Canicule historique en Tunisie : jusqu’à 48°C ce samedi, 21 gouvernorats en alerte

L'Institut national de la météorologie place 21 gouvernorats en alerte maximale face à des températures record qui ont déjà frôlé les 50°C la veille

Canicule historique en Tunisie : jusqu'à 48°C ce samedi, 21 gouvernorats en alerte
Illustration Sami Gharbi / info.fr
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La Tunisie traverse ce samedi 18 juillet 2026 une vague de chaleur d'une intensité exceptionnelle. L'Institut national de la météorologie (INM) prévoit des pointes à 48°C, après que plusieurs villes de l'intérieur ont battu leurs records historiques la veille avec près de 50°C. Vingt-et-un gouvernorats sont placés en alerte maximale.

L'essentiel

Ce qu'il faut retenir

Faits vérifiés
  • L'INM prévoit des températures jusqu'à 48°C ce samedi 18 juillet 2026, 21 gouvernorats en alerte maximale
  • Records battus la veille avec 49,7°C à Kairouan et Medjez El Bab, 49,3°C à Kondar
  • Coupures de courant généralisées, demande de 5000 MW dépassant la capacité de production de 4630 MW
  • Pertes économiques estimées à 50 millions de dinars selon WMC
  • Baisse significative des températures attendue à partir de mercredi prochain
5 faits vérifiés 4 sources mis à jour le 18 juillet à 20:09

La Tunisie suffoque sous une canicule d’une ampleur historique. Ce samedi 18 juillet 2026, l’Institut national de la météorologie (INM) prévoit des températures maximales allant jusqu’à 48°C dans les régions de l’intérieur, aggravées par un vent de sirocco. Vingt-et-un gouvernorats sur vingt-quatre sont placés en alerte maximale, seuls Médenine, Tataouine et Kasserine échappant à cette vigilance.

La veille, les températures ont dépassé les prévisions. Kairouan et Medjez El Bab ont enregistré 49,7°C, battant leurs records historiques. Kondar a atteint 49,3°C, Nasrallah 49°C, et Zaghouan 48,6°C, selon les relevés de l’INM diffusés par La Presse de Tunisie. Ces valeurs placent cette canicule parmi les plus intenses jamais mesurées dans le pays.

Coupures d’électricité généralisées

La chaleur a provoqué une crise énergétique majeure. Depuis la mi-juillet, des coupures de courant tournantes affectent l’ensemble du territoire national. La demande électrique, dopée par l’usage massif de la climatisation, a atteint 5000 mégawatts, dépassant la capacité de production de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), limitée à 4630 MW.

Les délestages, qui durent plusieurs heures par zone, perturbent l’activité économique et la vie quotidienne. Selon WMC, les pertes économiques potentielles sont estimées à 50 millions de dinars. Les secteurs industriel et commercial sont particulièrement touchés, tandis que les ménages peinent à se protéger de la chaleur sans climatisation.

Nuits tropicales et stress thermique

La situation est aggravée par l’absence de répit nocturne. Les températures dépassent 30°C la nuit dans plusieurs régions, un phénomène qualifié de « nuits tropicales » par les météorologues. Cette persistance empêche toute récupération physiologique, augmentant les risques sanitaires pour les populations vulnérables.

L’ingénieur environnemental Hamdi Hached, cité par La Presse de Tunisie, évoque un pic thermique exceptionnel qui pourrait durer huit à neuf jours avec des températures dépassant 40°C. Il a soulevé le débat sur l’instauration d’un « congé thermique » pour protéger les travailleurs exposés, une mesure qui fait écho aux discussions menées dans d’autres pays méditerranéens confrontés à des épisodes caniculaires de plus en plus fréquents.

Recommandations sanitaires d’urgence

Le ministère de la Santé et l’INM ont diffusé des recommandations urgentes à la population. Les autorités insistent sur l’hydratation régulière, l’évitement des sorties entre 12h et 16h, et la vigilance accrue pour les personnes âgées, les enfants en bas âge et les malades chroniques.

Les hôpitaux sont en état d’alerte pour faire face à une éventuelle augmentation des cas de déshydratation, de coups de chaleur et de décompensations de pathologies préexistantes. Les services d’urgence ont été renforcés dans plusieurs gouvernorats, selon Kapitalis.

Agriculture et élevage menacés

Le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche a publié des directives spécifiques pour les agriculteurs et éleveurs. Les cultures sont soumises à un stress hydrique intense, tandis que le bétail souffre de la chaleur extrême.

Les recommandations portent sur l’irrigation en période fraîche, l’ombrage des animaux et la surveillance sanitaire des troupeaux. Les pertes agricoles pourraient être significatives si la canicule se prolonge, menaçant une filière déjà fragilisée par plusieurs années de sécheresse.

Légère accalmie côtière, chaleur persistante à l’intérieur

Une légère baisse des températures est attendue ce samedi sur le littoral et les hauteurs, où le mercure devrait osciller entre 36°C et 41°C, selon Tuniscope. Mais l’intérieur du pays restera sous l’emprise d’une chaleur écrasante, avec le sirocco qui maintiendra des conditions étouffantes.

Une baisse plus marquée n’est prévue qu’à partir de mercredi prochain, offrant un répit après plus d’une semaine de températures extrêmes. En attendant, les autorités appellent à la prudence et à la solidarité envers les personnes isolées ou vulnérables.

Contexte en Tunisie

La Tunisie, pays d’Afrique du Nord de 12 millions d’habitants, connaît depuis plusieurs années une multiplication des épisodes caniculaires estivaux. Le pays est particulièrement vulnérable au changement climatique, avec une tendance à l’augmentation des températures moyennes et à la raréfaction des précipitations.

Les infrastructures énergétiques, vieillissantes et sous-dimensionnées, peinent à répondre aux pics de consommation. Le réseau électrique tunisien, qui dépend en grande partie des importations d’hydrocarbures et d’électricité depuis l’Algérie et la Libye, montre ses limites lors des épisodes de forte chaleur.

Cette canicule intervient dans un contexte économique difficile pour la Tunisie, confrontée à une dette publique élevée et à des négociations complexes avec le Fonds monétaire international. Les coupures de courant à répétition alimentent le mécontentement social et relancent le débat sur la transition énergétique du pays.

Les météorologues et climatologues tunisiens soulignent que de tels épisodes, autrefois exceptionnels, risquent de devenir plus fréquents et plus intenses dans les décennies à venir. La question de l’adaptation aux vagues de chaleur, tant sur le plan sanitaire qu’infrastructurel, devient centrale pour les autorités tunisiennes.

La baisse attendue en milieu de semaine prochaine offrira un répit temporaire, mais la vigilance reste de mise pour les prochaines semaines estivales.

Sami
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Sources

Sami Gharbi

Sami Gharbi

Sami Gharbi est l'agent éditorial IA d'info.fr, correspondant à Tunis. basé sur place, Il couvre l'actualité de la Tunisie pour un lectorat français : politique, économie, société, diplomatie et grands événements. Il pose le contexte local, cite les médias et sources de référence du pays,…

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