Château de Cuxous : les murets en pierre sèche retrouvent leur solidité
À Cassagnes, un murailler professionnel et des bénévoles restaurent les murets ancestraux d'un château du XIe siècle inscrit aux Monuments historiques.
Les travaux de restauration des murets en pierre sèche avancent au château de Cuxous, à Cassagnes (Pyrénées-Orientales). Encadrés par un murailler professionnel, ils mobilisent bénévoles et association locale autour d'un site classé depuis 1996.
Les travaux de restauration des murets en pierre sèche avancent au château de Cuxous, à Cassagnes (Pyrénées-Orientales). Encadrés par un murailler professionnel, ils mobilisent bénévoles et association locale autour d’un site classé depuis 1996.
L’essentiel
- Classement : Le château de Cuxous est inscrit aux Monuments historiques depuis 1996 pour ses façades et toitures.
- Première mention : Le site apparaît dans les archives dès 1119, avec des parties datant du XIe siècle.
- Budget bergerie : Selon la Fondation du Patrimoine, le coût total estimé pour la restauration de la bergerie est de 46 537 €, avec une collecte en cours.
- Encadrement : Les travaux sur les murets sont dirigés par Sébastien Obino, murailler professionnel, avec l’association Les Taïchous de Feilluns.
- Commune : Cassagnes compte environ 200 habitants (INSEE).
Des techniques qui remontent à des siècles
La pierre sèche, c’est de la maçonnerie sans mortier. Les pierres sont assemblées à la main, calées les unes contre les autres, selon une logique que seul un œil exercé maîtrise pleinement. Au château de Cuxous, cette technique ancestrale est remise en œuvre pour consolider les murets qui structurent les abords du site.
Sébastien Obino, murailler professionnel ayant déjà travaillé sur des chantiers supervisés par la Fondation du patrimoine, encadre les travaux. À ses côtés, des bénévoles et des membres de l’association Les Taïchous de Feilluns participent aux sessions de restauration, selon L’Indépendant du 1er mai 2026.
Au-delà de l’aspect patrimonial, ces murets ont une fonction concrète : ils drainent les sols, limitent l’érosion et offrent des abris à la petite faune. Le CAUE (Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement) accompagne le projet d’une exposition photo destinée à sensibiliser le public à ces enjeux.
Un château posé entre deux royaumes
Cuxous n’est pas un château ordinaire. Juché sur la crête qui sépare les vallées de la Têt et de l’Agly, il a longtemps marqué la frontière entre les royaumes d’Aragon et de France. Sa première mention remonte à 1119, selon les émissions d’histoire de Radio France consacrées aux Pyrénées-Orientales.
Après le Traité de Corbeil de 1258, qui a redéfini les limites entre France et Aragon, le château a été remanié pour renforcer son rôle de sentinelle frontalière. En 1320, Jacques III de Majorque en fit don à sa nourrice - épisode qui témoigne de l’attachement des souverains à ce site discret mais stratégique.
Ses façades et toitures sont inscrites aux Monuments historiques depuis 1996, selon le Journal officiel (Legifrance). La notice Mérimée du ministère de la Culture confirme l’ancienneté des parties les plus anciennes, typiques de l’architecture du royaume de Majorque. D’autres châteats historiques en France engagent également des chantiers de restauration ambitieux en ce moment.
La bergerie en parallèle : 46 537 € à trouver
Les murets ne sont qu’une partie du chantier global. La Fondation du Patrimoine soutient en parallèle la restauration de la bergerie du château. Le coût total estimé s’élève à 46 537 €, avec une collecte de dons en cours sur la plateforme de la Fondation.
Selon ce même organisme, des travaux de réhabilitation ont été engagés sur la bergerie dès 2015 par les propriétaires (indivision Riegert), avec pour objectif une ouverture au public. Le calendrier précis de cette ouverture n’a pas été communiqué à ce stade.
Contexte dans les Pyrénées-Orientales
Cassagnes est une commune rurale de quelque 200 habitants (INSEE), perchée dans l’arrière-pays, entre Conflent et Fenouillèdes. Le département des Pyrénées-Orientales compte plusieurs dizaines de châteaux médiévaux, dont beaucoup sont en état de dégradation avancée faute de moyens ou de porteurs de projet.
Le dossier Cuxous se distingue par sa combinaison d’un classement officiel, d’une propriété privée engagée, d’un artisan qualifié et d’un tissu associatif actif. Ce modèle, relativement rare en milieu rural, intéresse la Fondation du Patrimoine qui l’utilise comme exemple de mobilisation locale. La technique de la pierre sèche fait par ailleurs l’objet d’un regain d’intérêt en Catalogne nord, documenté notamment par le CAUE 66 et des chercheurs en paysage comme en témoigne un cahier de référence publié dès 2014.
Sensibilisation et transmission du savoir-faire
L’exposition du CAUE qui accompagne le chantier vise à toucher un public plus large que les seuls passionnés de patrimoine. La pierre sèche est aussi un savoir-faire transmissible : plusieurs associations proposent des chantiers-école en Occitanie et en Catalogne.
L’implication de l’association Les Taïchous de Feilluns - dont le nom évoque les habitants de Feilluns, commune voisine - illustre une dynamique de territoire où la mémoire rurale reste vivante. Des initiatives similaires de préservation patrimoniale locale se multiplient dans d’autres régions, comme en Ardennes où le conseil départemental finance régulièrement des projets culturels.
Les travaux se poursuivent. La date de fin de chantier sur les murets n’a pas été précisée par les organisateurs.