Canicule en Tunisie : vigilance orange dans 4 gouvernorats du Sud
L'Institut national de la météorologie place Gafsa, Tozeur, Kébili et Tataouine en alerte face à des températures atteignant 49°C ce vendredi 24 juillet
La Tunisie fait face à un épisode caniculaire intense. L'INM a décrété une vigilance orange dans quatre gouvernorats du Sud où le mercure frôle les 49°C. Cette vague de chaleur extrême, qui dure depuis mi-juillet, amplifie une crise énergétique nationale avec des coupures d'électricité et d'eau.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- L'INM a placé 4 gouvernorats du Sud (Gafsa, Tozeur, Kébili, Tataouine) en vigilance orange le 24 juillet 2026
- Les températures atteignent 49°C dans le sud-ouest sous l'effet du sirocco
- La demande électrique a atteint un record de 6 000 MW, dépassant les capacités de production de 4 630 MW
- La STEG impose des coupures tournantes d'électricité et d'eau, parfois supérieures à 24 heures
- Le président Kaïs Saïed a ordonné le 22 juillet la fin immédiate des interruptions prolongées
L’Institut national de la météorologie (INM) a placé ce vendredi 24 juillet quatre gouvernorats tunisiens en vigilance orange pour risque élevé de canicule. Gafsa, Tozeur, Kébili et Tataouine, situés dans le sud-ouest du pays, enregistrent des températures maximales pouvant atteindre 49°C sous l’effet du sirocco, selon La Presse de Tunisie.
Onze autres gouvernorats restent en vigilance jaune, tandis que les régions du Nord et du Sahel demeurent en vigilance verte, d’après Webdo.tn. Cet épisode caniculaire s’inscrit dans une crise climatique qui frappe le pays depuis près de deux semaines, avec des pics de température frôlant les 50°C dans les zones intérieures.
Une demande électrique record
Depuis le 12 juillet 2026, la Tunisie subit une double crise climatique et énergétique majeure, rapporte La Presse de Tunisie. La demande en électricité a atteint un record national de 6 000 mégawatts, dépassant largement les capacités de production de 4 630 MW.
Face à ce déficit, la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a imposé des coupures tournantes d’électricité et d’eau potable à travers le territoire. Certaines zones ont subi des interruptions supérieures à 24 heures consécutives, paralysant le quotidien des habitants et l’activité économique.
Le président Kaïs Saïed a réagi le 22 juillet en ordonnant la fin immédiate des interruptions d’électricité prolongées, selon La Presse. Cette directive intervient après plusieurs jours de tensions sociales liées aux délestages qui affectent particulièrement les régions rurales et périurbaines.
La filière des dattes menacée
Les fortes chaleurs couplées aux coupures de courant mettent en péril la production agricole, notamment celle des dattes, filière stratégique pour l’économie tunisienne. Les systèmes d’irrigation, dépendants de l’électricité, tombent en panne, compromettant les récoltes dans les palmeraies du Sud, indique African Manager.
La région de Tozeur, l’un des quatre gouvernorats en vigilance orange, concentre une part importante de la production nationale de dattes Deglet Nour, variété exportée vers l’Europe et le Maghreb. Les agriculteurs locaux redoutent des pertes substantielles si la situation perdure au-delà de la semaine.
L’approvisionnement en eau potable reste également critique. Les stations de pompage, privées d’électricité, ne peuvent assurer la distribution régulière, forçant les municipalités à organiser des livraisons par citernes dans les zones les plus touchées.
Contexte en Tunisie
La Tunisie, pays de 12,4 millions d’habitants sur la rive sud de la Méditerranée, connaît depuis plusieurs années une aggravation des épisodes de sécheresse et de canicule. Le réchauffement climatique accentue la pression sur les ressources en eau, déjà limitées dans les gouvernorats du Sud et de l’intérieur.
Le secteur énergétique tunisien dépend fortement du gaz naturel importé d’Algérie et de sa propre production d’hydrocarbures, en déclin. Les infrastructures vieillissantes peinent à répondre aux pics de consommation estivaux, aggravés par l’usage massif de la climatisation lors des vagues de chaleur.
Selon les données de l’INM, les températures maximales, moyennes et minimales annuelles ont augmenté de près de 2,1°C en Tunisie au cours des quatre dernières décennies. Les scientifiques tunisiens alertent régulièrement sur la vulnérabilité du pays face aux dérèglements climatiques, en particulier dans les zones arides du Centre et du Sud.
Vu de France
Cette crise tunisienne résonne avec les préoccupations françaises sur la résilience énergétique et climatique en Méditerranée. La France, principal partenaire commercial et historique de la Tunisie, observe de près les impacts économiques de ces chocs climatiques, notamment sur l’agriculture d’exportation.
Les dattes tunisiennes, présentes dans les rayons français, pourraient voir leur prix augmenter si les récoltes sont affectées. Par ailleurs, les difficultés énergétiques tunisiennes illustrent les défis de transition que plusieurs pays du pourtour méditerranéen doivent affronter face à la montée des températures.
La coopération franco-tunisienne en matière de gestion de l’eau et d’énergies renouvelables pourrait être renforcée dans les mois à venir, alors que les deux pays partagent des enjeux climatiques méditerranéens similaires, bien qu’à des échelles différentes.
Prochaine étape
Selon les prévisions de l’INM relayées par Tunisie Numérique, un soulagement météorologique est attendu dès le début de la semaine prochaine. Des orages locaux pourraient tempérer les températures dans certaines régions, offrant un répit aux populations et aux infrastructures sous tension.
La STEG n’a pas encore communiqué de calendrier précis pour la fin des coupures tournantes, qui dépendra de l’évolution de la demande et des capacités de production mobilisables dans les prochains jours.