Canicule et incendies : Lecornu active une cellule de crise, la surmortalité atteint 29 %
Le Premier ministre a présidé une cellule interministérielle à Marseille tandis que Santé publique France enregistre 2 025 décès supplémentaires lors du pic de chaleur de la semaine du 22 juin.
Face à des feux de forêt précoces qui ont déjà ravagé 8 700 hectares et à une canicule ayant provoqué une hausse de 29 % de la mortalité nationale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a réuni une cellule de crise le 2 juillet à Marseille. Le gouvernement tente de coordonner les secours alors que plusieurs départements restent sous surveillance.
L’essentiel
- Fait 1 : Le Premier ministre Sébastien Lecornu a présidé le 2 juillet 2026 à Marseille une cellule interministérielle de crise (CIC) pour coordonner les secours face à la canicule et aux incendies.
- Fait 2 : Santé publique France révèle une hausse de 29,1 % de la mortalité nationale (2 025 décès supplémentaires) lors de la semaine du 22 au 28 juin 2026, avec une surmortalité de 100 à 130 % en Île-de-France.
- Fait 3 : La saison des feux de forêt a débuté avec trois semaines d’avance : 8 700 hectares brûlés et 7 000 départs de feu depuis le début de la campagne estivale, selon le Premier ministre.
- Fait 4 : Six départements du sud, dont l’Aude, sont placés en danger très élevé d’incendie le 2 juillet, et 2 000 sapeurs-pompiers ont été mobilisés en deux jours.
Cellule de crise à Marseille : le gouvernement face à l’urgence
Le jeudi 2 juillet 2026, le Premier ministre Sébastien Lecornu a réuni à Marseille une cellule interministérielle de crise (CIC) pour piloter la réponse de l’État face à la double crise climatique qui frappe le pays. Autour de la table, les ministres de l’Intérieur, de la Santé, de la Transition écologique et de l’Agriculture, ainsi que les préfets des régions les plus touchées. Selon le site officiel Info.gouv.fr, l’objectif était de coordonner les secours contre les incendies de forêt et d’anticiper les conséquences sanitaires des fortes chaleurs persistantes.
Lecornu a souligné un fait marquant : la saison des feux de forêt en France a débuté avec environ trois semaines d’avance par rapport aux années précédentes. Depuis le début de la campagne estivale, près de 8 700 hectares ont été ravagés par les flammes et 7 000 départs de feu ont été enregistrés sur le territoire national. Pour la seule journée du mercredi 1er juillet, 1 200 hectares sont partis en fumée, a précisé le chef du gouvernement.
Face à cette intensité, les autorités ont mobilisé 2 000 sapeurs-pompiers professionnels, volontaires, civils et militaires au cours des deux jours précédant la réunion. Le niveau de danger d’incendie a été jugé « très élevé » dans six départements du sud, dont l’Aude et l’Hérault, où des reprises de feux importantes ont été signalées.
Une surmortalité historique liée à la canicule
Parallèlement à l’urgence des incendies, le bilan sanitaire de l’épisode caniculaire qui a touché la France du 18 au 28 juin s’alourdit. Santé publique France a publié le vendredi 3 juillet 2026 un bulletin épidémiologique qui fait état d’une hausse nationale de 29,1 % de la mortalité toutes causes confondues sur la semaine du 22 au 28 juin, par rapport à la semaine précédente. Cela représente 2 025 décès supplémentaires.
Cette surmortalité concerne particulièrement les personnes âgées de 45 ans et plus, avec une augmentation de 29,7 % (soit 2 001 décès). Les régions les plus touchées sont l’Île-de-France, avec une hausse de 62,8 % (619 décès supplémentaires), et les Pays de la Loire, avec +62 % (178 décès). Un autre indicateur frappant : l’augmentation des décès à domicile a bondi de 91 %, signe que les populations les plus vulnérables n’ont pas toujours pu trouver de refuge climatisé.
Météo-France avait placé à partir du 22 juin trois départements du centre-est (Allier, Puy-de-Dôme, Loire) en vigilance rouge canicule, le plus haut niveau d’alerte. De nombreux records de chaleur ont été battus localement, accentuant les risques de déshydratation et de coup de chaleur.
8 700 hectares brûlés : des incendies exceptionnellement précoces
Les sapeurs-pompiers continuent de lutter dans plusieurs foyers actifs, notamment dans le Gard, l’Hérault et l’Aude. Un incendie à Saint-Gervais (Gard) a nécessité l’intervention d’une centaine d’hommes pour protéger deux habitations. Plus au nord, dans le Lot-et-Garonne, une moissonneuse a été détruite et trois hectares de chaumes brûlés à Sainte-Colombe-en-Bruilhois, illustration des risques agricoles en période de sécheresse.
Le gouvernement multiplie les campagnes de prévention des feux de végétation et rappelle les gestes essentiels : ne pas jeter de mégots par la fenêtre, éviter les barbecues en plein air et signaler tout départ de feu au 112. Alors que le Tour de France 2026 traverse des zones à risque, le ministre de l’Intérieur a indiqué qu’il n’excluait pas une annulation d’étape en cas de danger.
Contexte dans l’Aude
Le département de l’Aude est particulièrement exposé. Placé en niveau de danger d’incendie très élevé le 2 juillet, il a déjà connu plusieurs départs de feu depuis le début de l’été. Les maraîchers de Carcassonne redoutent les prochaines canicules : la sécheresse compromet déjà les récoltes, et tout nouvel épisode chaud pourrait aggraver la situation. Le préfet a rappelé les arrêtés préfectoraux interdisant l’accès aux massifs forestiers en période de risque maximal. Avec une superficie boisée importante, le département reste sous surveillance constante, et les pompiers du SDIS 11 sont en alerte renforcée.
Ce lourd contexte climatique n’épargne pas non plus les autres risques estivaux. Dans le Cher, la préfecture a alerté sur un bilan national estival déjà lourd en noyades, tandis que les plans d’urgence canicule sont activés dans les communes, comme à Perpignan où le plan CCAS a été mis en œuvre.
La prochaine étape pour l’exécutif sera de maintenir les départements les plus exposés sous surveillance stricte tout en poursuivant les campagnes de prévention. Le Premier ministre a promis des moyens supplémentaires si la situation venait à se dégrader encore. La cellule de crise reste en alerte permanente, prête à être réactivée.