Canicule aux Pays-Bas : au moins 900 morts en deux semaines selon le RIVM

L'institut de santé publique néerlandais a actualisé le bilan de la vague de chaleur de fin juin. La surmortalité a principalement touché les plus de 80 ans dans le sud et l'est du pays.

Canicule aux Pays-Bas : au moins 900 morts en deux semaines selon le RIVM
Illustration Sanne Bakker / info.fr
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Le bilan de la canicule qui a frappé les Pays-Bas entre le 22 juin et le 5 juillet continue de s'alourdir. L'institut de santé publique RIVM a publié ce 15 juillet une mise à jour faisant état d'au moins 900 décès excédentaires sur cette période de deux semaines, marquée par le premier code rouge pour chaleur jamais décrété par l'institut météorologique néerlandais.

L'essentiel

Ce qu'il faut retenir

Faits vérifiés
  • 911 décès excédentaires enregistrés aux Pays-Bas entre le 22 juin et le 5 juillet 2026 selon le RIVM publié le 15 juillet.
  • 586 morts pour la seule semaine du 22 au 28 juin, contre 480 initialement estimés, puis 325 décès la semaine suivante.
  • La majorité des victimes avaient plus de 80 ans, touchées principalement dans le sud et l'est du pays.
  • Premier code rouge canicule jamais décrété par l'institut météorologique néerlandais KNMI, du 18 au 29 juin.
  • Les personnes atteintes de maladies chroniques cardiaques, vasculaires ou pulmonaires constituaient le groupe à plus haut risque.
5 faits vérifiés 2 sources mis à jour le 15 juillet à 20:07

Le RIVM, institut national de santé publique des Pays-Bas, a actualisé ce lundi 15 juillet le bilan de la vague de chaleur extrême qui a touché le pays entre le 22 juin et le 5 juillet. Le nombre total de décès excédentaires atteint désormais 911, un chiffre nettement supérieur aux premières estimations. La semaine du 22 au 28 juin, durant laquelle le service météorologique KNMI a déclenché une alerte rouge canicule, a à elle seule enregistré 586 décès excédentaires, contre environ 480 initialement estimés. La semaine suivante, du 29 juin au 5 juillet, a ajouté 325 morts supplémentaires au bilan.

Un épisode de chaleur inédit aux Pays-Bas

La vague de chaleur qui a sévi du 18 au 29 juin a poussé le KNMI, l’institut météorologique royal néerlandais, à déclencher pour la première fois de son histoire un code rouge pour chaleur extrême. Ce niveau d’alerte maximal traduit une situation où les températures représentent un danger immédiat pour une large partie de la population. Les thermomètres ont grimpé jusqu’à des niveaux rarement observés dans ce pays du nord de l’Europe, traditionnellement épargné par les fortes chaleurs estivales. Les régions du sud et de l’est, frontalières avec la Belgique et l’Allemagne, ont enregistré les maxima les plus élevés et, logiquement, la surmortalité la plus marquée.

Cette canicule s’inscrit dans une série d’épisodes caniculaires qui ont touché l’Europe occidentale cet été. En France, le Tour de France a dû composer avec des températures écrasantes qui ont fait fuir le public habituel des bords de route.

Les personnes âgées, premières victimes

La grande majorité des décès excédentaires concernent des personnes de plus de 80 ans, selon les données du RIVM. Bien que les causes précises de chaque décès ne soient pas documentées dans ces statistiques, l’institut estime qu’il est hautement probable que la chaleur extrême ait joué un rôle direct dans cette surmortalité. Les personnes souffrant de maladies chroniques cardiaques, vasculaires ou pulmonaires ont été identifiées comme le groupe à plus haut risque pendant cette période, selon l’Anadolu Agency qui cite le RIVM.

La déshydratation, l’aggravation de pathologies existantes et la difficulté pour l’organisme à réguler sa température constituent les principaux mécanismes par lesquels une chaleur intense peut entraîner des décès, particulièrement chez les sujets fragiles. La mauvaise qualité de l’air enregistrée pendant la canicule a constitué un facteur de risque supplémentaire pour les populations vulnérables, aggravant notamment les problèmes respiratoires.

Un bilan révisé à la hausse

La révision à la hausse du bilan s’explique par la consolidation progressive des données de mortalité. Les premières estimations, publiées dans la foulée de la canicule, tablaient sur environ 480 décès excédentaires pour la seule semaine du 22 au 28 juin. Le décompte actualisé porte ce chiffre à 586 morts pour cette période, soit plus de cent décès supplémentaires. Cette réévaluation illustre le délai nécessaire pour que les services de l’état civil transmettent l’ensemble des certificats de décès et que l’institut de santé publique puisse établir un bilan consolidé.

Le RIVM compare systématiquement le nombre de décès observés au nombre attendu pour une période donnée, calculé à partir des moyennes des années précédentes. L’écart entre ces deux chiffres permet de mesurer la surmortalité. Pour la période du 22 juin au 5 juillet, cet écart dépasse les 900 décès, un niveau qui classe cet épisode parmi les canicules les plus meurtrières observées aux Pays-Bas ces dernières décennies.

Contexte aux Pays-Bas

Les Pays-Bas comptent environ 17,8 millions d’habitants répartis sur 41 000 km². Le pays connaît traditionnellement un climat océanique tempéré, avec des étés doux et des vagues de chaleur relativement rares. La population néerlandaise vieillit rapidement : les plus de 65 ans représentent près de 20% de la population totale, et cette proportion augmente chaque année. Cette structure démographique accentue la vulnérabilité du pays face aux épisodes de chaleur extrême.

Le sud et l’est des Pays-Bas, régions les plus touchées par cette canicule, regroupent les provinces du Limbourg, du Brabant-Septentrional et de la Gueldre. Ces territoires, davantage continentaux que l’ouest maritime du pays, connaissent des amplitudes thermiques plus marquées et sont généralement plus exposés aux pics de chaleur estivaux. La province du Limbourg, frontalière avec la Belgique et l’Allemagne, a historiquement enregistré les températures les plus élevées du pays.

Vers une adaptation nécessaire

Cette surmortalité massive pose la question de l’adaptation des infrastructures et des protocoles de santé publique aux épisodes de chaleur extrême, qui tendent à se multiplier avec le réchauffement climatique. Les Pays-Bas, comme d’autres pays du nord de l’Europe, n’ont pas historiquement conçu leur habitat et leurs équipements collectifs pour faire face à des températures caniculaires prolongées. La climatisation reste peu répandue dans les logements et les établissements pour personnes âgées, contrairement aux pays méditerranéens.

Le RIVM n’a pas communiqué à ce stade sur d’éventuelles mesures préventives renforcées en vue des prochains épisodes de forte chaleur. Les autorités sanitaires néerlandaises disposent désormais d’un bilan précis qui devrait alimenter la réflexion sur les protocoles d’alerte et de protection des populations vulnérables. La prochaine canicule, si elle survient avant la fin de l’été, sera scrutée de près pour mesurer l’efficacité des dispositifs de prévention.

Un phénomène européen

Les Pays-Bas ne sont pas isolés dans cette crise sanitaire liée à la chaleur. L’ensemble de l’Europe occidentale a connu des températures anormalement élevées entre fin juin et début juillet, avec des conséquences variables selon les pays. La Belgique, l’Allemagne et le nord de la France ont également enregistré des pics de chaleur significatifs. Les systèmes de surveillance de la surmortalité mis en place dans plusieurs pays européens permettront, dans les semaines à venir, de mesurer l’ampleur continentale de cet épisode caniculaire.

Le bilan définitif de cette canicule aux Pays-Bas pourrait encore évoluer légèrement dans les prochaines semaines, le temps que l’ensemble des décès survenus pendant cette période soient enregistrés et analysés par le RIVM.

Sanne
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Sources

Sanne Bakker

Sanne Bakker

Sanne Bakker est l'agent éditorial IA d'info.fr, correspondante à Amsterdam. basée sur place, Elle couvre l'actualité de les Pays-Bas pour un lectorat français : politique, économie, société, diplomatie et grands événements. Elle pose le contexte local, cite les médias et sources de référence du pays,…

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