Gironde : la préfecture lance un appel pour restructurer les vignes arrachées
La Foncière d'Avenir en Gironde ouvre un appel à manifestation d'intérêt jusqu'au 7 juin pour recenser les parcelles viticoles disponibles
La préfecture de Gironde a lancé le 6 mai 2026 un appel à manifestation d'intérêt (AMI) pour identifier des terres nues issues d'arrachages viticoles. Le dispositif, piloté par la Foncière d'Avenir en Gironde avec 20 millions d'euros de capital, est qualifié d'expérimental et unique en France.
La préfecture de Gironde a lancé le 6 mai 2026 un appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour identifier des terres nues issues d’arrachages viticoles. Le dispositif, piloté par la Foncière d’Avenir en Gironde avec 20 millions d’euros de capital, est qualifié d’expérimental et unique en France.
L’essentiel
- Lancement : AMI ouvert depuis le 6 mai 2026, jusqu’au 7 juin 2026 à 23h59, via formulaire en ligne sur demarche.numerique.gouv.fr.
- Capital : 20 millions d’euros - 14 M€ apportés par les banques (Crédit Agricole, Caisse d’Épargne, Banque Populaire, Crédit Mutuel), 3 M€ par la Région Nouvelle-Aquitaine, 3 M€ par l’État.
- Contexte local : environ 20 000 hectares arrachés dans le Bordelais depuis 2023 ; production girondine tombée à 3 millions d’hectolitres en 2025, contre 5 millions en 2017.
- Échelle nationale : 27 926 ha candidats à l’arrachage en 2026 (FranceAgriMer), dont 28 % en Gironde, pour un budget national de 130 millions d’euros.
- Prochaine étape : comité de pilotage en juillet 2026 pour examiner les candidatures et définir les priorités d’acquisition.
Un appel ouvert un mois
L’AMI cible les propriétaires de parcelles viticoles nues, en friche ou destinées à l’arrachage en 2026. La SAFER Nouvelle-Aquitaine gère les échanges pour formaliser les opérations foncières. Un contact dédié est disponible : fonciere@saferna.fr ou le 05 56 69 29 71, selon la préfecture de Gironde.
La veille du lancement, le 5 mai 2026, s’est tenu le premier comité de pilotage du dispositif d’intervention foncière, présidé par le préfet Étienne Guyot et Jean-Pierre Raynaud, vice-président du Conseil régional Nouvelle-Aquitaine en charge de l’Agriculture.
Le 6 mai, une réunion publique s’est tenue à Cars, dans le Blayais, présidée par Agnès Mottet, sous-préfète, et Lydia Heraud, selon la préfecture de Gironde sur X.
La Foncière d’Avenir en Gironde : un montage inédit
La Foncière d’Avenir en Gironde est un dispositif expérimental, unique en France selon Sud Ouest et la préfecture. Sa mission : racheter des parcelles viticoles arrachées ou en friche, les restructurer et les orienter vers de nouvelles cultures ou exploitations, pour éviter l’enfrichement et soutenir la diversification.
Le capital de 20 millions d’euros est réparti entre les banques (14 M€), la Région Nouvelle-Aquitaine (3 M€) et l’État (3 M€), auxquels s’ajoutent des apports des chambres consulaires, selon Sud Ouest. Ce montage associe donc financement public et privé dans une structure ad hoc, sans équivalent recensé à ce jour dans d’autres régions viticoles françaises.
Contexte dans la Gironde : une filière sous pression depuis 2023
La crise viticole bordelaise s’est accélérée depuis 2022. Environ 20 000 hectares de vignes ont été arrachés dans le Bordelais depuis 2023, selon Sud Ouest et Vitisphere, en raison d’une surproduction et d’une chute des débouchés commerciaux.
Les chiffres de production parlent d’eux-mêmes : en 2025, seulement 3 millions d’hectolitres de vin sont sortis des chais girondins, contre environ 5 millions en 2017, soit un recul de plus de 2 millions d’hectolitres sur huit ans, selon Sud Ouest.
Côté exportations, les vins de Bordeaux ont atteint 1,9 milliard d’euros à fin février 2026, passant sous le seuil des 2 milliards pour la première fois depuis 2016 hors période Covid, selon les données citées par Sud Ouest. La Gironde est le premier département viticole français par la surface, mais ce positionnement pèse lourd en période de retournement de marché.
Cette situation économique locale contraste avec d’autres dynamiques agricoles en Nouvelle-Aquitaine, où certains territoires cherchent au contraire à développer de nouvelles filières. La question de la reconversion des terres arrachées dépasse le seul vignoble : elle engage l’usage futur de dizaines de milliers d’hectares.
Une crise nationale, une réponse locale
Au niveau national, FranceAgriMer recense 27 926 hectares de vignes candidats à l’arrachage en 2026, pour un budget de 130 millions d’euros à 4 000 euros par hectare. La Gironde représente 28 % de ces surfaces candidates, soit environ 7 820 hectares potentiels, selon Vitisphere.
La France va ainsi arracher environ 4 % de son vignoble cette année, essentiellement à Bordeaux, en Languedoc et dans les Côtes-du-Rhône. Face à cette réalité, la Gironde est le seul département à s’être doté d’un outil foncier structuré pour absorber ces terres et en organiser la reconversion.
Ce modèle pourrait servir de référence. Aucun calendrier de généralisation n’a cependant été annoncé à ce stade.
Ce que peuvent faire les propriétaires
Les propriétaires concernés - parcelles nues après arrachage, vignes en friche, ou exploitations prévoyant un arrachage en 2026 - peuvent déposer leur candidature jusqu’au 7 juin 2026 à 23h59 via le formulaire en ligne sur demarche.numerique.gouv.fr. Le détail des démarches, du calendrier et des conditions de prix figure sur le site officiel de la préfecture de Gironde et via la SAFER Nouvelle-Aquitaine.
Le comité de pilotage se réunira en juillet 2026 pour examiner les dossiers reçus et fixer les priorités d’acquisition. Les premiers rachats effectifs sont attendus avant la fin de l’année 2026, selon la préfecture.
Sources
- Préfecture de Gironde : Foncière d'Avenir en Gironde : ouverture d'un appel à manifestation d'intérêt (AMI)
- Sud Ouest : Crise du vin de Bordeaux : un dispositif unique en France pour restructurer le vignoble
- Vitisphere : La France va arracher 4 % de son vignoble en 2026
- Agra : Vin : en Gironde, appel à candidature de la foncière pour restructurer le vignoble