Châteauneuf-sur-Cher : les agriculteurs bloquent une route pour dénoncer la flambée du GNR

Le 8 avril, des exploitants ont temporairement coupé une route départementale pour alerter sur la hausse du gazole non routier.

Châteauneuf-sur-Cher : les agriculteurs bloquent une route pour dénoncer la flambée du GNR
Illustration Emma Girard / info.fr

Des agriculteurs de Châteauneuf-sur-Cher ont bloqué une route départementale le 8 avril 2026 pour protester contre la flambée des coûts énergétiques. Le gazole non routier a plus que doublé en un an. Les mesures gouvernementales ne convainquent pas.

Le 8 avril 2026, des agriculteurs du secteur de Châteauneuf-sur-Cher ont bloqué temporairement une route départementale pour interpeller les autorités locales. La cible : la flambée du gazole non routier (GNR), carburant indispensable aux engins agricoles. Selon Le Berry, le mouvement s’est déroulé dans le calme avant la levée du dispositif.

Un prix du GNR multiplié par deux en quelques mois

Le GNR a atteint près de 1 800 euros les 1 000 litres en mars 2026, contre environ 700 euros en période normale, soit une hausse de 100 %. À cela s’ajoutent des intrants en forte tension : les prix des engrais ont bondi de près de 80 % en deux ans et de 20 % depuis le début du conflit au Moyen-Orient, selon La France Agricole. En janvier 2026, les carburants agricoles avaient déjà progressé de 7,1 % sur un mois.

La Coordination Rurale, syndicat présent dans les mobilisations en région Centre-Val de Loire depuis février, réclame un bouclier tarifaire. Sur X, le syndicat résume la situation en quelques mots :

Le tableau dressé sur le terrain est sombre :

Des réponses gouvernementales jugées insuffisantes

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Le gouvernement a annoncé le 31 mars 2026 des prêts de court terme via Bpifrance pour soutenir la trésorerie des exploitants, selon la préfecture des Landes. En janvier, le fonds de soutien aux agriculteurs avait été doublé à 22 millions d’euros, selon Le Monde. L’Union européenne a par ailleurs suspendu le mécanisme d’ajustement carbone sur les engrais pour éviter un surcoût supplémentaire.

Ces mesures n’ont pas suffi à apaiser la colère. Sur le terrain, des agriculteurs témoignent d’une situation critique :

Un département habitué aux mobilisations

Ce n’est pas la première fois que le Cher est le théâtre de tels blocages. En novembre 2025, des agriculteurs avaient déjà paralysé l’A20 à Vierzon pour dénoncer une hausse des coûts de production. En décembre 2025, une quarantaine d’exploitants du Loir-et-Cher voisin avaient bloqué la N10, avec des coûts de production atteignant 170 euros la tonne pour le blé, selon La Nouvelle République.

Prochaine étape : des résultats d’études sur les impacts de la hausse énergétique sur l’agriculture sont attendus d’ici fin avril 2026. Un fonds d’investissement hydraulique agricole doté de 60 millions d’euros est également prévu pour 2026, visant à moderniser les infrastructures des exploitations, selon le ministère de l’Écologie.

Sources

Emma Girard

Emma Girard

Correspondante à Bourges, elle traite l'industrie militaire, la céramique, l'agriculture céréalière et les coupes budgétaires dans les services publics ruraux. Issue du CFJ, elle a travaillé en agence avant de rejoindre la rédaction locale. Méthode : croiser les bilans d'entreprises, interroger les syndicats, vérifier les annonces de subventions, ne rien publier sans avoir confronté les versions.

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