CARICOM : la Martinique siège pour la première fois à Sainte-Lucie
Une délégation de la CTM menée par Serge Letchimy participe du 5 au 8 juillet au 51e sommet des chefs de gouvernement caribéens.
La Martinique participe pour la première fois, comme membre associé, à la Conférence des chefs de gouvernement de la CARICOM. Le sommet se tient du 5 au 8 juillet à Sainte-Lucie, avec Serge Letchimy à la tête de la délégation.
L’essentiel
- Une première : la Martinique siège du 5 au 8 juillet 2026 comme membre associé à la 51e Réunion des chefs de gouvernement de la CARICOM, à Sainte-Lucie.
- Adhésion effective : le statut de membre associé de la Martinique est entré en vigueur le 16 avril 2026, selon le secrétariat de la CARICOM
- Délégation : Serge Letchimy, président du conseil exécutif de la CTM, conduit la délégation martiniquaise, accompagné de Patricia Telle et Sandra Casanova.
- Autre entrée : la Guyane, représentée par Gabriel Serville, devient dans le même temps le 8e membre associé de la CARICOM.
- Hôte du sommet : le Premier ministre saint-lucien Philip J. Pierre, à la présidence tournante de la CARICOM depuis le 1er juillet, accueille la réunion à Gros Islet.
Une délégation martiniquaise à Sainte-Lucie
La Collectivité Territoriale de Martinique a envoyé une délégation à Gros Islet, à Sainte-Lucie, pour la 51e Réunion ordinaire de la Conférence des chefs de gouvernement de la CARICOM, qui se déroule du 5 au 8 juillet. Selon RCI, elle est conduite par Serge Letchimy, président du conseil exécutif de la CTM, aux côtés de Patricia Telle, présidente de la commission Coopération internationale, et Sandra Casanova, présidente de la commission Stratégie logistique du territoire.
Sur X, la CTM a résumé l’agenda de ces quatre jours : « Économie, sécurité, climat, coopération, mobilité, jeunesse, culture… la Martinique prend toute sa place dans son espace naturel : la Caraïbe. »
Une adhésion effective depuis le 16 juin
Cette présence à la table des chefs de gouvernement caribéens n’est pas une simple invitation. Le statut de membre associé de la Martinique auprès de la CARICOM est devenu effectif le 16 juin 2026, d’après le secrétariat de l’organisation. Le sommet de Sainte-Lucie marque donc la première participation concrète de la collectivité à ce format, jusqu’ici réservé aux États indépendants de la région et à quelques territoires associés.
La Guyane suit le même chemin au même moment. Représentée par Gabriel Serville, président de la Collectivité territoriale de Guyane, elle devient le 8e membre associé de la CARICOM à l’occasion de ce sommet, selon le site Blada. Deux territoires français d’Amérique intègrent donc simultanément l’organisation régionale.
La sécurité, dans la continuité de l’Appel de la Martinique
Le volet sécurité de la conférence de Sainte-Lucie s’inscrit dans la suite directe d’un rendez-vous tenu en Martinique quelques jours plus tôt. Une conférence régionale de sécurité des Antilles s’est déroulée à Fort-de-France du 29 juin au 3 juillet, selon le ministère de l’Intérieur, avant l’adoption le 4 juillet de « l’Appel de la Martinique », signé par 21 délégations pour lutter contre le narcotrafic dans la Caraïbe.
Dans ce cadre, le ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur, Jean-Didier Berger, a annoncé un plan Antilles-Guyane doté de 14 millions d’euros et de 74 agents supplémentaires pour renforcer la lutte contre les trafics. Ces annonces alimentent les discussions sécuritaires du sommet de la CARICOM, qui aborde aussi l’intégration économique régionale, l’éducation, la santé et les conséquences du réchauffement climatique.
Contexte dans les Antilles-Guyane
La Martinique fait partie des collectivités françaises d’Amérique régulièrement confrontées aux mêmes défis que leurs voisins caribéens indépendants : trafics de stupéfiants transitant par la mer, exposition aux cyclones, et dépendance économique aux échanges régionaux. L’entrée comme membre associé de la CARICOM formalise des liens de coopération déjà anciens avec Sainte-Lucie, la Dominique ou Sainte-Lucie, îles voisines situées à quelques dizaines de kilomètres de la Martinique. Ce rapprochement institutionnel intervient alors que les autorités françaises ont multiplié, ces derniers jours, les rendez-vous consacrés à la sécurité régionale, comme le montre la tenue de la conférence de Fort-de-France juste avant le sommet de Sainte-Lucie. Le sujet de la sécurité aux frontières maritimes reste par ailleurs suivi de près ailleurs dans l’Hexagone, où d’autres préfectures organisent régulièrement des réunions sur les politiques de sécurité, à l’image de celle tenue récemment par le préfet de Seine-Saint-Denis avec les maires.
Prochaine étape : la Réunion des chefs de gouvernement de la CARICOM se poursuit jusqu’au 8 juillet à Gros Islet. Les conclusions du sommet, notamment sur les volets économique et sécuritaire, doivent être communiquées à son issue.