Cannes : un boulanger chiffre à 6000 € sa perte si le 1er mai reste chômé

Un artisan cannois a fait ses comptes. La question du travail le 1er mai divise commerçants, syndicats et gouvernement.

Cannes : un boulanger chiffre à 6000 € sa perte si le 1er mai reste chômé
Illustration Laura Martinez / info.fr

À Cannes, un boulanger a calculé une perte potentielle de 6000 euros si le 1er mai reste un jour chômé. Une alerte concrète, alors que le gouvernement vient d'annoncer une ouverture partielle pour les artisans boulangers et fleuristes.

Le calcul est précis. Si le 1er mai reste chômé, ce boulanger cannois perd 6000 euros de chiffre d’affaires. C’est ce qu’il a confié à France 3 Provence-Alpes. Pas une estimation approximative : ses comptes, ligne par ligne.

Le problème n’est pas l’ouverture en elle-même. Un commerçant indépendant peut légalement ouvrir le 1er mai. Mais il ne peut pas faire travailler ses salariés. Sans eux, impossible de tenir une boulangerie à plein régime un vendredi de printemps.

Un cadre juridique strict, des verbalisations en 2025

Depuis la loi du 1er mai 1947, ce jour est le seul férié obligatoirement chômé en France. Les autres jours fériés peuvent être travaillés selon les branches. Pas le 1er mai. Les exceptions sont rares et encadrées.

En 2025, plusieurs boulangers et fleuristes ont appris la règle à leurs dépens. Certains ont fait travailler des salariés ce jour-là et ont écopé d’amendes de 750 euros par salarié concerné, selon BFMTV. Des plaintes syndicales ont suivi, alimentant une proposition de loi déposée en 2026.

Lecornu ouvre une brèche, les syndicats s’y opposent

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Le 13 avril 2026, le Premier ministre a repoussé sine die la proposition de loi qui aurait élargi le droit d’ouvrir le 1er mai, selon Nice-Matin. Le jour reste officiellement « férié, chômé et payé ».

Mais quatre jours plus tard, le 17 avril, Sébastien Lecornu a annoncé une mesure ciblée : « Les artisans boulangers, pâtissiers et fleuristes indépendants pourront ouvrir dès le 1er mai prochain », leurs salariés volontaires inclus, selon TF1 Info et Actu.fr.

Les syndicats - CFDT, CGT, FO - refusent. Ils voient dans cette dérogation une « érosion progressive » du seul jour férié à statut protégé. Selon Ouest-France, le flou juridique persiste malgré les déclarations du Premier ministre, et l’Inspection du travail devrait assurer le suivi sur le terrain.

Pour le boulanger cannois, l’annonce de Lecornu change la donne en théorie. En pratique, les contours exacts de l’autorisation restent à préciser avant le 1er mai.

Sources

Laura Martinez

Laura Martinez

Correspondante à Nice, elle traite l'urbanisme côtier, la pression touristique, les débats sur la ligne nouvelle PACA et la criminalité dans l'arrière-pays. Diplômée de Sciences Po Aix, elle enquête sur les promoteurs immobiliers, les collectivités et les associations de riverains. Méthode rigoureuse : multiplier les entretiens, recouper les budgets, publier seulement quand le dossier tient.

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