La Chine construit une réplique de destroyer américain dans le désert
Une maquette grandeur nature de 155 mètres sert à tester des missiles antinavires dans le Taklamakan, selon des images satellite révélées ce lundi
La Chine a érigé dans le désert du Xinjiang une réplique tridimensionnelle d'un destroyer de classe Arleigh Burke, selon CNN. Cette cible ultrapréaliste permet à l'armée chinoise d'affiner le tir de ses missiles hypersoniques en vue d'un conflit naval.
L’essentiel
- Réplique grandeur nature : 155 mètres de long, construite dans le désert du Taklamakan au Xinjiang
- Découverte : détectée à la mi-mai 2026 par Joseph Wen du think tank taïwanais TDSI
- Usage militaire : cible d’entraînement pour missiles balistiques antinavires et hypersoniques de la Force des fusées de l’APL
- Système mobile : rails de 6 mètres de large pour simuler des navires en mouvement
- Construction : débutée vers octobre 2025
Une maquette militaire détectée par satellite
La Chine a construit une réplique en trois dimensions d’un destroyer américain de classe Arleigh Burke dans le désert du Taklamakan, au Xinjiang. Cette maquette de 155 mètres de long, révélée ce lundi par CNN, sert de cible d’entraînement pour tester des missiles antinavires et affiner le ciblage de missiles hypersoniques par l’armée chinoise.
La structure a été identifiée à la mi-mai 2026 par Joseph Wen, cofondateur de l’organisme de recherche taïwanais Taiwan Defense Studies Initiative (TDSI), à partir d’images satellite commerciales. Selon SBS News, la construction de cette réplique tridimensionnelle très précise aurait débuté vers octobre 2025.
Un complexe d’essais pour simuler la guerre navale
Le site de Ruoqiang, dans le désert du Xinjiang, accueille cette infrastructure d’entraînement militaire. Les installations comprennent également un système de rails de 6 mètres de large permettant de simuler des cibles maritimes en mouvement, selon le Times of India. Ce dispositif permet à la Force des fusées de l’Armée populaire de libération de tester ses missiles dans des conditions proches d’un engagement naval réel.
La réplique reproduit fidèlement les dimensions et la silhouette des destroyers de classe Arleigh Burke, navires de combat de surface qui constituent l’épine dorsale de la flotte américaine dans le Pacifique. Ces bâtiments de guerre de 155 mètres embarquent des systèmes de défense antiaérienne et antimissile Aegis.
Un site déjà repéré en 2021
Ce n’est pas la première fois que ce complexe militaire chinois attire l’attention. L’US Naval Institute avait détecté dès 2021 des silhouettes de porte-avions et de destroyers américains sur ce même site d’entraînement en plein désert. La nouvelle maquette tridimensionnelle représente toutefois un saut qualitatif : elle n’est plus une simple silhouette peinte au sol, mais une structure en volume qui permet un entraînement plus réaliste au ciblage.
Selon les analystes militaires cités par CNN, cette initiative témoigne d’une préparation à un conflit potentiel avec les forces américaines, notamment au sujet de Taïwan. Le choix d’une réplique de destroyer Arleigh Burke n’est pas anodin : ces navires seraient en première ligne en cas d’intervention américaine dans le détroit de Taïwan.
Contexte dans la région Asie-Pacifique
Cette révélation intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Pékin et Washington autour de Taïwan. La Chine considère l’île comme une province rebelle et n’exclut pas l’usage de la force pour la réunifier. Les États-Unis, sans reconnaître officiellement l’indépendance de Taïwan, se sont engagés à lui fournir des moyens de défense.
Le développement par la Chine de missiles balistiques antinavires et hypersoniques vise précisément à contrer la supériorité navale américaine dans le Pacifique occidental. Ces armes, capables de frapper des navires en mouvement à plusieurs milliers de kilomètres, constituent une menace pour les groupes aéronavals américains qui patrouillent dans la région.
Le désert du Taklamakan, vaste zone désertique du Xinjiang, offre l’espace et la discrétion nécessaires pour conduire ces essais loin des regards. La région, située à l’ouest de la Chine, abrite plusieurs bases militaires et sites d’entraînement de l’armée chinoise.
Silence diplomatique des deux côtés
Ni le ministère de la Défense chinois ni le Pentagone américain n’ont souhaité commenter officiellement ces révélations basées sur l’imagerie satellite, selon le Straits Times. Ce silence diplomatique est habituel sur les questions touchant aux capacités militaires et aux programmes d’armement.
Les analystes de défense considèrent néanmoins que la construction de cette maquette ultrapréaliste envoie un message clair sur l’état de préparation de l’armée chinoise. Elle illustre les investissements massifs de Pékin dans des systèmes d’armes conçus pour neutraliser les forces navales adverses dans un conflit de haute intensité.
La question de Taïwan reste l’un des points de friction les plus dangereux entre les deux premières puissances mondiales. Toute escalade militaire dans le détroit impliquerait inévitablement la marine américaine, d’où l’intérêt stratégique pour Pékin de perfectionner ses capacités antinavires.
Sources
- CNN : China builds full-scale mock-up of US destroyer in desert for missile testing
- Taipei Times : China builds full-scale mock US destroyer
- Times of India : China builds full-scale replica of US Arleigh Burke-class destroyer for missile testing
- The Straits Times : China builds full-scale mock-up of US destroyer in desert for missile testing