Dans la nuit du dimanche 21 au lundi 22 décembre 2025, un entrepôt de JD.com à Dugny en Seine-Saint-Denis a été la cible d'un cambriolage d'une ampleur exceptionnelle. Les malfaiteurs sont repartis avec exactement 50 456 appareils multimédias, principalement des smartphones, ordinateurs et tablettes des marques Honor et Oppo, pour un préjudice estimé à 37 millions d'euros. L'alarme était éteinte et la vidéosurveillance neutralisée lors de cette opération minutieusement orchestrée.
L'essentiel
- Exactement 50 456 appareils multimédias (smartphones, ordinateurs, tablettes Honor et Oppo) dérobés dans la nuit du 21 au 22 décembre 2025 à Dugny
- Préjudice estimé à 37 millions d'euros, l'un des plus importants cambriolages de l'année en Île-de-France
- Le système d'alarme de l'entrepôt JD.com ne fonctionnait pas et la vidéosurveillance a été neutralisée par les malfaiteurs
- Une trentaine de palettes de marchandises emportées, nécessitant plusieurs véhicules et une équipe organisée
- Enquête confiée à la Brigade de répression du banditisme pour vol en bande organisée et association de malfaiteurs
Lorsque le gérant de l’entrepôt JD.com s’est présenté au travail ce lundi 22 décembre au matin, le portail d’accès était anormalement ouvert. Plusieurs portes avaient été fracturées. À l’intérieur, le constat était sans appel : une trentaine de palettes contenant du matériel multimédia haut de gamme avaient purement et simplement disparu. Selon Franceinfo, le préjudice s’élève à 37 millions d’euros, faisant de ce cambriolage l’un des plus importants casses de l’année en Île-de-France.
Une opération de professionnels à trois jours de Noël
Le timing choisi par les malfaiteurs n’a rien d’anodin. À quelques jours de Noël, les entrepôts de e-commerce regorgent de marchandises destinées aux livraisons de dernière minute. Comme le rapporte La Dépêche, les voleurs ont pris le temps de neutraliser le dispositif de vidéosurveillance du site. Plus troublant encore : le système d’alarme ne fonctionnait pas au moment des faits, une défaillance qui soulève de nombreuses questions sur les circonstances exactes de ce cambriolage spectaculaire.
Les 50 456 objets dérobés appartiennent exclusivement aux marques chinoises Honor et Oppo, deux constructeurs qui ont gagné des parts de marché considérables en Europe ces dernières années. Selon L’Indépendant, les clients ayant passé des commandes tardives sur ces marques via JD.com risquent fort de ne pas recevoir leurs colis avant les fêtes.
JD.com, géant chinois du e-commerce implanté en France
L’entreprise victime de ce vol massif n’est autre que JD.com, anciennement connue sous le nom de Jingdong, l’un des plus grands groupes chinois spécialisés dans le commerce en ligne multimédia. Implanté à Dugny, à environ 17 kilomètres au nord de Paris, cet entrepôt logistique constitue un maillon essentiel de la chaîne de distribution du groupe en Europe. France 3 Régions précise que les voleurs savaient manifestement ce qu’ils cherchaient : uniquement du matériel premium, facilement revendable sur les marchés parallèles.
La sophistication de l’opération laisse peu de doute sur le profil des auteurs. Les enquêteurs procèdent actuellement à l’analyse des caméras extérieures du bâtiment, seules à avoir potentiellement capturé des images exploitables. Le mode opératoire évoque celui de réseaux organisés spécialisés dans le vol de haute technologie, capables d’écouler rapidement des volumes importants de marchandises vers l’étranger.
Une enquête confiée à la Brigade de répression du banditisme
Face à l’ampleur du préjudice, le parquet de Bobigny a immédiatement saisi la Brigade de répression du banditisme (BRB), unité d’élite spécialisée dans les affaires de criminalité organisée. Une enquête pour vol et recel en bande organisée ainsi que pour association de malfaiteurs a été ouverte, comme le confirme Franceinfo. Les enquêteurs devront déterminer si les malfaiteurs bénéficiaient de complicités internes, une hypothèse que la défaillance du système d’alarme rend crédible.
Les investigations s’annoncent complexes. Les marchandises volées, composées essentiellement d’appareils électroniques facilement transportables et très demandés, peuvent avoir déjà quitté le territoire français. Les réseaux de recel spécialisés dans la haute technologie disposent de filières rodées vers l’Afrique du Nord, les pays de l’Est européen ou l’Asie, où ces produits trouvent rapidement preneurs sur des marchés moins régulés.
Un secteur sous tension en pleine période de fêtes
Ce cambriolage survient dans un contexte particulièrement tendu pour le secteur de l’électronique grand public. Les entrepôts de e-commerce sont traditionnellement des cibles privilégiées en période de fêtes, lorsque les stocks atteignent leur maximum et que la pression logistique complique parfois la surveillance optimale des sites. La Seine-Saint-Denis, département où se concentrent de nombreuses plateformes logistiques desservant la région parisienne, connaît régulièrement ce type d’infractions, même si rarement d’une telle ampleur.
Le montant du préjudice, évalué à 37 millions d’euros, représente une perte considérable pour JD.com, mais également pour ses clients qui attendaient leurs commandes. Au-delà de l’aspect financier, ce casse pose la question de la sécurisation des entrepôts logistiques, véritables coffres-forts à ciel ouvert en période de forte activité commerciale. Les assureurs du secteur risquent d’exiger un renforcement drastique des dispositifs de protection, ce qui pourrait se répercuter sur les coûts d’exploitation et, in fine, sur les prix de vente.
Des smartphones qui valent de l’or
Le choix exclusif de produits Honor et Oppo par les cambrioleurs n’est pas le fruit du hasard. Ces deux marques chinoises ont connu une croissance fulgurante sur le marché européen, proposant des smartphones et tablettes aux caractéristiques techniques proches des leaders du secteur, mais à des tarifs plus accessibles. Leur popularité croissante en fait des cibles de choix pour les réseaux de recel, qui peuvent les écouler facilement auprès d’une clientèle large, sans éveiller les soupçons que génèrent les produits Apple ou Samsung haut de gamme.
Les 50 456 appareils dérobés représentent un volume logistique considérable : une trentaine de palettes qu’il a fallu charger et transporter en quelques heures seulement. Cette opération nécessitait des moyens matériels importants, probablement plusieurs camions, ainsi qu’une équipe nombreuse et coordonnée. L’absence de témoin et la neutralisation des systèmes de sécurité suggèrent une préparation minutieuse, avec une connaissance précise de la configuration des lieux et des procédures de l’entreprise.
Alors que les enquêteurs de la BRB exploitent les premières pistes et analysent les images des caméras extérieures, une question demeure : comment un site abritant pour plusieurs dizaines de millions d’euros de marchandises a-t-il pu se retrouver sans système d’alarme opérationnel précisément la nuit où des malfaiteurs ont frappé ? La réponse à cette interrogation pourrait bien orienter toute l’enquête vers des révélations inattendues sur l’organisation de ce casse du siècle de la high-tech.
Sources
- Franceinfo (22 décembre 2025)
- La Dépêche (23 décembre 2025)
- L'Indépendant (23 décembre 2025)
- France 3 Régions (22 décembre 2025)