Châteauneuf-Villevieille : plaqué au sol par un riverain, le pyromane condamné à un an ferme

Six feux allumés en moins d'une heure dans l'arrière-pays niçois : un habitant interpelle le suspect en flagrant délit.

Châteauneuf-Villevieille : plaqué au sol par un riverain, le pyromane condamné à un an ferme
Illustration Laura Martinez / info.fr

Le 16 septembre 2025, six départs de feu se déclarent en moins d'une heure à Châteauneuf-Villevieille. Un riverain plaque le suspect au sol. Le tribunal de Nice l'a condamné à un an de prison ferme en novembre.

Six foyers. Une seule route. Moins d’une heure. Le 16 septembre 2025, les pompiers des Alpes-Maritimes sont appelés en urgence à Châteauneuf-Villevieille, village de l’arrière-pays niçois. Les incendies se succèdent au bord du même axe. Avant l’arrivée des secours, un riverain agit.

Plaqué au sol en flagrant délit

Un habitant surprend Philippe Skocilic, 58 ans, résident de la commune, en train d’allumer un foyer. Il le plaque au sol et le retient jusqu’à l’arrivée des forces de l’ordre, selon Nice-Matin. Le suspect est fortement alcoolisé. Il se débat, profère des insultes et des menaces de mort à l’encontre des secours.

Les six incendies ont détruit 251 mètres carrés de végétation. Le coût d’intervention des secours est évalué à 35 000 euros, d’après France Bleu.

Ce n’était pas un acte isolé. Deux semaines plus tôt, début septembre, deux autres feux s’étaient déclarés dans le quartier de Salettes-Rémaurian, à Châteauneuf-Villevieille. Selon TF1 Info, ces actes visaient le même riverain. Au total, neuf incendies sont imputés à Philippe Skocilic pour le seul mois de septembre 2025.

Un procès renvoyé, une condamnation ferme

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L’audience initiale, prévue à Nice, avait été renvoyée au 12 novembre 2025 en raison de l’état du prévenu lors de sa première comparution, selon Nice-Matin. Le tribunal a finalement rendu son verdict le 13 novembre : un an de prison ferme pour incendies volontaires, rapporte France Bleu.

Edmond Mari, maire de Châteauneuf-Villevieille, avait commenté l’affaire la veille du jugement sur BFMTV, soulignant l’intervention décisive des habitants. Sans elle, les dégâts auraient pu être bien plus lourds dans cette zone classée à haut risque incendie.

Un territoire sous pression

Le contexte est connu des élus locaux. Les Alpes-Maritimes restent exposées aux feux de forêt méditerranéens. Si les surfaces parcourues ont globalement diminué depuis les années 1980 - où la moyenne nationale atteignait 35 000 hectares brûlés par an - les incendies volontaires demeurent un risque persistant, selon l’Observatoire de la forêt. La vallée du Paillon, où s’inscrit Châteauneuf-Villevieille, n’échappe pas à cette réalité.

L’affaire illustre aussi le rôle que peuvent jouer les habitants dans la détection précoce. Un riverain attentif, un réflexe rapide : six feux maîtrisés avant qu’ils ne se propagent dans le maquis de l’arrière-pays niçois.

Sources

Laura Martinez

Laura Martinez

Correspondante à Nice, elle traite l'urbanisme côtier, la pression touristique, les débats sur la ligne nouvelle PACA et la criminalité dans l'arrière-pays. Diplômée de Sciences Po Aix, elle enquête sur les promoteurs immobiliers, les collectivités et les associations de riverains. Méthode rigoureuse : multiplier les entretiens, recouper les budgets, publier seulement quand le dossier tient.

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