situé dans un immeuble des années 1970, ne dispose d’aucune isolation thermique.
Contexte dans le département
La Gironde, département le plus vaste de France métropolitaine avec plus de 1,6 million d’habitants, est particulièrement exposée aux vagues de chaleur en raison de sa façade océanique et de la forte urbanisation de la métropole bordelaise. Selon l’Insee, près de 15 % de la population a plus de 65 ans, une tranche d’âge vulnérable lors des épisodes caniculaires. La région a déjà connu un pic majeur en juin 2019, où 41,2°C avaient été mesurés au Cap Ferret. Le record national de 2019 (46°C à Vérargues dans l’Hérault) n’a pas été battu, mais l’indicateur thermique national de 29,8°C - la température moyenne sur l’ensemble du territoire - surpasse désormais celui de 2019
Le secteur viticole, pilier économique girondin, est sous surveillance. Les viticulteurs du Médoc et de l’Entre-deux-Mers redoutent des brûlures sur les grappes. « Pour l’instant, les vignes résistent grâce aux irrigations nocturnes, mais une troisième journée au-dessus de 40°C serait catastrophique », confie un représentant de la chambre d’agriculture.
Prochaine étape : un répit attendu jeudi ?
Météo-France prévoit une légère baisse des températures à partir de jeudi 25 juin, avec des maximales autour de 35°C. Le record absolu du 23 juin restera toutefois dans les annales. La préfecture de la Gironde maintient la vigilance rouge jusqu’à nouvel ordre. Les services de santé sont en alerte : plusieurs dizaines de cas de malaises liés à la chaleur ont été recensés dans les hôpitaux bordelais, sans gravité pour l’instant. L’épisode a marqué les esprits, et les autorités appellent à la plus grande prudence pour les prochains jours.