Alcaraz reprend l’entraînement avant sa tournée américaine
Blessé au poignet depuis quatre mois, l'Espagnol vise Cincinnati puis l'US Open
Blessé au poignet depuis avril 2026, Carlos Alcaraz a repris l'entraînement extérieur. Mardi, il dépassera son record personnel de 104 jours sans match officiel.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Un record d'inactivité inédit
En dépassant les 104 jours sans match mardi, Alcaraz efface une marque personnelle établie fin 2022-début 2023 et vit déjà la plus longue coupure de sa carrière.
Un calendrier américain resserré
Entre Cincinnati (13-23 août) où il défend son titre, et l'US Open (30 août-13 septembre), la fenêtre de préparation est étroite.
Une reprise mesurée au compte-goutte
Trois à quatre semaines d'entraînement à charge croissante sont prévues avant tout retour en compétition officielle.
Le poids d'un palmarès à défendre
Sept Grand Chelems déjà au compteur, dont deux US Open, pèsent sur chaque décision de calendrier avant la reprise.
La prudence saluée par les anciens joueurs
Jim Courier défend publiquement la lenteur du protocole de retour, rappelant tout ce qu'Alcaraz a déjà accompli à son âge.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Carlos Alcaraz a repris l'entraînement extérieur, filmé le 29 juillet en douze coups droits.
- Il n'a pas joué de match officiel depuis sa blessure au poignet d'avril 2026, soit quatre mois d'arrêt.
- Mardi, il dépasse son record personnel de 104 jours sans match, établi fin 2022-début 2023.
- Le protocole prévoit trois à quatre semaines d'entraînement avant un retour en compétition.
- Objectif affiché Cincinnati (13-23 août), titre à défendre, puis l'US Open (30 août-13 septembre).
La vidéo dure le temps de douze coups droits. Un court extérieur, la lumière rasante de fin d’après-midi, un survêtement sombre. Carlos Alcaraz arme son bras, frappe, recule, frappe encore. Publiée le 29 juillet sur Instagram, la séquence ne dit qu’une chose: il est revenu sur un court.
Depuis quand n’avait-il plus tapé une balle en match officiel? Quatre mois. Une blessure au poignet, contractée en avril 2026 - l’a tenu loin des courts tout l’été.
Mardi - il franchira un seuil qu’il n’avait jamais dépassé depuis ses débuts sur le circuit en 2020: 104 jours sans disputer le moindre match, une marque qui efface celle établie entre la fin 2022 et le début 2023. Il s’agit de la même coupure que celle décrite dans une partie de la presse spécialisée dès le passage du cap symbolique des 100 jours - qualifiée de période d’inactivité la plus longue de sa carrière: le chiffre rond de 100 et le compte exact de 104 désignent un seul et même arrêt, mesuré à deux moments différents.
Ce record n’est pas qu’une statistique anecdotique. Selon plusieurs sources, le classement ATP fonctionne sur une base glissante de 52 semaines: chaque tournoi non disputé, chaque titre non défendu, finit par coûter des points, sans qu’aucun match perdu ne soit nécessaire pour l’expliquer. Plus une absence s’étire, plus la reconstruction physique se complique également: retrouver la frappe, les appuis et le rythme de déplacement après plusieurs mois sans compétition impose une remise en charge prudente, précisément celle que le clan Alcaraz a choisi d’étaler sur trois à quatre semaines plutôt que de forcer un retour anticipé.
Un calendrier américain resserré
Le plan de reprise tient en une phrase: entraîner entre trois et quatre semaines en augmentant progressivement la charge, avant d’affronter un tournoi. Direction Cincinnati, où se joue le Masters 1000 du 13 au 23 août et où il défend son titre 2025. L’objectif suivant s’appelle US Open, dernier Grand Chelem de l’année, disputé du 30 août au 13 septembre.
Une progression mesurée au compte-goutte
Douze coups droits filmés à hauteur presque de compétition. Rien de plus, pour l’instant, mais ce n’est pas un hasard. Ce type de protocole après une blessure au poignet suit généralement une logique de charge croissante: le joueur réintroduit d’abord les frappes de fond de court à faible intensité, avant d’ajouter progressivement le service, puis les déplacements complets, et enfin la simulation de sets à l’entraînement. C’est cette progression, étalée sur trois à quatre semaines - qui doit se jouer loin des caméras avant d’amener Alcaraz à Cincinnati avec un poignet capable d’encaisser le rythme d’un Masters 1000.
Le poids d’un palmarès à défendre
Alcaraz a déjà remporté sept Grand Chelems, dont l’US Open en 2022 et en 2025. Ce palmarès pèse doublement sur le choix du calendrier. D’abord parce que chaque semaine d’entraînement supplémentaire est une semaine de moins pour retrouver le rythme avant Cincinnati - où le titre 2025 est à défendre: ne pas s’y présenter, ou y arriver diminué, reviendrait à perdre d’un coup les points du tenant du titre, avec un effet direct sur son classement ATP. Ensuite parce que le palmarès change la nature de l’attente: un joueur qui a déjà soulevé l’US Open à deux reprises n’est plus jugé à l’aune d’une simple reprise, mais à celle d’un candidat annoncé à un nouveau sacre new-yorkais - ce qui démultiplie la pression médiatique autour de chaque étape de sa préparation.
La prudence saluée par un ancien joueur
Jim Courier, ancien joueur professionnel américain - défend la lenteur du protocole: « Hay que aplaudir la cautela, especialmente tratándose de alguien como Carlos. Sabemos la carrera que puede llegar a tener si sigue por este camino. Ya ha ganado siete Grand Slams y ha conseguido prácticamente todo lo que uno podría imaginar a su edad » (« Il faut applaudir la prudence, surtout s’agissant de quelqu’un comme Carlos. On connaît la carrière qu’il peut encore avoir devant lui s’il continue sur cette voie. Il a déjà gagné sept Grands Chelems et accompli à peu près tout ce qu’on peut imaginer à son âge »).
Cette prudence, défendue par Courier - se justifie précisément par ce que le palmarès rend possible: à un peu plus de vingt ans, Alcaraz n’a pas besoin de précipiter un retour pour sauver une saison, il peut se permettre d’attendre que le poignet soit prêt. C’est cette lecture à long terme, préserver une carrière déjà exceptionnelle plutôt que de gagner quelques semaines de compétition, qui explique pourquoi la lenteur du protocole, entre trois et quatre semaines d’entraînement avant tout match officiel, est saluée plutôt que critiquée.
Le court se vide. Les douze coups droits de la vidéo n’ont duré que quelques secondes. Il reste trois à quatre semaines avant que Cincinnati ne les compte pour de vrai.
