Château-Thierry : un fournisseur de cannabis abattu pour une dette, cinq hommes écroués

Un règlement de comptes mortel dans l'Aisne : le corps de la victime a été brûlé et enterré en forêt de Seine-et-Marne.

Château-Thierry : un fournisseur de cannabis abattu pour une dette, cinq hommes écroués
Illustration Céline Vasseur / info.fr

Dans la nuit du 5 au 6 avril 2026, un homme est abattu par balles près de Château-Thierry lors d'un rendez-vous pour récupérer une dette de cannabis. Son corps est retrouvé calciné en forêt huit jours plus tard. Cinq suspects, interpellés par le GIGN, sont désormais en détention provisoire.

Tout commence dans la nuit du 5 au 6 avril 2026, quelque part dans le sud de l’Aisne. Un fournisseur de cannabis se rend à un rendez-vous pour recouvrer une dette auprès d’un débiteur, accompagné d’un ami. Selon le procureur de Lille Samuel Finielz, les choses tournent rapidement au drame : les deux hommes sont abattus par balles. L’un meurt sur place. L’autre, blessé, est séquestré avant d’être raccompagné dans les Hauts-de-Seine.

Le survivant est hospitalisé à Antony le 6 avril. C’est lors de cette hospitalisation qu’il alerte les autorités, révélant le meurtre et donnant aux enquêteurs les premiers éléments de l’affaire, selon actu.fr.

Le corps transporté et brûlé en forêt de Seine-et-Marne

Le corps de la victime n’est pas laissé sur place. Les auteurs présumés le transportent sur environ trente minutes jusqu’à la forêt de Bellot, en Seine-et-Marne. Samuel Finielz a détaillé la suite lors d’une conférence de presse : « À l’issue d’un trajet de 30 minutes, parvenus dans une forêt, les auteurs décidaient d’y enterrer le corps, qu’ils aspergeaient de carburant avant d’y mettre le feu », rapporte Le Figaro.

Le 8 avril, la section de recherches d’Amiens retrouve le corps calciné grâce à des moyens aériens - hélicoptère et drones - déployés dans la forêt de Bellot. Les recherches avaient été déclenchées après les déclarations du survivant.

Le GIGN interpelle cinq suspects à Chierry

Publicité

Dès le 7 avril, avant même la découverte officielle du corps, le GIGN intervient dans le sud de l’Aisne, notamment à Chierry. Cinq hommes, âgés de 23 à 53 ans, sont interpellés et placés en garde à vue, selon l’Aisne Nouvelle.

Le 10 avril, ils sont mis en examen pour meurtre en bande organisée, tentative de meurtre en bande organisée, séquestration, atteinte à l’intégrité d’un cadavre et association de malfaiteurs, d’après BFMTV. L’enquête est conduite conjointement par la section de recherches d’Amiens et la JIRS (juridiction interrégionale spécialisée) de Lille.

Le 15 avril, le parquet de Lille ordonne leur placement en détention provisoire. Les cinq hommes sont désormais écroués, selon actu.fr.

Un contexte local sous pression

Cette affaire survient dans un département où la pression liée aux stupéfiants s’intensifie. En 2025, les infractions liées aux stupéfiants dans l’Aisne ont progressé de 4,9%, selon Oise Hebdo qui cite le bilan sécurité de la préfecture. Dans le même temps, les opérations contre les points de deal ont bondi : 374 en 2024, contre 278 en 2023, soit une hausse de 34,5% des actions de lutte.

L’instruction judiciaire se poursuit. Aucune date d’audience n’a été communiquée à ce stade.

Sources

Camille Lefebvre

Camille Lefebvre

Installée à Laon, elle documente les fermetures d'usines textiles, le redéploiement logistique sur l'axe A26 et les débats sur la santé dans les zones rurales. Formée au CFJ, elle a d'abord travaillé en agence avant de rejoindre la rédaction locale. Sa ligne éditoriale : donner la parole aux acteurs de terrain, ne jamais se contenter des communiqués de préfecture.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie