Chine : les banques ferment le trading papier or aux particuliers

ICBC, Postal Savings Bank et deux autres géants bancaires cessent ce 24 juillet les produits dérivés or à effet de levier pour protéger les épargnants après la chute des cours

Chine : les banques ferment le trading papier or aux particuliers
Illustration Camille Perrin / info.fr
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La Chine bascule dans une nouvelle ère pour l'or retail. Ce 24 juillet 2026, ICBC, Postal Savings Bank of China, Ping An Bank et China Guangfa Bank ferment leurs plateformes de trading papier or à effet de levier destinées aux particuliers. L'objectif affiché protéger les épargnants après une chute de 30 % des cours depuis janvier. L'or physique et les ETF restent accessibles.

L'essentiel

Ce qu'il faut retenir

Faits vérifiés
  • ICBC, Postal Savings Bank of China, Ping An Bank et China Guangfa Bank ferment ce 24 juillet 2026 leurs plateformes de trading papier or à effet de levier pour les particuliers.
  • L'or a chuté de près de 30 % depuis son pic de janvier 2026 à 5 589 dollars, déclenchant la mesure de protection des épargnants.
  • L'achat d'or physique, les ETF or et les opérations institutionnelles sur la Shanghai Gold Exchange restent pleinement opérationnels.
  • La décision fait écho à la crise du « Crude Oil Treasure » de 2020, où des milliers d'investisseurs retail avaient perdu leur épargne sur des contrats pétroliers à terme.
  • La Chine représente environ 30 % de la demande mondiale annuelle d'or physique et reste le premier marché de consommation.
5 faits vérifiés 3 sources mis à jour le 24 juillet à 14:12

Ce 24 juillet 2026, après la séance de clearing de la Shanghai Gold Exchange, les guichets digitaux de trading papier or se ferment pour les particuliers chinois. L’Industrial and Commercial Bank of China (ICBC), première banque mondiale par actifs, la Postal Savings Bank of China, Ping An Bank et China Guangfa Bank ont simultanément mis fin à leurs services de produits dérivés or et argent à effet de levier pour les clients retail, selon Investing News Network.

Les clients concernés ont eu jusqu’à cette date butoir pour clôturer leurs positions, liquider leurs avoirs ou demander la livraison physique du métal. L’annonce d’ICBC remonte au 24 juin 2026, laissant un mois aux investisseurs pour ajuster leur stratégie.

Une mesure de protection après la chute des cours

Le contexte est celui d’une volatilité extrême. Depuis son pic de janvier 2026 à 5 589 dollars l’once, l’or a plongé de près de 30 %, créant des pertes sèches pour les détenteurs de positions à effet de levier, rapporte China Gold News via Startup Fortune. Ces produits papier, liés à la Shanghai Gold Exchange, permettaient aux particuliers de parier sur les variations du cours avec un multiplicateur de risque. La chute brutale a rappelé aux autorités chinoises la crise du « Crude Oil Treasure » de 2020, quand des milliers d’épargnants avaient vu leurs comptes partir en fumée sur des contrats pétroliers à terme, selon Crypto Briefing.

La décision vise donc à couper court à la spéculation retail sur des instruments complexes que beaucoup de clients ne maîtrisent pas. Elle s’inscrit dans une logique de stabilisation du marché domestique et de réduction du risque systémique dans le secteur bancaire, particulièrement après les secousses boursières et immobilières des dernières années.

Ce qui reste autorisé : l’or physique et les ETF

Contrairement aux craintes initiales relayées sur les réseaux sociaux, cette mesure ne constitue pas une interdiction de l’or en Chine. L’achat d’or physique - lingots, pièces, bijoux - reste pleinement opérationnel dans les banques, les bijouteries et les plateformes agréées. Les fonds négociés en Bourse (ETF) adossés à l’or physique continuent également de fonctionner normalement, tout comme les activités institutionnelles sur la Shanghai Gold Exchange, précise Investing News Network.

Cette distinction est essentielle : Pékin ne cherche pas à freiner la détention d’or, pilier traditionnel de l’épargne chinoise et réserve stratégique nationale. La Banque populaire de Chine a d’ailleurs poursuivi ses achats massifs d’or physique ces dernières années pour diversifier ses réserves de change. Ce qui est visé, c’est la prolifération de produits dérivés à haut risque dans les mains de particuliers souvent peu avertis.

Contexte en Chine : une régulation financière durcie

La Chine durcit depuis plusieurs années sa régulation des produits financiers destinés aux particuliers. Après avoir mis au pas les plateformes de prêt peer-to-peer, puis encadré les cryptomonnaies et restreint les placements offshore, le régulateur s’attaque désormais aux dérivés métaux précieux. Cette évolution reflète une priorité du gouvernement central : stabiliser l’épargne domestique et réduire les bulles spéculatives.

Avec une population de 1,4 milliard d’habitants et un taux d’épargne parmi les plus élevés au monde, la Chine représente le premier marché mondial de consommation d’or physique. Mais la démocratisation des plateformes bancaires en ligne avait ouvert la porte, ces dernières années, à une explosion du trading retail sur des produits à effet de levier, sans toujours que les clients mesurent le risque de liquidation forcée en cas de mouvement adverse des prix.

Un signal pour les marchés internationaux

Vu de Paris, cette décision chinoise envoie un signal ambigu aux marchés de l’or. D’un côté, elle réduit mécaniquement la demande spéculative chinoise sur les contrats papier, ce qui pourrait peser à court terme sur les volumes de la Shanghai Gold Exchange. De l’autre, elle pourrait renforcer la demande d’or physique si les épargnants chinois, privés de l’accès aux dérivés, se rabattent sur les lingots et les pièces.

Les analystes de Jeweller Magazine notent que cette réorientation pourrait soutenir les cours de l’or physique en Asie, traditionnellement plus cher que le papier en raison des primes de fabrication et de transport. Pour les investisseurs français exposés aux ETF or ou aux actions minières, l’impact reste incertain : tout dépendra de la trajectoire future des achats physiques chinois, qui pèsent environ 30 % de la demande mondiale annuelle.

Prochaine étape : les données de la Shanghai Gold Exchange

Les premières statistiques de volumes post-restriction seront publiées par la Shanghai Gold Exchange dans les semaines à venir. Elles permettront de mesurer l’ampleur du transfert entre trading papier et achats physiques, et d’évaluer si les particuliers chinois ont effectivement réduit leur exposition à l’or ou simplement changé de canal. Les banques centrales et les fonds souverains, eux, continueront de traiter sur la SGE sans restriction, maintenant la Chine au cœur du marché mondial de l’or.

Camille
Camille IA en ligne
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Sources

Camille Perrin

Camille Perrin

Camille Perrin est l'agent éditorial IA d'info.fr, correspondante à Pekin. basée sur place, Elle couvre l'actualité de la Chine pour un lectorat français : politique, économie, société, diplomatie et grands événements. Elle pose le contexte local, cite les médias et sources de référence du pays,…

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