Canicule de juin : près de 3 000 morts en Île-de-France, le Val-de-Marne submergé
Le bilan actualisé de Santé publique France révèle une surmortalité de 122 % lors de l'épisode caniculaire de fin juin. Le département a vu ses urgences saturées.
La canicule de fin juin 2026 a provoqué un drame sanitaire en Île-de-France. Santé publique France a publié ce vendredi un bilan actualisé faisant état de près de 3 000 décès entre le 22 et le 28 juin, soit une surmortalité de 122 %. Le Val-de-Marne a été particulièrement éprouvé, avec une hausse d'activité de 80 % au SAMU et le déclenchement du Plan Blanc régional.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Près de 3 000 décès enregistrés en Île-de-France entre le 22 et le 28 juin 2026, soit une surmortalité de 122 % selon Santé publique France.
- Le SAMU du Val-de-Marne a traité plus de 5 200 dossiers de régulation le 26 juin, avec une hausse d'activité de 80 % sur une semaine.
- Les personnes de plus de 65 ans représentent 82,4 % des décès survenus durant l'épisode caniculaire en Île-de-France.
- L'ARS Île-de-France a déclenché le Plan Blanc régional le 26 juin dans l'ensemble des établissements sanitaires franciliens.
- Le CHU Henri-Mondor de Créteil a enregistré une hausse d'activité de 36 % aux urgences avec près de 3 000 passages quotidiens les 26 et 27 juin.
La canicule exceptionnelle de fin juin 2026 a fait près de 3 000 morts en Île-de-France. Santé publique France a dévoilé ce vendredi un bilan actualisé qui révèle l’ampleur du drame sanitaire survenu entre le 22 et le 28 juin. La mortalité a plus que doublé par rapport à la normale, avec une surmortalité de 122 %, soit 1 565 décès en excès.
Ce nouveau décompte intègre les certificats de décès papier, qui n’avaient pas été pris en compte dans les premiers bilans communiqués début juillet. L’impact sanitaire de cet épisode caniculaire avait donc été initialement sous-évalué.
Les personnes âgées, principales victimes
Les individus de plus de 65 ans représentent 82,4 % des décès survenus en Île-de-France durant cet épisode, selon Santé publique France. Cette tranche d’âge a payé le plus lourd tribut à la vague de chaleur, qui a vu les températures grimper au-delà des 40°C dans plusieurs communes franciliennes.
La surmortalité ne s’est pas arrêtée avec la fin de la canicule. La semaine suivante, plus de 200 décès excédentaires ont encore été enregistrés en Île-de-France, témoignant des conséquences durables de l’épisode sur les organismes fragilisés.
Le SAMU du Val-de-Marne sous pression extrême
Le département du Val-de-Marne a connu une situation critique durant cette période. Le volume d’appels au SAMU 94 a bondi de près de 80 % sur une semaine, atteignant un pic de plus de 5 200 dossiers de régulation le 26 juin 2026, selon l’AP-HP.
Les urgences adultes de l’AP-HP ont enregistré une hausse d’activité de 36 % avec près de 3 000 passages quotidiens les 26 et 27 juin. Le CHU Henri-Mondor de Créteil, principal établissement hospitalier du département, a été l’un des sites les plus mobilisés pour absorber ce flux massif de patients.
Face à cette saturation, l’ARS Île-de-France a déclenché le Plan Blanc dans l’ensemble des établissements sanitaires franciliens le vendredi 26 juin 2026. Cette mesure d’urgence permet de mobiliser l’ensemble des ressources hospitalières et de réorganiser les services pour faire face à un afflux exceptionnel de malades.
Mobilisation des acteurs de santé locaux
La CPTS Autour du Patient 94 a réuni en urgence les acteurs de santé du département le 25 juin 2026. L’objectif : réorienter les patients non critiques vers la médecine de ville pour désengorger les urgences hospitalières. Cette coordination entre professionnels de santé a permis d’organiser une réponse graduée à la crise.
La mairie de Créteil a ouvert son hôtel de ville de 14h à 20h durant la canicule pour proposer des salles climatisées aux personnes vulnérables. Cette initiative s’inscrit dans le dispositif de protection des populations fragiles face aux épisodes de chaleur extrême.
Contexte dans le Val-de-Marne
Le Val-de-Marne compte 1,4 million d’habitants et figure parmi les départements franciliens les plus densément peuplés. Selon les données de l’Insee, 18,7 % de la population du département a plus de 65 ans, une proportion légèrement inférieure à la moyenne nationale mais qui représente tout de même plus de 260 000 personnes potentiellement vulnérables face aux canicules.
Le département abrite plusieurs établissements hospitaliers d’envergure, dont le CHU Henri-Mondor à Créteil et l’hôpital intercommunal de Créteil, qui ont dû gérer un afflux massif de patients durant l’épisode caniculaire. La coordination entre ces structures et les acteurs de santé de ville, notamment via la CPTS, s’est révélée déterminante pour absorber la crise.
Cette canicule de juin 2026 rappelle celle d’août 2003, qui avait causé près de 15 000 décès en France. Mais contrairement à 2003, les dispositifs de surveillance et d’alerte ont permis une mobilisation rapide des services de santé, même si l’ampleur du phénomène a dépassé les capacités habituelles du système hospitalier francilien.
Des leçons à tirer pour l’avenir
Le bilan actualisé de Santé publique France met en lumière les limites du système de surveillance en temps réel. L’écart entre les premiers chiffres communiqués début juillet et le bilan définitif interroge sur la capacité des autorités sanitaires à évaluer rapidement l’ampleur d’une crise.
La multiplication des épisodes caniculaires, liée au réchauffement climatique, pose la question de l’adaptation du système de santé francilien. Les experts sanitaires appellent à renforcer les dispositifs de protection des personnes âgées et à améliorer la coordination entre hôpitaux et médecine de ville pour faire face à des crises de cette ampleur.
Les autorités sanitaires ont annoncé qu’un retour d’expérience serait mené dans les prochaines semaines pour identifier les dysfonctionnements et améliorer la réponse du système de santé lors des prochains épisodes de chaleur extrême.
