Canicule et noyades : la Fédération de Natation sonne l’alarme après 48 décès
Depuis le 18 juin, 48 personnes sont mortes par noyade en France, dont une vingtaine le seul week-end dernier. La FFN appelle à la plus grande prudence.
Face à une canicule historique qui a placé 54 départements en vigilance rouge, le nombre de noyades explose. La Fédération Française de Natation tire la sonnette d'alarme et rappelle les gestes qui sauvent. Le gouvernement annonce des mesures.
L’essentiel
- 48 morts : le bilan des noyades depuis le 18 juin 2026, actualisé par la Sécurité civile.
- 20 décès : le nombre de victimes recensé par la ministre des Sports Marina Ferrari pour le seul week-end des 20 et 21 juin.
- 54 départements : placés en vigilance rouge canicule par Météo-France, touchant près de 39 millions d’habitants.
- Appel de la FFN : la Fédération Française de Natation demande d’adapter les activités et de reporter les compétitions.
- Proposition de loi : les députés LFI annoncent un texte pour généraliser l’apprentissage de la natation à l’école.
Un bilan qui s’alourdit d’heure en heure
La canicule qui frappe la France depuis le 18 juin 2026 laisse derrière elle un sillage tragique. Alors que 54 départements sont placés en vigilance rouge par Météo-France - un record - les accidents de baignade se multiplient. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a ouvert une cellule de crise interministérielle et annoncé un premier bilan de 40 décès. Mais la Sécurité civile a depuis réévalué ce chiffre à 48 noyades mortelles, liées pour la plupart à des comportements à risque dans des zones non surveillées.
Invitée sur France Inter, la ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, Marina Ferrari, a déploré « une vingtaine de décès par noyade » pour le seul week-end des 20 et 21 juin. Des victimes essentiellement adolescentes, qui se sont baignées dans des cours d’eau ou des plans d’eau interdits à la baignade ou dépourvus de surveillance. « On ne mesure pas assez la violence du choc thermique, explique-t-elle. Entrer brutalement dans une eau à 15°C quand le mercure dépasse les 35°C, c’est un arrêt cardiaque assuré pour certains organismes. »
Le phénomène n’est pas nouveau, mais son ampleur interroge. Selon les données de Santé publique France, les noyades accidentelles tuent en moyenne 500 personnes chaque année durant l’été. Mais la concentration sur une si courte période - près de 50 morts en moins d’une semaine - fait craindre un été noir.
La FFN monte au créneau
La Fédération Française de Natation (FFN) a rapidement réagi. Dans un communiqué publié ce mardi, elle tire la sonnette d’alarme et appelle à un « sursaut collectif ». Gilles Sezionale, son président, rappelle que « la baignade n’est jamais anodine, surtout en période de canicule ». La FFN demande à ses clubs et structures affiliées d’adapter les entraînements, de reporter ou d’annuler les compétitions prévues quand les températures sont extrêmes, et de redoubler de vigilance vis-à-vis des jeunes licenciés.
Les professionnels de la piscine et les maîtres-nageurs sont en première ligne. La FFN insiste sur quelques règles de base : entrée progressive dans l’eau pour éviter l’hydrocution, ne jamais se baigner seul, éviter l’alcool avant la baignade, et surveiller les enfants en permanence. Des consignes que la ministre Marina Ferrari a également martelées ce matin.
Contexte dans le département
Dans notre département de la Sarthe, également concerné par l’alerte canicule (Météo-France a placé le département en vigilance rouge depuis dimanche), les appels à la prudence se multiplient. La préfecture a diffusé ce mercredi un message sur les réseaux sociaux rappelant les gestes de sécurité, et les communes riveraines de la Sarthe ou de l’Huisne ont renforcé la signalétique aux abords des points d’eau. Si aucun décès n’a été officiellement recensé dans le département à ce stade, les services de secours restent en alerte. « Le pic caniculaire est attendu pour jeudi, avec des températures qui pourraient frôler les 40°C à l’ombre », précise Météo-France Sarthe. Les autorités locales redoutent une nouvelle vague de baignades sauvages ce week-end, notamment sur les plages du Mans - le Lac de la Monnerie - ou dans les bassins naturels de la vallée du Loir.
Un débat politique relancé
Ces drames ravivent la question de l’apprentissage de la natation à l’école. Alors que le gouvernement avait lancé en 2023 un plan « Aisance aquatique » pour que tous les enfants sachent nager avant l’entrée en 6e, les résultats tardent à se concrétiser. Le groupe parlementaire La France Insoumise a annoncé le dépôt d’une proposition de loi « visant à généraliser et renforcer l’apprentissage de la natation dans le cursus scolaire », selon un communiqué diffusé dans la journée. Le texte prévoit notamment de porter à 24 séances par an le nombre de créneaux obligatoires pour les élèves de CP au CM2, et d’ouvrir les piscines municipales gratuitement aux écoles.
« Chaque été, c’est la même rengaine : des vies fauchées parce qu’on n’a pas pris le temps d’apprendre aux enfants à flotter, à se retourner, à appeler à l’aide », s’indigne le député Antoine Léaument (LFI), co-auteur du texte. « Il faut que l’État prenne ses responsabilités. »
De son côté, le ministère des Sports indique travailler à une campagne nationale de prévention « d’urgence » diffusée dans les médias et sur les réseaux sociaux dès cette fin de semaine. Un fonds exceptionnel de montant non spécifié pourrait être débloqué pour financer des heures supplémentaires de maîtres-nageurs dans les communes les plus touristiques.
Prochaine étape : vigilance et propositions
Alors que la canicule devrait persister jusqu’au début du week-end, la FFN et les pouvoirs publics redoublent d’appels à la prudence. La ministre Marina Ferrari a annoncé qu’elle réunirait les préfets des départements les plus touchés en fin de semaine pour coordonner les secours. Parallèlement, le débat parlementaire sur la natation scolaire devrait être inscrit à l’agenda de l’Assemblée nationale dès septembre. En attendant, les maîtres-nageurs et les pompiers restent en première ligne, dans l’espoir que les prochains jours ne viennent pas alourdir un bilan déjà dramatique.