Cargèse célèbre Pâques orthodoxe, 250 ans après la fondation du village

La communauté grecque perpétue ses rites byzantins dans l'église Saint-Spyridon, monument historique au cœur du village corse.

Cargèse célèbre Pâques orthodoxe, 250 ans après la fondation du village
Illustration Lisandru Marchetti / info.fr

Le 6 avril 2026, Cargèse a célébré Pâques selon le rite byzantin catholique. Une date qui coïncide avec le 250e anniversaire de la fondation du village par des réfugiés grecs du Péloponnèse. Les deux confréries locales ont organisé quatre jours de cérémonies.

Cargèse n’est pas un village corse comme les autres. Depuis 1775, une communauté d’origine grecque y perpétue des traditions héritées du Péloponnèse. Cette année, les célébrations pascales prennent un relief particulier : elles marquent les 250 ans de la fondation du village.

Un rite byzantin unique en Corse

Le programme s’est étalé sur plusieurs jours. Jeudi Saint à 18h00 : cérémonie du lavement des pieds à l’église latine. Vendredi Saint à 21h30 : procession avec l’Epitaphios à l’église grecque, accompagnée de chants et lamentations en grec. Samedi Saint : divine liturgie à 9h45, puis veillée à 23h30 avec illumination des cierges. Lundi de Pâques : procession de l’icône de la Vierge aux quatre points cardinaux, selon le programme publié par Visit Corsica.

Ce lundi 6 avril, une marche a également été organisée pour « revivre les pas des anciens », selon un post Instagram de la communauté. Le rite suivi est byzantin catholique - non orthodoxe au sens strict - mais le calendrier des fêtes mobiles reste aligné sur celui de l’Église grecque orthodoxe, qui célébrait Pâques le 12 avril 2026, comme le rappelle Euronews.

France 3 Corse rapporte que les cérémonies ont également été l’occasion d’une pensée pour les chrétiens d’Orient en souffrance.

Trois siècles d’histoire grecque en terre corse

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L’histoire commence en 1676. Quelque 800 Grecs originaires du village de Vitylo, dans le Péloponnèse, fuient la domination ottomane et s’installent à Paomia, en Corse. En 1775, le comte de Marbeuf, gouverneur français, les transfère à Cargèse, selon Wikipedia. Le village tient son identité de cette migration.

L’église Saint-Spyridon, édifiée par la communauté entre 1854 et 1872, est classée monument historique depuis le 30 juin 1990, selon la mairie de Cargèse. Elle fait face à l’église latine : les deux édifices se regardent, comme les deux communautés qui cohabitent depuis des siècles. Ce sont les confréries Saint Spiridion (grecque) et Saint Antoine (latine) qui organisent conjointement les festivités annuelles, comme le précise Ouest Corsica.

La langue grecque n’est plus couramment parlée à Cargèse, note le site Nuvellaghju. Mais les chants liturgiques, eux, résonnent toujours en grec le Vendredi Saint. Et le jumelage avec Oitylos - village grec d’origine des colons - maintient un lien symbolique avec le Péloponnèse.

En 2025, la procession du lundi de Pâques avait réuni des participants en costumes traditionnels grecs, depuis un belvédère dominant le golfe de Sagone, selon Corse Net Infos. La tradition tient.

Sources

Lisandru Marchetti

Lisandru Marchetti

Correspondant à Ajaccio, suit la politique insulaire, les tensions nationalistes, le tourisme estival et les chantiers routiers. Diplômé de l'IUT info-com de Corte, il a grandi dans le Sartenais et connaît les clans locaux. Principe : ne jamais céder aux pressions, vérifier les marchés publics, interroger élus et militants, croiser les sources avant de conclure.

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